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Quand suis-je devenue adulte ?

Je ne sais pas quand c’est arrivé. Cela s’est juste produit et voilà… Je suis « grande » ! Je suis une femme, une mère de famille, une épouse qui n’attend plus l’approbation ou la reconnaissance de son entourage.

Oui c’est un peu étrange dit comme çà mais j’ai réalisé un jour que moi qui me croyait indépendante, autonome, féministe et tout le blabla, je passais mon temps à attendre quelque chose, comme l’on devait valider la fille, la soeur, l’épouse puis la mère que je suis alors que lui n’a pas ce genre d’état d’âme !

C’est en discutant brièvement avec ma nouvelle BS jeune accouchée du retour à la maison avec son bébé et du nouveau rythme de vie avec un enfant que j’ai eu le déclic. Le désir d’être une mère et une épouse parfaites est un piège dans lequel on tombe tête baissée et souvent cela arrange bien les hommes.

J’ai rencontré mon mari l’année de mes 20 ans, fiancée un an plus tard et mariée avant mes 22 ans. Quand je regarde Grande fille qui va fêter ses 24 ans dans 3 mois, j’ai du mal à croire qu’à son âge j’étais mariée et jeune maman tant elle est encore « petite »… Au départ, nous voulions juste vivre ensemble après son service militaire et nous marier ensuite. Mais nous avons cédé à la pression de ma mère qui ne voulait pas que son unique fille quitte l’appartement familial sans la bague au doigt. Avec le recul, je me dis juste que je ne sais pas si l’histoire aurait la même si nous avions suivi notre idée de départ.

Tout çà pour dire qu’il y a 27 ans,  j’étais encore une ado qui avait grandi avec un père absent. Je pensais avoir tout à prouver à tout le monde, y compris à moi-même. Je ne sais pas si mes BS le ressentent comme çà mais avec la naissance d’un enfant, j’en ai l’impression. Etre une super maman, une super ménagère, une super épouse en forme et sexy sans oublier le travail, être une super collègue ou patronne…

J’ai eu 4 enfant en 10 ans, pris 30kg au cours de ces 10 années par rapport à mon poids de jeune fille. J’ai eu des diplômes, toujours travaillé (dont 2 ans à temps partiel). J’ai présidé des associations, encadré des sorties scolaires, enseigné le catéchisme. J’ai appris à cuisiner en 5mn ou en 4h en supervisant les devoirs, le solfège, la musique, tout en écoutant la radio et en ayant un oeil sur les programmes de télé pour la jeunesse. J’ai acheté des kilos de collants de danse, cousus des dizaines de chaussons et d’étiquettes nominatives, acheté des tonnes de partitions. J’ai couru, couru, couru avec ou sans sac, avec ou sans poussette, avec ou sans bébé. J’ai donné le biberon aux 2 aînés, allaité les 2 dernières, préparé des petits pots faits maison, fait écouter de la musique classique, chanté des comptines, acheté des livres et des dvd en anglais, même en chinois ! J’ai planifié des répétitions, des vacances, des week-ends, des sorties, des ateliers pour enfants, pris des milliers de photos, fait des centaines de vidéos. Et je ne vous parle pas des tonnes de vêtements, de préparations de valises, de colonies de vacances, des abonnements aux magazines et tous les livres qu’il a fallu acheter…

J’ai fait tout çà en croyant naïvement que mon mari m’encenserait ! Oui parce que j’en ai fait des régimes et des conneries pour rester la gamine de 20 ans qu’il a connu et dont il est tombé amoureux. J’ai lu les dossiers sexo dans des magazines l’été sur la plage, acheté un petit canard vibromasseur et de la lingerie sexy. Parce qu’il fallait être au top toujours, tout le temps, du moins le croyais-je…

De son côté, il a grossi et maigri lui aussi (plus pour des questions d’hypertension et de douleur aux genoux). Il n’est pas au top ou disponible quand j’aimerais qu’il le soit. Il a refusé parfois d’aller à telle ou telle réunion ou audition d’un des enfants parce qu’il travaille lui !!! Il n’avait pas le temps de faire les courses parce qu’il déteste aller à Carrefour (c’est vrai que moi j’adore passer 2h à arpenter les rayons de supermarché avec un caddie). Il passe des soirées entières devant le foot et perd ses cheveux. Il a des rides au coin des yeux… Mais il n’a jamais utilisé de crème contour des yeux, lui !

Pourtant j’ai continué à vouloir être parfaite, parce que je ne voulais pas que ça se voit que je me sentais nulle… J’attendais juste qu’il me dise que c’était bon, que c’était bien ou que ça irait comme ça. Non, il a accepté tranquillement ce toujours plus sans rien dire, presque comme un dû parfois.

Et quand tu t’y attends le moins, le ras-le-bol arrive. Les yeux se décillent brutalement. Tu te demandes pourquoi tu fais tout çà, tu te fâches, fais grève.

Puis tu réalises que tout ça t’as quand même rendu heureuse !!! Choisir une recette dans un de tes bouquins, acheter les ingrédients, prendre le temps de cuisiner, boire un verre de vin, transmettre la recette aux enfants, les aider à faire à leur tour puis les voir faire quand tu es fatiguée. Puis ce sont eux qui font le gâteau du dimanche et discutent de leurs ratés ou se congratulent… La vraie révélation c’est quand tu fais les choses pour toi ou que tu ne les fais pas et que çà va quand même ! C’est aussi quand tu traînes en pyjamas toute la journée et que c’est toi qui ronfles quand monsieur vient se coucher parce que tu es crevée. La révélation c’est quand tu fais ce que tu veux quand tu veux. Alors que tu passais ton temps à angoisser si tu n’avais rien prévu pour le dîner, il se fait cuire des pâtes, du riz, se prépare un sandwich à l’omelette ou cuisine un truc à la va-vite pour toute la famille. Après toutes ces années passées à anticiper, il a préparé le repas du week-end avant que tu ne rentres car tu travailles 2 week-ends par mois, que tu rentres affamée et que tu as le droit de faire la gueule quand tu trouves tout le monde en pyjamas à midi un samedi ou un dimanche !!!

Ce que je voudrais que la plupart des jeunes mamans comprennent, c’est qu’elles ont le droit d’être imparfaites car sinon elles s’enfermeront dans un schéma et dans une relation maternante avec leur conjoint et leurs enfants dont elles auront du mal à sortir. Je crois que c’est quasi un passage obligé de chercher à être parfaite, comme une espèce de rite initiatique, sans que cela devienne pathologique, sans que cela génère de la fatigue (voire de la dépression) et de la rancoeur. Il faut s’inspirer des autres sans trop se prendre la tête, tout en essayant de respecter le rythme de chaque membre de la famille. Et accepter que l’acceptable et la perfection pour l’une, sera différente pour une autre.

Je suis heureuse et tellement fière d’avoir pu être la mère que je voulais avec mes enfants : à la fois extrêmement disponible, mais pas totalement leur dévouée, avec une activité personnelle, des « trucs à moi ». Idem pour mon mari : j’ai pu faire des choses seules qui m’ont rendu très heureuse.

Aujourd’hui, je me plais à penser que je suis une dame. Celle qui sait qui elle est, ce qu’elle vaut. Mais on en reparlera une prochaine fois !

 

Muriel

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Histoire de mains

Vous vous souvenez des 1ères empreintes de mains et/ou de pieds de vos enfants ?

Miss A a 14 ans, elle a de jolies mains. Ce que j’aime c’est qu’elles ont encore ce côté enfantin, un peu « dodues ». Des mains pleines d’histoires, de jeux d’enfants, 14 ans à sucer son pouce. Des mains qui manipulent smartphone à la vitesse de l’éclair. Des mains qu’elle prend encore plaisir à glisser dans les miennes.

D’un autre côté, je crois que je fais une fixation sur les mains… C’est ce que je regarde chez tout le monde, homme ou femme. Les mains me touchent, m’émeuvent, peuvent faire du mal et du bien. J’ai eu tellement honte de mes mains et pendant si longtemps !

Je me souviens d’une photo que j’ai prise il y a 7 ans : les mains de nos meilleurs amis, lui cherchant à lui attraper la main puis eux discutant avec leurs mains. Il y a quelques mois je suis tombée en extase devant la photo de la main d’un artiste tenant un pinceau dans une expo au Petit Palais.

Peut-être que cela deviendra un petit projet personnel…

 

Muriel

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Bloguer c’est…

La  semaine dernière, je ne sais par quel hasard ou manque de mémoire, j’ai acheté un jeu et un livre que nous avions déjà à la maison. Et pour la 12654è fois au moins, j’ai dit aux enfants que nous devrions absolument classer et ranger les livres de la bibliothèque familiale.

Et je suis tombée sur la 1ère page d’un petit bouquin écrit par Lisa Balavoine (qui sera en 2018 un des auteurs à suivre). C’est un extrait de Ma mère est une blogueuse. En le relisant, j’ai pensé à plusieurs conversations avec des copines blogueuses… Le fameux « c’était mieux avant » peut-être, mais c’est aussi parce que bloguer avait un sens : celui-là ! Comme une grosse piqûre de rappel qui m’a fait du bien. En regardant mes 12 ans d’archives, certains de mes posts se résumaient à un mot, une phrase, une photo. Aujourd’hui, je me sens obligée d’écrire au moins 300 mots, me prendre la tête avec les fameuses règles SEO et finalement, je n’écris pas. Je dois bien admettre qu’au fil du temps, je me suis censurée, histoire de rester dans les clous. D’être un truc un peu lisse, informe, moi sans être tout à fait moi.

Quand je parle de mon activité de blogueuse, je dis souvent que c’est une autre partie de ma vie, ma respiration. J’éprouve le besoin actuellement de ne plus cloisonner ma personnalité en fonction de mes différents rôles. Est-ce parce que je vieillis? Que mes enfants sont grands ? Que je me fous dorénavant de tout ou du moins de l’opinion des gens qui ne m’intéressent pas ? J’ai juste envie d’être moi, avec mes qualités et mes défauts, tout le temps. Assumer mon côté masculin, ma voix grave, rire aux éclats aux sous-entendus, tout en étant très lisse vue de l’extérieur. Assumer mon côté féminin en m’offrant une manucure hebdomadaire, accepter ma sensualité en dansant le tango, en portant des robes et des jupes en hiver…

Je ris, je m’esclaffe plusieurs fois par jour. Rien n’est grave, tant qu’on a la santé. Rien ne me comble plus que d’être dans le salon au milieu de mes 4 enfants et les regarder. Partager encore un peu de moi, me remplir d’eux m’apporte du réconfort, réchauffe mon coeur de mère. Regarder mon visage dans le miroir matin et soir, choisir mes soins, mes crèmes. Aimer mes vergetures, mes cicatrices, mes seins refaits, mes grains de beauté… Ne plus avoir honte de mes mains aux ongles longtemps rongés. Savoir qu’elles ont donné du réconfort, qu’elles ont massé, qu’elles ont porté, fait mal aussi. C’est fou tout ce que j’ai fait avec mes mains : accueillir la vie jusqu’à laver des morts…

Avec le blog, c’est tout çà que j’ai raconté depuis 12 ans, c’est que que je suis. Il m’a permis de prendre conscience que j’avais besoin de m’ouvrir aux autres car sinon j’allais passer à côté de beaucoup de choses. C’est à la fois soi et les autres. De la confiance, de l’échange, des rencontres, finalement tellement de joie !

Donc si toi aussi, tu ne sais pas très bien pourquoi tu blogues. Et plus encore si tu l’as fait en te disant que cela allait te rapporter des cadeaux, dis-toi que pour recevoir il faut commencer par donner. Et comme on ne peut donner que ce que l’on a, quand on n’a rien, on donne un peu de soi…

 

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Muriel

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Ace hotel Shoreditch

En 2017, je suis allée à Londres en Février et en Juillet. Comme vous le savez, j’ai de multiples listes où je note à la fois mes bonnes adresses mais aussi tout ce que je relève sur les autres blogs ou Instagram en me promettant d’essayer. Sur une de ces fameuses listes, il y avait le Ace Hotel situé à l’Est de Londres, dans le quartier animé de Shoreditch. Un 4 étoiles moderne et cool, parfaitement adapté aux quadras / quinquas citadins branchés un peu (beaucoup ?) bobos, à 2 pas de Brick Lane, de Spitafields market et de la City.

Un lobby clair, spacieux, confortable entre coffre shop et espace de coworking accueillant surtout des jeunes gens en journée, devenant bar lounge le soir avec des DJ sets. Ce qui donne un hôtel branché où toutes les générations se mélangent. Parfait pour une virée en couple, entre copines ou avec des ados. Je ne le recommande pas pour les familles avec de jeunes enfants.

J’ai tellement aimé le confort des 2 chambres que j’ai occupé que j’ai oublié de les prendre en photos (deluxe double et superior deluxe double double) ! Le bon plan est d’effectuer sa réservation sur Booking.com. Une déco simple à la fois industrielle et vintage. Bon, pas de produits de toilette offerts en dehors du gel douche et du shampooing. Des peignoirs bien agréables et une serviette spéciale pour le démaquillage. Une mention spéciale aussi pour le petit déjeuner et les cocktails servis par du personnel très sympa et francophone souvent.

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Muriel

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Je ne suis pas une boîte à like…

En regardant un peu mon compte Instagram dernièrement, j’ai réalisé que je suis une « voyeuse ». Pas au sens habituel du terme, je ne navigue pas en sous-marin, ni ne joue les trolls mais j’aime les comptes qui me font voir : des paysages, des intérieurs, des produits. Ce que j’aime c’est regarder, qu’on me prenne par la main et qu’on m’emmène. Un peu comme Wendy avec Peter Pan. C’est comme cela que j’ai toujours envisagé et utilisé les réseaux sociaux : une ouverture au monde, un moyen de s’enrichir intellectuellement, d’aller virtuellement dans des endroits… C’est pourquoi j’ai du mal avec les comptent IG des gens qui vivent des vies « extra ordinaires », vont dans des endroits de rêve, font des trucs de dingues et ne nous montrent quasiment rien, à part eux.

Mon Instagram, ce n’est pas moi Muriel qui porte un jean h&m, une chemise Ralph Lauren, un gilet Agnès b et qui prend le thé au Plaza Athénée, c’est moi Muriel, voyez ce que je vois, partagez ce moment avec moi. Je crois ou j’espère agir comme un livre ou un magazine, être les yeux de ceux qui me font le plaisir de me suivre, de regarder mes photos. Le monde est tellement beau, la vie est si belle que je n’ai pas besoin d’être sur toutes les photos. Parfois je montre ma trombine hein.

Il ne s’agit pas de critiquer ceux qui font un choix différent, juste d’expliquer mon point de vue. Mon compte IG n’est pas ma vitrine, je ne suis pas un produit. Pourtant un des aspects de ma vie est d’être blogueuse donc finalement je me vends quand même un peu, ou plutôt je vends ou je donne à voir un peu mon style de vie.

Avec le temps, ça me gène ces mises en scène de soi car dans les moments de crise, les mêmes qui passent leur temps à se valoriser, à faire croire qu’ils mènent une vie de rêve en permanence avec leurs photos bien choisies, calibrées, retouchées, hurlent ou crachent à la figure de leurs followers en les invectivant, en refusant d’être jugé, rangé dans une case. Ils oublient que ce sont des personnes qui les suivent et pas juste des « doigts à like ».

Ils ne réalisent que tardivement qu’ils sont prisonniers d’une image, celle qu’ils ont fabriqué eux-même car ils vendent quelque chose : leur image et que les gens les réduisent à ça. Il y a quelques semaines, une influenceuse que je suis se lamentait de ne pas comprendre pourquoi elle avait plus de 15000 vues sur ses stories et à peine 3000 likes sur ses photos. Je lui ai répondu que je ne like pas automatiquement les photos car je ne les aime pas toutes. En gros : tes followers ont un cerveau et ne sont pas que des moutons juste là pour te dire toute la journée que t’es belle ! Et j’ai ajouté quelques lignes sur les marques, les contrats, le taux d’engagement tout çà tout çà. En gros, on est juste là pour liker ses photos et elle derrière, çà lui permet de se vendre et de vendre sa communauté comme des clients potentiels… On « doit t’aimer » mais ce que tu aimes, c’est l’argent qu’on te fait gagner : ok ! Pour celles/ceux qui ne le savaient pas, maintenant vous savez.

Mes photos sur IG ne sont pas ma vie, juste des instantanés. Du coup, il est comme moi désordonné, pas harmonieux, avec des photos râtées, mal cadrées, pas retouchées, parfois sans objet particulier, en noir et blanc ou en couleur. Je suis la « connasse » ou l’idiote qui est restée aux fondamentaux et ça me va comme ça.

En clair, je pourrais paraphraser Patrick Mc Goohan le héros de la série Le Prisonnier qui disait :  Je ne suis pas un numéro, JE SUIS UN HOMME LIBRE !

Je ne suis pas une boîte à like, je suis une femme libre !!! 😉

L’article de Madame Figaro sur les Influenceurs et les marques de luxe : ICI

 

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Muriel

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