Adaptabilité...
Jusqu'à récemment, je trouvais mes ados sympas et pour cause : une en internat et l'autre pas très ado "rebelle", juste ce qu'il faut de "chiantitude" pour nous imposer sa décision d'avoir des tresses, alors que je rêvais plutôt d'un ado preppy, genre les supers pubs Ralph Lauren...
Maintenant, je sais que l'ado n'est pas sympa ! Avec le passage en 2nde de Boy, son lycée à 20mn de la maison, la possibilité d'entrer et sortir presque comme il veut, la 1ère grève et les 1ères absences de profs, je sens mes cheveux blancs pousser à vue d'oeil.
Pour l'instant, il est suffisamment responsable pour rentrer à la maison et je le trouve invariablement collé devant la télé ou sur l'ipad. Heureusement la technologie semble être de mon côté : j'ai mis un code sur l'ipad et la freebox fait des siennes tous les après-midi. Donc, je re-découvre les lois du rabachage :
- t'as fait tes devoirs ?
- j'en ai pas !
- bien sûr ! Je te rappelle que la flûte traversière ne va pas se faire seule ! Et les révisions de solfège ?
- huuuuuuuum
- Et ta chambre ? T'as vu dans quel état elle est ? Tu pourrais au moins la ranger !
Grrrrrrrrrrrrrr, elles vont me paraître longues et épuisantes les années lycée de mon fils. Mais je ne crois pas qu'il aurait supporté l'internat, tant il a du mal avec 3 semaines de colo déjà ! Et çà lui fait du bien d'endoser le rôle d'aîné à temps partiel. Seulement, tout a un prix.
Question de vocabulaire...
Discussion parents-enfants autour des fameuses fiches à remplir pour les professeurs...
Grande fille nous raconte sa surprise en voyant qu'une de ses camarades a écrit "retraité" dans la case "profession du père". S'engage alors une conversation à propos du travail de Petit mari.
Boy : "t'as des subordonnés ? T'as des sbires ?"
Grande fille : "t'as des sous-fifres ?"
Petit mari : "non, j'ai une équipe de 15 personnes !"
Euh, nous étions un peu surpris, voire choqués de les entendre parler de la sorte. Tout est une question de vocabulaire !
Haut les coeurs !...
Il y a eu les multiples coups de téléphone, les échanges de sms, les discussions parfois tendues entre nous...
Elle a fait preuve de plus de maturité que je ne le pensais, m'a agréablement surprise en se prenant par la main...
Elle a demandé le redoublement de 1ère S au sein de la LH et l'a obtenu.
Elle a eu son examen de 3è cycle de violoncelle mention très bien.
Elle a obtenu un prix de musique de chambre et un prix d'éducation musicale.
Il a fallu notre sourire, nos félicitations, nos encouragements, pour qu'elle apprécie tout cela à travers ses larmes.
Une claque... une claque...
Une grosse boule à l'estomac...
Le genre de grosse boule qui signifie "je culpabilise à mort", "je suis une mauvaise mère"...
Le genre de grosse boule que je mets du temps à digérer alors que je sais très bien que ce n'est pas de ma faute, que je dois trouver une solution pour l'aider.
Grande fille s'est complètement écroulée au 3è trimestre et contrairement aux autres années où ses notes vont croissant, cette fois-ci, c'était juste au 2è trimestre et presque la cata aujourd'hui. Bon j'exagère peut-être, mais quand on est scolarisée dans un lycée qui veut du 100% de réussite au bac... Vous comprenez la suite...
Inutile de compter sur l'aide de Petit mari, de toute façon les aides parentales sont rarement efficaces avec les ados. Mais çà fait mal. Et là, j'ai 2 problèmes : la rancoeur vis-à-vis de l'un qui refuse son aide et vis-à-vis de l'autre qui pensait s'en sortir seule et qui s'est plantée.
Ok çà va passer, sa vie n'est pas gâchée, je sais tout çà. J'aurai juste voulu lui éviter çà.
Elle a choisi une voie avec laquelle je n'étais pas forcément d'accord mais j'ai respecté son choix, sauf qu'elle n'avait pas mesuré les efforts qu'il lui faudrait fournir surtout en continuant le violoncelle à côté.
Aujourd'hui, elle passe son examen de violoncelle et risque de tout râter avec l'épée de Damoclès qu'elle a au-dessus de la tête. Il y a aussi le bac de Français, l'extraction des 4 dents de sagesse sous AG... Il y a la prof principale à convaincre de lui accorder sa chance.
Comme tous les parents inquiets, je viens de faire un tour sur le net et en lieu et place du stage de violoncelle et de musique de chambre, elle aura des cours particuliers de maths, de physique et de méthodologie au mois d'août (certainement 2 à 3h par jour pendant 3 semaines) et un stage "intensif" de pré-rentrée.
Celà me renvoie aussi en pleine face les problèmes des "enfants précoces" : elle ne sait pas travailler ! A trop compter sur ses facilités, il y a bien un jour où la réalité vous rattrape. Il n'y a rien de mal à accélérer quand il y a besoin et à prendre son temps un peu plus tard. Sauf que je ne suis pas sûre qu'un redoublement serait efficace dans son cas. Je crois qu'elle a besoin d'en finir, de passer à autre chose, de faire ce qu'elle aime avant tout.
Mon rôle de parent : l'accompagner, la soutenir, l'aider à avancer mais pas facile quand çà vous renvoie à votre propre histoire et à vos choix d'adulte.
J'étais à la recherche de la perfection, pensant naïvement que çà protègerait mes enfants de l'échec. C'était puéril comme raisonnement, je le sais depuis quelques temps déjà, mais c'est ce qui m'a permis de faire face. Aujourd'hui, ce n'est pas moi que je dois aider mais ma fille..
Petite table...
Drôle de semaine en l'absence de Minette...
Tit'puce et moi nous relayons pour lui écrire, lui envoyer un dessin.
Grande fille étant aussi absente la semaine du fait de l'internat, il ne nous reste que 2 enfants le soir à table. L'impression de m'entraîner pour "bientôt", quand ils partiront un à un.
L'étrange joie aussi d'être moins nombreux.
Dimanche, nous avons fait l'expérience de devoir faire plaisir à Boy, notre ado, pas sûr lui-même de ce qu'il veut, mais qui voulait faire quelque chose de spécial avec ses parents. Entre une nouvelle tenue de sport, des nouvelles baskets, un restau de moules (pour le voir commander un méga steack !), l'expo "Crime et châtiment" au musée d'Orsay, on a terminé à Ikéa. Mais s'il donne l'image de traîner sa carcasse, je pense qu'il a apprécié. J'en ai profité pour rappeler à son père l'engagement qu'il avait pris, il y a longtemps déjà, de faire des "trucs entre hommes" avec son fils, histoire de moins m'impliquer,et ne pas être coupable de tout...
En passant, je recommande l'expo "Crime et châtiment" aux parents avec enfants (en évitant certains tableaux et en zappant
les 3 dernières salles tout de même). Tit'puce a beaucoup aimé, même la guillotine ! Une façon simple de parler du bien et du mal, de la punition, de la justice, de l'histoire de France et d'apprendre des définitions. Et terminer par une belle promenade au milieu des Impressionnistes redonne un peu de légéreté à l'ensemble.
Argent de poche...
Ce Noël a marqué une nouvelle étape dans la vie de Grande fille : elle a eu sa 1ère carte bleue !
Nous avons préféré lui offrir une CB prépayée plutôt que la traditionnelle enveloppe.
Nous avons fixé le plafond à 300 euros et nous lui verserons dessus son argent de poche, les sous qu'elle recevra pour son anniversaire et les éventuels bonus.
Cette CB est à débit immédiat, à autorisation systématique, donc pas moyen de dépenser plus que le montant que nous avons crédité.
Jusqu'à l'âge de 17 ans, nous regarderons régulièrement la façon dont elle dépensera son argent, nous la conseillerons.
Il s'agit de la préparer à sa vie d'adulte et à prendre conscience de la valeur des choses.
Comme c'est une CB Visa, elle pourra aussi l'utiliser quand elle partira en colo, à l'étranger etc.
Heure du coucher...
Je sens bien que je les dérange...
Après 8 ans de travail de nuit, d'absence 14 nuits par mois, Petit mari et les enfants ont appris à gérer leurs soirées sans que j'ai mon mot à dire, notamment les soirs de retransmission de matches de football.
Maintenant, je suis là tous les soirs et très rapidement, Grande fille a réalisé qu'il était fini le temps où son frère et elle pourraient se coucher à plus de 23h sous prétexte de match ou d'émission "spéciale foot" sur Canal +.
Alors, ils font de la résistance à leur façon en faisant la sourde oreille quand je rappelle l'heure. Je suis la rabat-joie de service qui empêche leur petit cercle de tourner en rond !
Pour l'instant j'ai cédé en allant me coucher avant eux, mais j'ai mon "arme secrète" : la discussion entre adultes, avec Petit mari... Je ne doute pas que ce week-end, mes ados seront au lit à 22h, bien malgré eux !
Gros poumons...
Une mère débordée avec une ado et un pré-ado à la maison a parfois un rôle de "Grand méchant loup".
Mes grands sont donc partis 2 fois 3 semaines en colo cet été : l'une au soleil du Portugal puis dans un bain d'Histoire, de musique et de culture du côté d'Orléans avec son violoncelle sur le dos ; l'autre dans un ranch occitan du côté de Toulouse puis en bord de mer où il a pu découvrir les joies du surf et du tennis. Ils sont revenus bronzés (euh grillés ;-)), les yeux brillants, nostalgiques et encore plus accros à Facebook pour elle et msn pour lui (ben oui chez nous, on respecte drastiquement les règles : pas de Facebook pour les moins de 13 ans !).
Mais Grande fille avait aussi des devoirs de vacances (pas cool la LH mais c'est pour çà que les parents aiment !). 3 classiques à lire (Le Rouge et le Noir, Le lys dans la vallée, Au bonheur des dames), des pavés plus un programme de révisions en maths, physique et svt (quand on passe en 1ère S, c'est un minimum) et en langues. Inutile de vous dire qu'elle n'a pas trouvé beaucoup de temps pendant ces 6 semaines de colo pour tout çà.
De son côté, Boy passe en 4è. Prévoyante (ou quelque peu tortionnaire), j'ai acheté un cahier de vacances...
En clair, ils ont 10 jours pour se remettre dans le bain et à niveau, Grande fille ayant carrément 2 jours d'épreuves de rentrée qui compteront dans sa moyenne du 1er trimestre !!!
Alors être parent d'ado, c'est savoir souffler le chaud et le froid quand il le faut. En ce moment, je suis celle qui souffle sur la maison de mes 2 petits cochons ;-)
En mode "roots"...
Avant...
Pendant...
Après...

Quel changement depuis le mois de septembre !
Sur le chemin...
J''ai appris 2 choses au cours des 10 années passées en cancérologie : ce qui reste au bout du chemin, ce sont les souvenirs des bons moments passés en famille et/ou avec des amis et les plaisirs de la table.
Quand on peut cumuler les 2, il n'y a rien de mieux !
Je ne sais pas à quel âge on commence à faire des choix difficiles, des trucs qui ne nous plaisent pas mais font de nous des personnes raisonnables. On pourrait se dire que, dès le plus jeune âge, on renonce à un tas de petits plaisirs parce que la volonté des parents est plus forte que celle d'un petit enfant, que l'on vit finalement dans un état de frustration permanente. Je crois que le choix est réellement difficile quand on a conscience de ce à quoi on renonce et qu'on le fait malgré soi, malgré tout.
Hier avait lieu la sortie de classe annuelle de Grande fille au Parc Astérix. C'était l'occasion de passer une journée entre camarades, en dehors des murs du lycée, sans uniforme, juste pour s'amuser. Mais hier, Grande fille avait un examen de violoncelle au conservatoire à 18h50. Bien entendu, elle aurait voulu pouvoir tout faire. Mais pas moyen de risquer d'être en retard, fatiguée, etc. Alors elle a renoncé à cette sortie à laquelle elle tenait tant. Elle a pleuré aussi. Pour rendre la pilule moins amère, j'ai demandé à ce qu'elle quitte la LH à midi et nous nous sommes retrouvées à Paris. Elle avec sa petite valise et moi, chargée comme un mulet après une matinée de shopping. Parce que je devais acheter des pâtisseries pour notre dîner d'anniversaire de mariage, nous avons déjeuné toutes les 2 chez Ladurée, rue Royale.
Un déjeuner improvisé mais dont Grande fille se souviendra j'en suis sûre. Comme j'étais en retard, elle a demandé une table, commandé son coca light et commencé à regarder la carte tout en affrontant les regards inquisiteurs des autres clients. Un fameux déjeuner mère-fille quand on a à peine 15 ans !

éclair salé au saumon d'écosse, concombre, pomme et fraise
millefeuille citron-bergamote
Elle a été admise en 5è année de cycle 2 : hypocrisie des profs pour lui signifier qu'elle a râté l'admission en 3è cycle. Doublement hypocrite quand on sait que tous les élèves privilégiant leurs études râtent ce fameux examen, histoire de leur faire comprendre qu'ils ne peuvent prétendre réussir s'ils ne passent pas 3h par jour à travailleur leur instrument.
Grosses larmes d'une ado qui a fait des sacrifices cette année, des choix pas faciles, des trajets à n'en plus finir juste pour être à son cours de violoncelle tous les mercredis après-midi, qui aura plus travaillé cette année qu'au cours des 4 précédentes, qui a perdu 10 kg et 2 tailles de vêtements juste pour tout mener de front...
Mais cette année, elle a gagné en autonomie, en maturité. Elle a atteint ses objectifs personnels, passe en 1ère S, a rencontré un prof de musique génial, fait la fierté de ses parents, de son frère, de ses soeurs.
Elle a aussi gagné le droit de partager le dîner d'amoureux de ses parents et de dévorer le Saint Honoré rose framboise de sa maman, juste parce qu'hier était une journée spéciale, une journée mère-fille où l'on voit son enfant grandir et reconnaître l'adulte qu'il est en train de devenir, malgré les souffrances, les échecs. Cela n'a pas de prix et on console très bien avec de l'écoute, de l'amour et un bon gâteau !











