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Le petit dernier…

C’est peut-être tout le cirque médiatique autour de la naissance royale en Angleterre…

C’est peut-être la présence de S. que nous avons adopté symboliquement, qui vient passer des vacances chez nous…

C’est peut-être un signe de la fin de ma crise de la quarantaine…

C’est peut-être un des signes de la pré-ménopause…

C’est peut-être l’adoption de Hermès, notre chatte…

En fait, je ne sais pas exactement ce qui a provoqué cela. Je sais juste que mon « envie », ce petit pincement au coeur à l’idée de ne pas avoir de 5è enfant s’est envolée. Je ne sais pas quand, je ne sais pas comment, j’ai juste réalisé que ce désir, pourtant si fort, avait disparu. Je ne nourris pas de regret, ni de ressentiment, j’ai fait mon deuil de ce désir d’enfant. 

Je regarde avec plaisir et avidité les bébés, je leur souris, je les prends, je les hume, je les embrasse, je leur parle… Parfois, y’en a bien un que je prendrais avec moi mais c’est tout.

J’apprécie vraiment, vraiment beaucoup d’avoir de « grands enfants », d’être passée à autre chose que les couches, le lait et les problèmes de garde ! J’ai d’autres soucis. Je n’ai absolument pas envie d’être grand-mère pour l’instant non plus !

Je regardais un papa courant à la sortie de la crèche avec des jumeaux, un dans le porte bébé dorsal, l’autre dans le porte bébé ventral et j’admirais son harnachement. Et cette maman et son énorme poussette qu’elle est incapable de plier ou même de pousser d’une main en téléphonant de l’autre. Et mon patient à la retraite, obligé de s’occuper avec sa femme de ses 2 petits fils parce que les parents ont des horaires décalés. Résultat : les grands parents ont les enfants près de 220 jours par an parce que c’est plus pratique (il a compté) !!!

 

Paradoxalement, je me demande par contre si j’ai bien fait de toujours travailler. Je sais que j’ai sacrifié Tit’puce qui aurait « mérité » une maman plus présente comme ses aînés. Car, même si en nombre de jours je travaille moins qu’à l’hôpital, la fatigue, la paperasse me rendent moins disponible et moins présente. Je n’ai même pas essayé réellement de prendre un congé parental ou simplement être mère au foyer, juste pour voir ! J’ai été peut-être un peu présomptieuse, persuadée que ce n’était pas pour moi… J’aurai géré différemment, appris à me contenter de moins au lieu de vouloir tout : épouse-mère-fille parfaite. 

Je n’ai pas de réels regrets cependant ; je me pose juste des questions.

Pour finir, ils sont là tous les 4, le temps passe trop vite et je n’aurai pas d’autre enfant…

Sur mon chemin de vie, c’est un désir non satisfait qui n’engendre pas de frustation : bienvenue chez les adultes !

 

 

Muriel

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10 commentaires sur “Le petit dernier…

  1. Coucou, je ne pense pas que nos enfants soient sacrifiés … Ce qui compte c est qu on les aime non ?! Et on aime travailler c est comme ça !!!! Le nombre de fois qu on m a balancer dans la tête que j étais soit disant égoïste …. Bah non, et en plus mes enfants ne manque de rien donc c est une petite récompense ! Et puis toute façon c est nous les meilleurs maman du monde tu savais pas ?!

  2. C’est marrant de voir ces photos de tes enfants, j’ai l’impression de les avoir vu grandir depuis le temps que je suis ton blog
    Le sacrifice, c’est la question que je me pose, dans les mails sur le libéral que nous avons échangé, la question est revenue. Est-ce que ma petite dernière de 3 mois ne va pas « souffrir » de mon absence. Alors je tourne et retourne la question dans tous les sens et je reflechis.

    Pour moi la question du 4ème ne se pose (mon mari OUI !!! il en parle déjà) mais je crois que je suis passée à une autre étape de ma vie, une étape ou j’ai envie de m’accomplir professionnellement, faire des choses que j’aime, en rapport avec mes propres valeurs

    @ suivre …

  3. Bonjour,

    Les enfants sont ce que nous en faisons; et en ce qui me concerne j’ai plutôt favorisé leurs envies; leurs choix en les guidant: elles sont toutes différentes et surtout elles ont appris à faire avec ce qui est là: maman dispo ou moins; papa peu dispo.

    Et puis leur laisser le choix du futur, ne pas se lever pendant 30 ans avec des regrets: j’aurais du…

    Bonne journée.

  4. Nous ne sommes pas parfaites, nous faisons des choix à un moment parce que nous pensons que c’est le meilleur choix à ce moment-là, nous faisons ce que nous pouvons pour être les « meilleures » mères possibles… Parfois, nous nous disons que nous travaillons trop et les voyons trop peu et l’instant d’après, nous savons que nous deviendrions chèvre d’être tout le temps avec eux…
    J’ai eu une période de recherche d’emploi qui correspondait à notre installation dans une nouvelle ville, j’ai été présente physiquement parlant pour eux mais il me manquait « quelque chose ».. le boulot ! Quand j’ai retrouvé un job, j’ai sauté dessus à pieds joints et je n’imagine pas un instant me retrouver de nouveau tout le temps à la maison. Et pourtant, je suis sûre que pour mes enfants, je suis la meilleure maman du monde, parce que malgré (grâce à ?) mon travail, quand je suis avec eux, je suis **vraiment** avec eux !

  5. Tes enfants sont magnifiques ! 4, c’est déjà bien, il en faut de la volonté pour travailler tout en ayant plusieurs enfants et tu as réussi ce que beaucoup d’autres pourraient t’envier. A te lire régulièrement, je me suis demandée comment tu trouvais la place pour tout caser, jour après jour.

    Quant à être grand-mère, c’est une chose hélas qui ne concerne que la volonté de nos enfants, de nous faire ou non « grands-parents ». Juste pour appuyer mon propos : le second fils de mon mari, 26 ans, sa compagne 40 ans mère de deux ados, pas de boulot ni l’un ni l’autre – et pas vraiment l’intention d’en chercher – attendent « un heureux évènement ». J’ai eu une scène de la part de mon mari pour avoir osé ne pas me joindre à la liesse générale…

  6. Ils sont magnifiques tous les quatre…..C’est super une grande fratrie!

    Moi j’en ai trois…..j’aurai aimé un quatrième…je crois que le désir d’enfants existera toujours chez moi jusqu’à la ménopause…j’aime l’idée de pouvoir en avoir un autre même si comme toi je suis contente d’être sortie des couches…

    Comme toi je travaille à 100% et cela me pose des problèmes de temps en temps en me disant que je sacrifie quelque part un peu mes enfants mais j’adore mon travail et je ne pourrai pas être une mère au foyer. Diminuer un peu mon activité pourquoi pas? malheureusement je trouve qu’en France rien est fait pour aider les mères actives!

  7. Ton post me parle beaucoup… Je me suis arrêtée à 3, alors que j’en voulais 5 car mon mari ne se sentais pas assez solide pour assumer une plus grande famille. J’ai mis près de 10 ans à faire le deuil de la maternité, mais j’avoue que maintenant, à 43 ans avec des enfants à la fac, au lycée et au collège, j’apprécie de ne plus avoir de petits à la maison, on vit différemment, on peut voyager (cerise sur le gâteau, la maison est payée depuis 3 ans!).

    J’ai toujours travaillé moi aussi et je n’ai pas de regrets à ce sujet, je serai devenue dingue à la maison !

    PS: tes enfants sont magnifiques !

  8. Infirmière également , j’ai cessé de bosser pour élever mon seul enfant , persuadée que moi seule saurait s’en occuper , et aussi pour être avec lui…. Je le regrette vivement , rester à la maison c’est très dur , on devient corvéable à merci , on s’isole
    De la société , on n’est plus rien … On perd un peu son identité . Ne jamais cesser de travailler , c’est bon pour tout .

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