Pro...
Ce ciel bleu presque sans nuage, la chaleur des derniers jours, c'est un peu moi. Sinon, c'est une belle évocation de mon état d'esprit actuel, de ma volonté de changement, d'aller vers d'autres horizons...
Je n'ai pas peur ; j'ai confiance : en moi, en mon envie de réussir, en mes futurs patients, en mes anciens collègues, en mes amis, en ma famille.
Je regarde réellement dehors en sortant de l'hôpital et j'ai l'impression d'ouvrir les portes de ma cage, de prendre mon envol. Je ne renie pas ces 15 dernières années qui ont fait celle que je suis, je prends simplement appui pour mieux m'en détacher et partir.
Je me souviens de cette jeune maman d'un bébé de 6 mois qui entamait une formation de 37 mois avec la détermination d'arriver jusqu'au bout et de décrocher ce diplôme.
Je me souviens de cette jeune femme, mère de 2 enfants 3 ans plus tard qui passait ses examens la boule au ventre, épuisée, vidée mais si heureuse d'avoir conjurer cette espèce de spirale de l'échec dans laquelle elle pensait s'être fourvoyée.
Je me souviens de cette jeune diplômée qui rêvait de travailler en réanimation chirurgicale et en chirugie cardiaque, qui s'est retrouvée dans un bloc opératoire puis en cancérologie...
Je me souviens de mon 1er décès, de cette ancienne hôtesse de l'air devenue prof de yoga mère de 2 enfants...
Je me souviens de ces médecins formidables avec qui j'ai travaillé, de ces patients qui m'ont touchée, que j'ai aimé ou détesté...
Je me souviens de ces fous rires entre collègues, de ces repas du vendredi, de ces gâteaux du week-end...
Je me souviens de mes envies de pleurer, de m'effondrer, de mes colères aussi.
Je me souviens des 15 années passées à arpenter les longs couloirs, de mes jambes lourdes, de ces sourires furtifs, de l'hélicoptère des grandes gardes de neuro, des grèves, de la fatigue, des désillusions, du ras-le-bol.
Je me souviens de mes rêves, de mes espoirs, de mes échecs.
A l'hôpital, j'ai appris que la vie ne tient qu'à un fil, qu'il faut sans cesse s'adapter et ne rien regretter.
Je pars la tête haute mais le disque dur vidé, prête à écrire un nouveau chapitre de ma vie...
Encore 4 nuits !










