0

Nouveaux pères avec #pamperspapa

Qu’est ce qu’être père ?

Est-ce être « chef de famille » comme pour la génération de mes parents ?

Est-ce le seul et unique dépositaire de l’autorité ?

Est-ce le monsieur debout dans un coin la mine froncée qui ne devrait pas être là parce que c’est un « truc de bonne femme » ?

En fait, je ne sais pas ce qu’est être père puisque je suis une mère et que j’estime que chacun a son importance dans la parentalité. Etre père ou mère c’est avant tout une histoire personnelle faite de modèles ou de contre-modèles.

Les revendications féministes, le combat pour l’égalité des sexes, le partage de l’autorité parentale, la reconnaissance de l’homoparentalité, ont clairement fait bouger les lignes du bon comme du mauvais côté.

Pour moi être père, çà commence dès la naissance voire avant quand l’enfant entend cette voix différente de celle de sa mère, cette grande main chaude qui se pose sur son ventre. C’est donner le bain, changer, nourrir, jouer, bercer, c’est l’amour et l’attention que l’on met dans ces gestes. Je suis maman de 4 grands enfants maintenant mais qu’est ce que j’ai aimé voir mon mari prendre ses enfants dans ses bras, le retrouver endormi avec son bébé sur la poitrine, l’entendre chanter des chansons douces (les enfants connaissent tout le répertoire de Henri Salvador grâce à lui)… J’ai aimé aussi ses appels au secours parfois ! Je lui ai toujours fait confiance les yeux fermés pour nos enfants, même nourrissons de quelques jours ou quelques semaines. Pas parce qu’il était issu d’une nombreuse fratrie (il est le 8è de 10 enfants), juste parce que c’est le père de mes enfants et que son désir était d’être une meilleure mère que moi !!! Nous nous sommes même disputés parce qu’il critiquait ma façon de donner le bain par dessus mon épaule ou de ne pas serrer la couche comme lui.

Il changeait les couches, habillait, coiffait, accompagnait à la crèche puis à l’école. J’aimais voir cette fierté dans ses yeux et la complicité avec chacun de nos enfants.

 

#pamperspapa

Pampers France vient de dévoiler une vidéo allemande, avec des papas qui partagent leurs expériences du change avec leur bébé. et propose aujourd’hui aux papas français de participer au casting du prochain film #PampersPapa.

Du 2 novembre au 1er décembre, envoyez une photo de papa et bébé (6 mois – 2 ans) avec le hashtag #PampersPapa et racontez le moment qu’ils préfèrent partager (les mamans peuvent inscrire leur compagnon hein !). 10 papas seront désignés par un jury de parents et de professionnels (je risque d’en faire partie)

Pour participer, rendez-vous directement sur la page Facebook de Pampers : ICI

 

 

Muriel

Commenter
3

Boy suite

Pour le passage en 6è comme Boy faisait piano et flûte traversière au conservatoire, nous avons opté pour un parcours CHAM avec Allemand en LV1. Le collège était classé ZEP à l’autre bout de la ville. Nous n’avions pas de craintes puisque mon mari pouvait accompagner en voiture ou en transport le matin et qu’il avait l’habitude de rentrer en bus depuis plusieurs années déjà. Il a ainsi retrouvé des camarades d’orchestre, de solfège, etc. Pour rappel, l’entrée en classe à horaire aménagé musique se fait sur concours avec des épreuves de solfège, de chant et d’instrument et examen du dossier scolaire. Les enfants ont 2 après-midi d’enseignement au conservatoire (solfège, chorale, orchestre). Les cours d’instrument(s) se font en extra-scolaire. Les enfants ont donc un emploi du temps chargé puisqu’ils ont le même programme scolaire avec le parcours musical en plus (ils avaient juste 1h de sport en moins, ce qui ne me paraît pas très judicieux). L’équipe enseignante n’est pas très ouverte, mais à sa décharge elle a peu de moyens et beaucoup trop d’enfants différents à gérer : une classe accueillant des enfants sourds, des enfants de migrants hébergés au Foyer France Terre d’Asile, un environnement peu agréable (entre des cités, l’autoroute et une zone industrielle), des enfants issus de milieux sociaux très différents à cause des classes CHAM (essentiellement des enfants d’enseignants et de cadres). Les CHAM sont tolérées et maintenues dans cet établissement car comme il y a 100% de réussite au Brevet, cela augmente la moyenne du collège…

Si Boy était un très bon, voire excellent élève, vu qu’il était en CHAM, c’était déjà bien suffisant donc pas question en plus de donner un tableau d’honneur ou des félicitations à l’issu du conseil de classe ! C’était assez étrange pour nous parents d’aller à la remise des bulletins chaque trimestre, de rester 3mn à écouter des louanges sur notre fils (son sérieux, ses connaissances, sa maturité, sa culture générale…) et de voir que tout cela n’était pas forcément récompensé. S’il a été déçu souvent, il ne s’est jamais découragé. Il s’est fait des copains que pour certains je voyais d’un mauvais oeil. Mais je dois bien reconnaître que 9 ans plus tard, ce sont toujours ses meilleurs amis.

En 5è, il a commencé à vouloir changer de style vestimentaire (je l’habillais un peu trop bcbg à son goût) et surtout à se laisser pousser les cheveux. Un petit côté bad boy avec ton pseudo afro. Il évitait de répondre quand on lui demandait pourquoi il fuyait la tondeuse de son père. Cela donne des photos de famille assez mémorables qui nous font rire aujourd’hui. Sa grande soeur était en internat, il devenait en quelque sorte l’aîné du lundi au samedi midi en dehors des vacances scolaires. Avec le recul sans vraiment le vouloir, cela a aidé à préserver leur individualité au sein de la fratrie. Peu de comparaison, des loisirs différents, des scolarités différentes. Il avait ajouté la pratique du handball le mercredi après-midi avec l’association du collège.

La prof de piano n’était pas chaleureuse et souvent absente. Boy ne prenait aucun plaisir puisqu’il n’avait pas son mot à dire sur le choix des morceaux à étudier. Attitude radicalement différente de la prof de flûte traversière qui proposait d’abord. Seuls les morceaux d’examen étaient imposés. Du coup, il s’est lassé et a préféré arrêté au bout de 4 ans (en fin de 3è). Il a continué les cours avec son ancienne prof à la maison et poursuivi la flûte traversière au conservatoire.

Pas de langue ancienne possible quand on est en CHAM, du coup il a juste fait Anglais en LV2. En 4è, il a ajouté le basket au handball et transformé son afro informe en tresses. S’il faisait ce qu’il fallait pour être parmi les 3 premiers de sa classe, il ne s’investissait clairement pas plus. Quand on est un enfant raisonneur, on n’ajoute pas de difficultés aux adultes : entre une prof d’Anglais dépressive, une principale adjointe tabassée, des jeunes profs dépassés, qu’on commence à se faire contrôler par la Police plusieurs fois par semaine près du collège ou au centre commercial, on fait en sorte que les parents ne soient pas inquiets. Il mettait sa casquette « correctement », évitait de mettre sa capuche (ou seulement quand on avait le dos tourné), avait sa carte d’identité sur lui en permanence. Si je respectais son désir d’appartenance à un groupe de copains, j’évitais la tenue estampillée « cité » et surtout nous discutions beaucoup, tout le temps. Et il s’est rendu compte par lui-même : les copains qui disparaissent, ceux que tu croises en train de dealer…

Je me suis installée en libéral, son père avait de nouvelles responsabilités. Il arrivait souvent qu’aucun de nous ne soit rentré à 21h. Pas facile de se retrouver seul à la maison avec ses 2 petites soeurs quand maman n’a pas eu le temps de préparer le dîner. Lui qui était déjà très mature pour son âge, a été une véritable épaule et m’a admirablement secondée. Me demandant régulièrement comment çà allait, me permettant de raconter mes journées, m’appelant ou m’envoyant un sms quand je n’étais pas rentrée à 20h pour savoir ce qu’il devait cuisiner. Il gérait… Minette à récupérer à la sortie du collège ou du conservatoire, Miss A à 18h après l’étude ou au conservatoire. Jusqu’à maintenant, il ne se plaint jamais et propose toujours volontiers son aide.

En fin de 3è par principe tout en sachant qu’il y avait peu de chances, il a préparé son dossier pour les grands lycées parisiens. Nous avons aussi voulu forcer le système afin qu’il n’aille pas dans son lycée de secteur. Il s’est retrouvé sans affectation mais a eu son Brevet mention bien sans forcer son talent, malgré toutes nos mises en garde. Un entretien avec le proviseur de mon ancien lycée et un bon dossier scolaire aidant, il a intégré le meilleur lycée de notre commune. Il a gardé sa bande de copains mais à cause de cette inscription de dernière minute, il s’est retrouvé dans une classe de soi disant mixité sociale. Ce sont des élèves issus des quartiers très défavorisés de la ville à qui l’on donne une chance de s’en sortir en évitant le lycée de secteur (celui qui a moins de 60% de réussite au bac alors que l’autre est à 85-90% en fonction des années). Mais au lieu de dispatcher ces élèves dans les 9 classes de seconde, on les regroupe tous dans la même classe et on se plaint ensuite de l’agitation, du niveau de la classe, etc. Si vous avez vu le film Les Héritiers, c’est dans notre ville et dans ce lycée qu’il a été tourné. Et la fameuse classe de seconde dont il est question n’est pas la pire puisqu’elle regroupe des enfants qui suivent l’option histoire de l’art (la plupart sont issus de la classe CHAM).

Bref gros manque de chance, une année de seconde difficile où Boy a été confronté aux préjugés, au racisme de certains profs, où en voulant dénoncer des injustices il s’est fait maltraiter voire insulter. Le bon côté est que ce lycée est le seul de France métropolitaine à bénéficier de l’enseignement du Créole en option au bac. Cela lui a fait du bien de suivre ces 3h de cours chaque semaine, il échangeait fièrement avec ma mère qui leur a toujours parlé créole alors que mon mari et moi ne pratiquons pas. Et surtout, il s’est senti « légitime », moins différent de ses copains dont les parents ne parlent que créole à la maison et en famille. Mon mari étant guyanais moi guadeloupéenne, il ne savait pas trop de quelles origines parler (seuls les ignorants pensent que Guyane et Antilles c’est pareil !). Il a en quelque sorte réussi la synthèse dans sa tête. J’ai oublié de préciser qu’il partait en colonie de vacances depuis l’âge de 5 ans 2 fois par an comme sa soeur aînée et qu’il avait aussi un vrai questionnement théologique, spirituel (actuellement il s’estime toutefois en délicatesse avec Dieu en regard de la situation mondiale…). Il a beaucoup aimé le catéchisme au point d’aller jusqu’à la confirmation, faire des pèlerinages et fréquenter l’aumônerie pour le plaisir.

Si mes souvenirs sont bons, ils n’étaient que 8 à passer en 1ère S. Il a arrêté le handball qu’il a remplacé par l’athlétisme, tout en continuant le basket. Niveau orientation, il a alterné entre pilote de formule 1, pilote de ligne, Polytechnique, neurochirurgien etc. Il avait effectué son stage de 3è avec mon copain kiné, ce qui l’a beaucoup marqué car il s’est vraiment intéressé au boulot, aux connaissances. C’est grâce à son questionnement permanent que nous nous sommes rapprochés, qu’il a mieux compris mon travail d’infirmière. Il profitait de nos dîners entre amis pour poser des questions aux kinés encore et toujours en disant qu’il ne voulait pas l’être car toucher les vieux ce n’était pas son truc ! Il a pensé médecine à notre grande surprise. Nous l’avons mis en garde une fois de plus car il ne travaillait pas vraiment. Vous vous souvenez du petit garçon de 8 ans qui faisaient ses devoirs dans le bus ? Pas beaucoup de changement avec le jeune homme de terminale S. Il a abandonné les tresses, changé de style vestimentaire tout en n’oubliant d’avoir toujours sur lui sa carte d’identité et son pass navigo. Il n’a pas beaucoup révisé pour son bac, a loupé la mention Bien de 0,1 et s’est inscrit en Paces où il a rejoint sa soeur.

Sa motivation n’a pas suffit à le faire réussir. Par contre, il a trouvé un job d’été et un accompagnement scolaire à l’année (il a donné des cours de maths et de sciences physiques le dimanche matin). Il a redoublé, bossé de 8h à 22h 6 jours sur 7 mais l’injustice d’un concours veut qu’avec le même classement une année çà passe, l’année suivante çà casse… Il en a pleuré. Mon coeur de mère s’est brisé, sa soeur aussi en a pleuré. Son 1er et gros échec à ses yeux. Il a refusé que je le console. Une façon bien à lui de se prendre en main et de se promettre qu’il n’échouera plus car çà fait trop mal. Il a quand même eu son permis et son diplôme du conservatoire ! Il a rebondi immédiatement en s’inscrivant en 2è année de licence biologie et santé, a été réembauché pour l’été au Macdo des Champs élysées. Depuis la rentrée, il bosse le week-end chez le suédois tout en poursuivant ses études : lui qui avait adoré nos vacances en Suède en 2008 et rêve d’y retourner depuis. Il doit aussi préparer sa 3è année de licence à l’étranger. Je m’aperçois en les racontant, que mes enfants sont un peu hyperactifs en fait ! Il s’amuse toujours des filles surprises par sa culture générale, sa sportivité et ses talents de musicien (et là vous voyez les parents super fiers !).

Comme je le dis souvent et çà le fait enrager, il était un petit garçon bizarre mais il a su m’apprivoiser. Il restera toujours en suspens et ne sera jamais résolue la question du 2è saut de classe et le fait que nous n’ayons pas chercher à le pousser que ce soit au niveau scolaire, musical ou sportif. Une chose est sûre : il regrette énormément qu’il n’y ait pas une « formule garçon » à la MELH (en dehors des lycées militaires) ! Il aurait bien aimé lui aussi goûter la vie en internat. Mais il est parfaitement conscient que c’est bien d’être le fils unique de la maison.

 

Muriel

3 commentaires
0

Boy

Merci pour vos réactions « publiques » et privées au portrait de Grande fille. Je précise que cette série d’articles est écrite avec l’accord de chacun de mes enfants, qui sont mes 1ers et plus fidèles lecteurs depuis la création de ce blog. De plus comme je vieillis et que j’aime ces échanges entre nous, ils relisent et corrigent mes fautes.

Les parents d’enfants précoces doivent apprendre à faire le deuil de l’enfant parfait et surtout de l’enfant précoce parfaitement adapté au système scolaire. Le fameux petit génie à lunettes…

Boy est né en janvier 1997, un peu moins de 3 ans après Grande fille. Il aura donc 20 ans dans quelques mois. Ce qui nous a frappé à la naissance, c’est ce beau bébé de plus de 3kg tout rose, paisible alors qu’il arrivait avec 4 semaines d’avance. J’étais élève-infirmière (début de 3è année). Ma grossesse avait été difficile sur le plan physique à cause des stages (essentiellement de la réanimation chirurgicale et cardiaque), d’où notre « surprise »…

Gentil bébé gourmand, facile à vivre. Il a d’abord été gardé par une nourrice puis a intégré la même crèche que sa soeur au cours de son 8è mois. La fin de sa 1ère année a été mouvementée : sa grande soeur était rentrée à l’école maternelle, je passais les épreuves théoriques et pratiques du diplôme d’état d’infirmière, nous avons déménagé dans un appartement plus grand, il était malade tous les 15 jours (otite, rhinopharyngite, etc).

Il a marché aux alentours de son 1er anniversaire. Ce qui nous faisait sourire, c’est qu’il savait comme sa soeur avant lui, réchauffer son biberon au micro-ondes le week-end et se mettre une cassette de dessins animés (Babar, Chapi chapo, Pingu et compagnie). Quand je pestais après notre vieil ordinateur, il appuyait sur le bouton pour le relancer ou me disait « mais kik, kik maman ».

Comme sa soeur, il était aux bébés nageurs tous les samedis matins mais sans le même entrain. De petit bébé rond, il est devenu un petit garçon mince, grossissant juste ce qu’il fallait mais toujours avec un solide appétit. L’entrée à l’école maternelle s’est faite sans souci. Il regardait les autres d’un air surpris quand ils pleuraient ou quand il se faisait bousculer. Clairement, il ne comprenait pas le besoin de pousser, crier, frapper. Il ne comprenait pas non plus pourquoi certains enfants ne respectaient pas les règles. Il a terminé son apprentissage de la lecture en fin de petite section. Son truc c’était l’astronomie, mais surtout poser des questions dont il connaissait déjà la réponse. Adulte, on s’agace parce qu’on pense que l’enfant veut nous tester mais en fait, c’était juste pour s’assurer qu’il ne faisait pas fausse route car dans son esprit les parents savaient tout. Souvent, c’était sans fin : la fameuse pensée en arborescence ! Une pensée en amène une autre puis encore une autre et encore une autre… Au bout d’un moment, on devait mettre le holà.

Grande fille était en CE1, nous étions inquiets, soucieux de la protéger de certains adultes malveillants. Ce qui nous a alerté, c’est le comportement de Boy, qui s’est en quelque sorte « mis en veilleuse ». Le petit garçon vif et intelligent est devenu silencieux, maladroit, avec toujours un temps de retard. Nous en étions arrivés à un point que nous avons fait un bilan d’audition, après avoir été chez l’ophtalmo. L’ORL à la fin du bilan (tout à fait normal), m’a suggéré un bilan de précocité… La psychologue que nous avions vu pour les tests et le suivi de sa soeur, nous avait conseillé de le tester en moyenne section en nous parlant justement du problème des enfants précoces dans une fratrie.

Il a eu la chance d’avoir en moyenne section la même instit que Grande fille avait eu en grande section. C’est sans grand enthousiasme que nous l’avons amené chez la psychologue, persuadés de jeter de l’argent par la fenêtre. On s’est clairement trouvé un peu con en sortant avec le dossier et les résultats en main, limite sous le choc… Rendez-vous pris avec l’inscrit qui a proposé d’elle-même de lui faire faire le programme de grande section tous les après-midi afin qu’il passe en CP à la rentrée. La psy nous avait parlé aussi d’un saut de CE2 à envisager ! Et fait les mêmes recommandations en matière d’activités extra-scolaires, ce que nous avions anticipé puisqu’il faisait du judo et avait débuté, à sa demande, le piano avec une de nos voisines prof à domicile. Il était un peu en décalage avec ses camarades qui jouaient tout le temps à la bagarre ou au foot. Il était cité en exemple tous les samedis au cours de judo. Il avançait très rapidement au piano au point d’en réclamer un à la maison afin de pouvoir vraiment travailler.

En CP, même directeur mais jeune instit, qui ne voyait pas l’intérêt de « nourrir » Boy en lui donnant des fiches de lecture silencieuse ou un fichier de maths niveau CE1. De toute façon, nous étions les parents ch….. depuis le saut de CP de Grande fille. Plus ou moins à raison car nous étions parents élus tous les 2 au conseil d’école (maternelle et primaire), donc ils nous voyaient trop à leur goût (alors que nous avons toujours pris soin de ne jamais parler de notre petit cas personnel en dehors des rendez-vous individuels).

L’année de CE1 mériterait une série de posts à elle seule mais pas à cause de la précocité de Boy. Comme j’étais le parent élu de cette classe, enceinte de ma 4è et en 1ère ligne face à une instit incompétente et méchante avec les enfants, çà c’est terminé par un rendez-vous à l’Inspection académique, une enseignante priée de se mettre en arrêt maladie, la présence de l’IEN au conseil d’école et pour finir un super instit remplaçant dont tous les enfants se souviennent 13 ans plus tard ! Inutile de vous dire que pour le saut de CE2, nous avons mis un couvercle sur la marmite.

Nous avons vécu comme un avantage le fait d’avoir plusieurs enfants. On relativise beaucoup de choses, on va à l’essentiel, on se prend certainement moins la tête que les parents d’enfants uniques. Nous nous sommes aussi fixés des limites : ce que nous faisions pour un enfant devrait pouvoir être fait pour les autres. En clair pas question de « sacrifice » entre eux. Je travaillais de nuit afin d’être disponible dans la journée pour eux. A cette époque j’ai sérieusement envisagé de le déscolariser, de lui construire un planning sur mesure. Mais il nous a toujours paru important de favoriser le lien social et la tolérance. Il souffrait que les autres ne pensent pas comme lui mais n’était pas harcelé, ni moqué. Notre objectif était de favoriser son développement, son épanouissement, pas de le voir au Journal de 13h dans la catégorie « plus jeune bachelier de France ».

En plus de la location de violoncelle pour Grande fille, nous avons acheté un piano car il n’était pas question d’imposer l’instrument comme cela se fait dans beaucoup de familles. Boy faisait du piano à la maison puis a débuté la flûte traversière au conservatoire. Il continuait le judo, avait ajouté l’escrime, sans oublier les cours d’Anglais à domicile avec une adorable américaine de l’Arkansas qui prenait des course cuisine à Paris. Il y avait aussi les ateliers scientifiques du dimanche avec l’ANPEIP, les ateliers de cuisine et les visites-ateliers dans les musées. Cela leur permettait de côtoyer d’autres enfants précoces, tout en prenant conscience qu’ils avaient aussi des comportements et des parcours scolaires très variés. Nous échangions beaucoup sur une liste de discussions (parfois plus de 300 mails par jour !!!). Cette liste existe toujours et c’est un plaisir de suivre le parcours de nos jeunes adultes. J’ai suivi des formations Montessori, assisté à des colloques, des conférences et me suis un peu formée à la gestion mentale afin de mieux les accompagner.

Grande fille passant en 6è dans un collège privé, pour des raisons pratiques, nous avons inscrit Boy dans le même établissement en CE2. Le niveau et l’exigence scolaire étant plus élevés que dans l’école de quartier, nous étions confiants. Autre avantage, il y avait des ateliers d’échecs sur le temps de cantine. Boy acceptait donc de jouer au foot avec ses camarades dans l’espoir que certains d’entre eux accepteraient d’aller avec lui aux échecs. Il a vite compris son erreur. Je crois d’ailleurs que c’est une de ses principales qualités : la tolérance, accepter les autres pour ce qu’ils sont, même s’il ne comprend pas toujours leurs motivations, la méchanceté ni l’égoïsme. Il en a donc pris son parti, est allé au club d’échecs seul, a joué avec des grands du collège, ses soeurs et son père. Il y a aussi chez lui un sentiment de révolte face à l’injustice. Il n’hésite pas à défendre l’autre, même si parfois la situation se retourne contre lui. C’est un garçon très attaché à sa famille.

Ce qui nous a surpris à cette époque, c’est sa maturité dans la gestion de ses priorités. Il a par exemple économisé pour s’acheter une Game boy d’occasion. Du coup pour pouvoir jouer un peu le soir, il faisait ses devoirs pendant son trajet en bus (en gros 15-20mn). J’avais juste à vérifier quand on se retrouvait à la maison ou au conservatoire. Son instit avait suffisamment d’expérience et de savoir-faire pour le stimuler tout en l’encourageant à faire mieux. Il n’avait que des copains plus âgés que lui (des collégiens ou des adultes), ce qui faisait enrager sa soeur aînée. Il ne lisait que des revues et des livres scientifiques. Sa prof de flûte traversière était aussi maternante que la prof de violoncelle de sa soeur. Son père et moi nous sommes relayés pour assister au cours hebdomadaire afin de l’aider à travailler à la maison les 1ères années. En CM1, il a passé le concours pour entrer en classe de piano au conservatoire, ce qu’il a regretté. L’enseignement est tel qu’il a failli en perdre le goût au bout de 3 ans.

Muriel

Commenter
8

Grande fille 2è partie

Dans ce nouveau collège, bien qu’elle se soit fait voler son lecteur MP3 au bout d’une semaine et qu’il y ait tous les jours des bagarres dans la cour de récré, Grande fille s’est fait de vraies amies (qu’elle voit encore régulièrement 8 ans plus tard). Elle a eu la chance de tomber sur des profs motivés et désireux de tirer leurs élèves vers le haut. Ainsi nous avons été convoqués par la prof de Français (qui tenait à son titre de prof de Lettres !) qui avait fait venir les parents de ses meilleurs élèves, afin de nous parler des grands lycées parisiens, de son ambition pour eux, etc.

En 3è, les profs étaient malheureusement moins ambitieux, plutôt soucieux de faire comprendre aux élèves que le lycée de secteur avec ses 69% de réussite au bac était un « très bon lycée » (ce que la prof de maths de ma fille sa prof principale m’a dit quand je lui ai parlé des fameux dossier pour Louis le Grand et Henri IV). Cette année-là, Grande fille a eu une prof d’Allemand assez sévère et s’est braquée. Du coup, 6 de moyenne toute l’année. La note que l’on remarquait tout de suite sur son bulletin et qui lui a fait louper la mention très bien de 0,1 au Brevet des Collèges. Cela l’a certainement pénalisée aussi pour ces fameux lycées prestigieux. Mais comme dans la procédure d’admission à la MELH il y a un entretien avec la direction, Grande fille a pu expliquer sa note d’Allemand et faire remarquer qu’elle apprenait 3 langues vivantes…

L’internat n’était pas réellement un choix, juste une conséquence de l’admission à la MELH. Grande fille était une fan de Harry Potter, il y avait ce petit fantasme Poudlard… Bien sûr il y avait la crainte de ne pas avoir de copines, sa tendance égoïste à croire que la vie de la famille ne tournait qu’autour d’elle, etc. L’année de 2nde a été difficile les 1ers mois à cause du rythme de vie (certaines journées démarrent à 8h pour se terminer à 21h à cause des options), monter descendre des centaines de marches, traverser le parc au pas de course… En plus, elle rentrait tous les mercredis après-midi pour son cours hebdomadaire de violoncelle au conservatoire (3h de métro aller retour pour 45mn de cours). Elle, qui était un peu ronde au collège, a perdu 7-8 kg en quelques semaines. La plus grande difficulté n’était pas la vie en internat mais son refus de participer aux corvées familiales les week-ends. Elle pensait naïvement que nous passerions à tous ses caprices sous prétexte de sa scolarité particulière. En plus pour la 1ère fois, elle n’était pas en tête de classe et devait travailler. Elle avait aussi plusieurs camarades qui avaient sauté une classe, et une qui avait 2 ans d’avance. A la fin d’année scolaire, avec son passage en 1ère S acté, elle pensait que le plus dur était fait.

En 1ère, elle avait ses marques, des copines, faisait la fierté des profs de musique, était invité comme élève méritante à la Grande Chancellerie. Elle a découvert la salle internet mise à disposition des élèves, financée par l’association des parents d’élèves. Bref elle se sentait en confiance et passait ses heures de permanence et d’étude sur Facebook. Son truc aussi était de nous faire culpabiliser en nous disant qu’on s’était débarrassé d’elle à l’âge de 14 ans… Après des épreuves de fin d’année catastrophiques dans les matières scientifiques, le redoublement a été proposé. Le hic à la MELH est que le redoublement n’est pas autorisé. Etrangement, elle s’est tout de suite prise en main en sollicitant un entretien avec la surintendante générale, a défendu son cas et a obtenu de redoubler dans l’établissement. Tout ceci sans que nous ayons à intervenir, ni à nous déplacer ! La 2è claque est venue des résultats aux épreuves anticipées de Français avec d’excellents notes qui ne servaient à rien. Ce redoublement marquait aussi la « perte » d’un groupe classe ainsi que l’appartenance à une promotion.

Pour nous parents, le redoublement n’était pas un échec mais juste une étape nécessaire sur le long chemin de la maturité affective, une meilleure organisation dans son travail et une gestion efficace de ses capacités. Nous étions pleinement conscients que l’internat nous évitait bien des crises et des conflits car si Grande fille avait fait sa scolarité dans notre lycée de secteur, elle aurait succombé à la télé et aurait passé des heures sur l’ordinateur au lieu de faire ses devoirs, toute occupée à essayer de gérer sa vie sociale.

La 2è année de 1ère et la terminale se sont déroulées sans encombre. Sa nouvelle classe était encore plus sympa que la précédente, elle était de toutes les cérémonies officielles et chaudement félicitées par les prestigieux invités à chaque concert.

Concernant l’après-bac, elle était passé en 2nde de « journaliste scientifique » à « je veux faire de la chimie ». Je lui avais suggéré de tenter pharmacie. Elle a choisi de faire une classe préparatoire scientifique. Sa stratégie a fait peur à certains profs, a même suscité des commentaires de certains parents (on se demande encore !). En tout cas elle a obtenu quasiment tous ses choix à partir du 3è voeu… Un bac mention Bien et beaucoup de larmes d’avoir loupé la mention Très Bien de 0,2 (çà vous rappelle quelque chose ???).

J’ai su que l’année de prépa s’engageait mal quand j’ai vu qu’elle ne s’intéressait pas au programme de révision, me racontait des histoires pour ne pas se mettre au travail avant la rentrée… Et surtout quand elle a commencé à rentrer en racontant qu’elle s’est fait un groupe de potes. Est venu ensuite la sortie en happy hour dans un bar à Bastille ! En novembre, je savais que l’année était foutue quand la nécessité d’une vie sociale, la « découverte » des garçons, la possibilité d’une histoire amoureuse prenait le pas sur les études. En décembre, on a eu droit à la grande scène comme quoi elle ne pouvait pas travailler à la maison, qu’il y avait trop de bruit, qu’en internat c’était plus calme, qu’elle avait besoin d’être seule pour travailler… Nous lui avons alors trouvé une chambre en coloc à 1km de chez nous (500€ de loyer – 300€ pour ses frais) avec l’engagement de bosser pour passer en maths spé. Elle a eu de super amis, a monté avec eux un groupe de rock, a vécu une vie de célibataire et s’est mitonnée des petits plats à coup de magret de canard, d’entrecôte et je devais lui faire des rallonges financières en plus. La belle aventure de la coloc s’est terminée avec les résultats et une réorientation en Paces (1ère année de médecine avec pour objectif de réussir pharmacie). Et elle a regagné l’appartement familial bien sûr ! Elle n’avait pas non plus jugé utile de suivre nos recommandations en matière de recherche d’un job d’été. Oui la pauvre pré ado en classe de 5è était devenue une gosse gâtée douée mais qui ne voyait pas l’utilité de faire des efforts. Ah oui j’ai oublié : elle a aussi loupé son retour au conservatoire car elle avait la prof de violoncelle titulaire… Et ses potes passaient quasiment tous en maths spé, eux.

Elle s’est donc inscrite en médecine l’année suivante, plus pour nous faire plaisir, que dans l’optique de tout donner pour réussir. Vous vous souvenez du bébé qui a attendu que ses camarades marchent avant de marcher à son tour officiellement à la crèche ? Voilà, je sais que ma fille n’a pas un mental de « tueuse » : la compétition, avoir l’impression de jouer sa vie à chaque épreuve n’est pas son truc ! Notre travail pendant ses 2 années (oui car elle s’est obstinée à redoubler médecine) a été de lui faire comprendre qu’elle avait le droit de perdre du temps car ce qu’elle apprenait lui servirait (au moins pour sa culture générale), qu’il fallait qu’elle trouve en elle ce besoin, cette rage de réussir, que si les amis c’est important, on nait seul et on meurt seul. Elle devait apprendre à être autonome d’un point de vue affectif. Ne pas attendre sur ses amis pour aller au cinéma, boire un verre, partir en vacances etc. Le bon côté est que çà l’a rapprochée de ses frère et soeurs. Le coup de boost est venu de son frère qui a vu son rêve de cadet se réaliser : il est devenu aussi « grand » que sa soeur (physiquement il fait 20 cm de plus qu’elle) et l’a rattrapé scolairement !!! Oui j’ai eu 2 enfants en médecine en même temps : ma fille redoublait médecine pendant que mon fils faisait sa 1ère 1ère année !

En gros, il a fallu 3 ans après le bac pour que les choses s’équilibrent enfin, que Grande fille se connaisse, ait conscience de ses point forts et de ses points faibles. 3 ans pour qu’elle apprenne à être moins dépendante des autres et à tracer réellement sa route. Elle est actuellement en 2è année de licence de chimie dans une université qu’elle a choisi pour son excellence, même si cela voulait dire aucune équivalence et se retrouver avec des jeunes bacheliers quand on a déjà plus de 21 ans. Elle a su décrocher un job d’été, et même un job d’étudiante à l’année. Elle s’est investie dans une association à la fac, a son permis, sa petite voiture qu’elle partage avec son frère. Et surtout, elle a plein d’amis !!! Parfois, elle sort son violoncelle mais fait du sport chaque semaine.

 

Muriel

8 commentaires
3

Grande fille 1ère partie

Depuis pas mal de temps, je me pose la question de faire un petit bilan de nos choix éducatifs. Beaucoup d’entre vous sont arrivés ici à cause de leur questionnement sur la précocité intellectuelle et il me paraît juste de vous en reparler avec le recul de quelques années…

Grande fille, notre aînée, est née en mars 1994. Elle a donc 22 ans 1/2.

C’était une petite crevette de 2,5 kg à la naissance. Mais un bébé vif, tonique comme disait la pédiatre qui nous parlait de précocité alors qu’elle n’avait pas 1 an. Elle est rentrée à la crèche à l’âge de 6 mois. Je me souviendrais toujours qu’elle rampait à peine au début de la semaine d’adaptation et le vendredi elle se déplaçait en se tenant aux meubles.

J’ai su rapidement qu’elle n’avait pas une mentalité de 1ère de la classe car elle a attendu que les 2 grands de sa section (nés en janvier) marchent pour marcher à son tour alors qu’elle marchait depuis 2 mois à la maison. Bien entendu l’auxiliaire puer ne nous croyait pas et nous répondait avec un petit sourire en coin. Elle allait aux bébés nageurs le samedi matin et faisait la joie des maître-nageurs qui adoraient sa petite bouille et son dynamisme.

L’entrée en maternelle s’est faite à l’âge de 2 ans 1/2. Elle terminait tranquillement son apprentissage de la lecture : Maman comment çà se prononce t-i-o-n ? Ma mère, ancienne instit, nous parlait déjà de saut de classe. Pour nous, si les instits ne disaient rien, c’est qu’il n’y avait rien à dire… Le problème était essentiellement son manque de confiance en soi, une hypersensibilité face aux méchancetés de certains camarades : « T’es noire t’es moche ». Jusqu’au fameux jour où elle m’a dit, alors que je regardais une redif de Cosby show : « j’aime pas être noire »… Je parlerai de ce sujet une autre fois.

Alors qu’elle lisait Roméo et Juliette à l’âge de 5 ans, l’équipe pédagogique a refusé le passage en CP après 3 années de maternelle, à cause de sa fragilité émotionnelle (elle pleurait « facilement »). Mais l’instit de Grande section a jugé elle que les textes devaient s’appliquer à notre fille puisqu’elle maîtrisait parfaitement les connaissances du cycle. Donc il a été décidé un saut de CP. Ok pas de quoi fouetter un chat pour une enfant née en mars !

L’année de CE1 a été cauchemardesque car notre fille a été humiliée par une instit qui estimait que le saut de CP était inadmissible et ne « croyait » pas à la précocité. Je me souviens encore que nous avons dû trouver en catastrophe une psychologue pour faire des tests de QI et qu’en revenant avec les résultats et les recommandations (QI dans la marge précocité avec une mention sur le fait que les résultats étaient certainement inférieurs à ce qu’ils auraient dû être à cause du manque de confiance en soi et l’attitude de l’instit en classe), l’instit et le directeur d’école nous ont ri au nez en nous demandant combien on avait payé pour avoir ces résultats… Le problème est que notre fille était largement au-dessus des autres d’un point de vue scolaire puisque maîtrisant ses tables de multiplications et déjà aux divisions aux vacances de la Toussaint en CE1. Donc scolairement parlant, rien à dire. Juste ce manque de maturité affective…

Le bilan nous a permis de comprendre le fonctionnement de sa pensée, le type de mémoire qu’elle favorisait, bref de mieux la cerner et répondre à ses demandes. La psychologue nous a très bien aiguillé en insistant sur les autres types d’intelligence et la favorisation de l’épanouissement qui passait par des activités extra-scolaires, afin de se découvrir d’autres talents et d’équilibrer sa personnalité.

Ce sont les années conservatoire avec l’apprentissage du violoncelle, du piano, de la guitare, de la danse classique, de la natation, des cours de chinois et d’anglais… On a refusé l’équitation et pleins d’autres choses ! Elle avait un emploi du temps de ministre pour répondre à ses demandes, qu’elle nous sollicite un peu moins et se sente valorisée ailleurs afin de gagner en confiance en soi. Elle a aussi commencé à partir en colonie de vacances dès l’âge de 5 ans 2 fois par an.

Une super année de CE2 avec une instit qui n’hésitait pas à la solliciter, à lui donner du travail supplémentaire et à la valoriser avec des exposés, des concours de lecture, etc. Pour mieux gérer l’avance scolaire, nous l’avons fait entrer en CHAM classe à horaire aménagé musique. Expérience peu concluante car l’instit de CM1 vouait une haine féroce aux parents et enfants de ces classes (nous n’étions qu’une bande de beaufs croyant leurs enfants au-dessus des autres !). On a dû aussi affronter la prof de solfège du conservatoire parce que la prof de violoncelle demandait un saut de classe de solfège…

Le violoncelle, çà a été THE truc : Grande fille a trouvé une 2nde maman (je ne suis pas jalouse !) en sa prof Thérèse. C’était une relation forte qui a duré 13 ans. Thérèse l’a encadrée, bichonnée, chouchoutée tout en la faisant avancer à son rythme donc n’hésitant jamais à lui donner des morceaux plus difficiles. Le problème est qu’elle était prof assistante et que les élèves doués devaient être encadrés par la prof titulaire. Mais le courant n’est jamais passé entre ma fille et elle. La prof était géniale mais avec un profil plus strict donc moins chaleureux. Clairement cela a été un échec à chaque fois (2 années sur les 13) à cause en grande partie de la dépendance affective de ma fille et sa propension à n’envisager les autres que dans un rôle de miroir.

En tant que parent, je me suis attachée à l’observer dans ses différentes activités, avec ses camarades, ses frères et soeurs. Mes enfants ne sont pas moi et mon rôle est de les aider à mieux se connaître, s’épanouir et tirer le meilleur d’eux-même. Si nous avions une petite fille jolie, vive, intelligente, il ne s’agissait pas pour nous d’être béat d’admiration. Nous avions des principes d’éducation auxquels nous n’avons pas dérogé, sous prétexte de précocité intellectuelle. Je n’ai pas passé mon temps à me justifier auprès de ma fille sur l’heure du coucher, des règles de vie en famille, de l’utilité des devoirs ou du travail de l’instrument, etc. Idem en famille ou avec les amis, nous répondions aux questions, donnions des adresses mais nous n’avons jamais définis nos enfants par leur QI. J’ai évité de donner au maximum le fameux chiffre et nos enfants n’ont eu les résultats de leurs tests lors de leur 18è anniversaire avec l’ensemble des papiers les concernant. Je répète : les tests sont un portrait de l’enfant et un outil de « coaching » pour les parents. Cela ne fait pas de nous des parents « éleveurs de champions » ! La réussite de nos enfants n’est pas la nôtre : c’est la leur !!! Je crois qu’avant tout, j’ai confiance en eux, en leurs capacités. Même face à des enseignants méprisants, moqueurs, nous avons fait face à 2, toujours. Et nous n’avons pas hésité à lâcher du lest sur nos exigences scolaires, si nous sentions qu’il y avait quelque chose qui se jouait ailleurs, une étape à franchir. Car si le saut de classe permet de nourrir l’enfant intellectuellement et à lui apprendre le sens de l’effort, il faut savoir à certains moments accepter un redoublement ou un échec qui permettra à l’enfant de rattraper son « retard » affectif et équilibrer sa personnalité afin de mieux repartir…

Pour répondre à sa demande et dans un souci de réussite scolaire, nous avons mis notre fille dans un collège privé dans la ville d’à côté car c’était un des rares établissement à proposer des classes bi-langues dès la 6è (anglais-allemand). Elle y a retrouvé des camarades de primaire et du conservatoire. Scolairement toujours aucun problème, socialement oui. L’éternel demande d’ami(e)s, ce repli sur soi et des complexes physiques. Nous devions quasiment la passer au karcher le matin tellement elle se maquillait !!! Un comble pour une mère qui ne se maquille pas. Tout son argent de poche y passait. A la fin de l’année scolaire, j’avais un tiroir plein de maquillage confisqué ! Et elle avait peu ou pas d’ami(e)s, servant un peu de 5è roue du carrosse (utile pour avoir des bonnes notes aux contrôles). En 5è, çà a été un problème avec le montant d’argent de poche. Etant des parents présents, nous n’achetions pas l’affection de notre enfant avec de l’argent, ni des vêtements de marque ou autre… Et comme elle voulait fréquenter les élèves populaires, financièrement elle ne pouvait pas suivre et se pensait la risée de ses camarades. La collection d’euros de mon mari y est passée à son insu. Elle pleurait pour un rien et n’arrivait pas à verbaliser son mal être. Nous avons préféré la changer d’établissement et sommes allés au plus près en la mettant dans le collège de secteur. Avec le temps, les parents grandissent et mûrissent aussi. Notre certitude est qu’un bon élève reste un bon élève quel que soit l’établissement. Ce qui fait la différence, c’est la présence et l’attention des parents. Elle était donc dans un collège de secteur classé ZEP et nous avons négocié un parcours « spécial » avec la direction qui lui a permis de garder Anglais et Allemand en LV1 et de débuter l’Espagnol en LV2, tout en faisant du latin. Je me souviendrais toujours de sa réflexion à la fin de la 1ère semaine de cours : « ici je suis dans mon milieu naturel ! »

Je continuerai sur la fin des années collège, le lycée et les 1ères années post-bac demain.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser ! J’y répondrai dans un post séparé.

 

 

Muriel

3 commentaires