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Quand suis-je devenue adulte ?

Je ne sais pas quand c’est arrivé. Cela s’est juste produit et voilà… Je suis « grande » ! Je suis une femme, une mère de famille, une épouse qui n’attend plus l’approbation ou la reconnaissance de son mari.

Oui c’est un peu étrange dit comme çà mais j’ai réalisé un jour que moi qui me croyait indépendante, autonome, féministe et tout le blabla, je passais mon temps à attendre quelque chose de lui, comme s’il devait valider la mère et l’épouse que je suis alors que lui n’a pas ce genre d’état d’âme !

C’est en discutant brièvement avec ma nouvelle BS jeune accouchée du retour à la maison avec son bébé et du nouveau rythme de vie avec un enfant que j’ai eu le déclic. Le désir d’être une mère et une épouse parfaites est un piège dans lequel on tombe tête baissée et souvent cela arrange bien les hommes.

J’ai rencontré mon mari l’année de mes 20 ans, fiancée un an plus tard et mariée avant mes 22 ans. Quand je regarde Grande fille qui va fêter ses 24 ans dans 3 mois, j’ai du mal à croire qu’à son âge j’étais mariée et jeune maman tant elle est encore « petite »… Au départ, nous voulions juste vivre ensemble après son service militaire et nous marier ensuite. Mais nous avons cédé à la pression de ma mère qui ne voulait pas que son unique fille quitte le toit familial sans la bague au doigt. Avec le recul, je me dis juste que je ne sais pas si l’histoire serait la même si nous avions suivi notre idée de départ mais il est sûr que nous ne nous sommes pas engagés à la légère quand nous nous sommes dits oui. Le mariage a une vraie valeur à nos yeux.

Tout çà pour dire qu’il y a 25 ans,  j’étais encore une ado qui avait grandi avec un père absent. Je pensais avoir tout à prouver à tout le monde, y compris à moi-même. Je ne sais pas si mes BS le ressentent comme çà mais avec la naissance d’un enfant, j’en ai l’impression. Etre une super maman, une super ménagère, une super épouse en forme et sexy sans oublier le travail, être une super collègue ou patronne…

J’ai eu 4 enfant en 10 ans, pris 30kg au cours de ces 10 années par rapport à mon poids de jeune fille. J’ai eu des diplômes, toujours travaillé (dont 2 ans à temps partiel). J’ai présidé des associations, encadré des sorties scolaires, enseigné le catéchisme. J’ai appris à cuisiner en 5mn ou en 4h en supervisant les devoirs, le solfège, la musique, tout en écoutant la radio et en ayant un oeil sur les programmes télé jeunesse. J’ai acheté des kilos de collants de danse, cousus des chaussons, acheté des tonnes de partitions. J’ai couru, couru, couru avec ou sans sac, avec ou sans poussette. J’ai allaité, préparé des petits pots faits maison, fait écouter de la musique classique, chanté des comptines, acheté des livres et des dvd en anglais, même en chinois ! J’ai planifié des répétitions, des vacances, des week-ends, des sorties, des ateliers pour enfants, pris des milliers de photos, fait des dizaines de vidéos. Et je ne vous parle pas des tonnes de vêtements, de préparations de valises, de colonies de vacances, des abonnements aux magazines et tous les livres qu’il a fallu acheter…

J’ai fait tout çà en croyant naïvement que mon mari m’encenserait ! Oui parce que j’en ai fait des régimes et des conneries pour rester la gamine de 20 ans qu’il a connu et dont il est tombé amoureux. J’ai lu les dossiers sexy dans des magazines, acheté un petit canard vibromasseur et de la lingerie sexy. Parce qu’il fallait être au top toujours, tout le temps, du moins le croyais-je.

De son côté, il a grossi et maigri lui aussi (plus pour des questions d’hypertension et de douleur aux genoux). Il n’est pas au top ou disponible quand j’aimerais qu’il le soit. Il a refusé parfois d’aller à telle ou telle réunion ou audition d’un des enfants parce qu’il travaille lui !!! Il n’avait pas le temps de faire les courses parce qu’il déteste aller à Carrefour (c’est vrai que moi j’adore passer 2h à arpenter les rayons de supermarché avec un caddie). Il passe des soirées entières devant le foot et perd ses cheveux. Il a des rides au coin des yeux… Normal : il a 4 ans de plus que moi et n’utilise pas de contour des yeux !

Pourtant j’ai continué à vouloir être parfaite, parce que je ne voulais pas que ça se voit que je me sentais nulle… J’attendais juste qu’il me dise que c’était bon, que c’était bien ou que ça irait comme ça. Non, il a accepté tranquillement ce toujours plus sans rien dire, presque comme un dû parfois.

Et quand tu t’y attends le moins, le ras-le-bol arrive. Les yeux se décillent brutalement. Tu te demandes pourquoi tu fais tout çà, tu te fâches, fais grève.

Puis tu réalises que tout ça t’as quand même rendu heureuse !!! Choisir une recette dans un de tes bouquins, acheter les ingrédients, prendre le temps de cuisiner, boire un verre de vin, transmettre la recette aux enfants, les aider à faire à leur tour puis les voir faire quand tu es fatiguée. Puis ce sont eux qui font le gâteau du dimanche et discutent de leurs ratés ou se congratulent… La vraie révélation c’est quand tu fais les choses pour toi ou que tu ne les fais pas et que çà va quand même ! C’est aussi quand tu traînes en pyjamas toute la journée et que tu ronfles quand monsieur vient se coucher parce que tu es crevée. La révélation c’est quand tu fais ce que tu veux quand tu veux et que ton homme accepte sans broncher. Alors que tu passais ton temps à angoisser si tu n’avais rien prévu pour le dîner, il se fait cuire des pâtes, du riz, se prépare un sandwich à l’omelette ou cuisine un truc à la va-vite pour toute la famille. Après toutes ces années passées à anticiper, il prépare le repas du week-end avant que tu ne rentres car tu travailles 2 week-ends par mois, que tu rentres affamée et que tu as le droit de faire la gueule quand tu trouves tout le monde en pyjamas à midi un samedi ou un dimanche !!!

Ce que je voudrais que la plupart des jeunes mamans comprennent, c’est qu’elles ont le droit d’être imparfaites car sinon elles s’enfermeront dans un schéma et dans une relation maternante avec leur conjoint et leurs enfants dont elles auront du mal à sortir. Je crois que c’est quasi un passage obligé de chercher à être parfaite, comme une espèce de rite initiatique, sans que cela devienne pathologique, sans que cela génère de la fatigue (voire de la dépression) et de la rancoeur. Il faut s’inspirer des autres sans trop se prendre la tête, tout en essayant de respecter le rythme de chaque membre de la famille. Et accepter que l’acceptable et la perfection pour l’une, sera différente pour une autre.

Je suis heureuse et tellement fière d’avoir pu être la mère que je voulais avec mes enfants : à la fois extrêmement disponible, mais pas totalement leur dévouée, avec une activité personnelle, des « trucs à moi ». Idem pour mon mari : j’ai pu faire des choses seules qui m’ont rendu très heureuse.

Aujourd’hui, je me plais à penser que je suis une dame. Celle qui sait qui elle est, ce qu’elle vaut. Mais on en reparlera une prochaine fois !

 

Muriel

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Apéro time

Quand j’avais 20 ans, je ne  jurais que par le Malibu ananas… 25 ans plus tard, entre le Manhattan, la vodka pomme, la piña colada, le spritz, le whisky citron vert-coca, je suis devenue la reine de l’apéro time ! Je ne fume pas mais je bois 3-4 verres contenant de l’alcool par semaine en moyenne. Ma règle : ne pas mélanger ! Je me souviens encore de ma seule et unique cuite à 25 ans, quand mon mari a dû nettoyer les dégâts.

Avec un père décédé des suites de son alcoolisme et du tabac, des patients alcooliques, je fais attention mais je crois encore plus qu’avant à l’éducation. Aujourd’hui, Grande fille a le permis et conduit sa petite voiture. Nous découvrons la peur de la savoir sur la route le soir. Et à chaque fois qu’elle prend le volant, nous lui rappelons de ne pas boire d’alcool, de ne pas boire dans le verre de quelqu’un d’autre, de ne pas accepter de verre d’un inconnu… Quand elle a prévu de boire, elle nous prévient d’avance qu’elle restera dormir chez la personne qui reçoit et ne rentre que le lendemain en fin de matinée. Nous ne lui faisons pas l’apologie de l’alcool, ni ne le diabolisons. Nous ne sommes pas naïfs et nous l’encourageons simplement à connaître ses limites.

Et puis c’est quand même sympa de partager des moments entre adultes maintenant qu’elle a 21 ans, comme nous l’avons fait dernièrement sur les bords de seine en trinquant à la bière pendant un cours de salsa.

Je vous rassure, on trinque aussi très bien à la bière sans alcool et en famille !!!

 

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Muriel

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Il a voté

Au milieu des 3 jours de terreur que notre pays a vécu en janvier dernier, notre fils a fêté son 18è anniversaire. L’année 2015 déjà marquée par tant de tragédies alors que nous terminons péniblement le mois de mars ! Nous essayons de ne pas en faire, ni croire que ce sera une, comme nous  la qualifions déjà, annus horibilis…

Alors nous grapillons et chérissons les moments passés en famille, même les disputes, les absences se chérissent car elles annoncent aussi des retrouvailles et donc des discussions, des blagues, des mauvais jeux de mots mais surtout des rires et on en a bien besoin chaque jour. Boy lui s’en souviendra comme l’année de ses 18 ans, de sa 1ère carte d’électeur, de ses 1ères prises de conscience politique, déjà empreinte d’une forme de désillusion et de gravité.

Il a effectué son devoir citoyen avec son père, entre hommes. J’aurai bien voulu être là juste pour immortaliser l’instant. C’est toujours drôle de rencontrer des voisins, des copains qui réalisent que les enfants grandissent !

Aujourd’hui nous avons 2 enfants majeurs. Nous avons encore un peu de mal à les considérer comme tel, tant il y a des choses à leur apprendre sur le monde des adultes ( genre les documents administratifs)! Eux aussi ont de la difficulté à réaliser qu’ils ont leur vie entre les mains, que nous avons laché les rènes…

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Muriel

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Planning des vacances…

2 petites semaines de vacances pour les parents ; 5 semaines pour les enfants : notre planning de vacances est toujours simple et injuste. A peine rentrés de St Paul de Vence, Boy, Minette et Miss A sont partis en colo pour 3 semaines, si on peut encore appeler comme çà les séjours qu’ils vont faire !

Après l’aventure des dossiers envoyés en février, arrivés au mauvais bureau, classés verticalement (à la poubelle), le CE de Petit mari a bien rattrapé le coup (on sent la culpabilité des gens qui doivent être eux aussi parents, et surtout des mamans) :

  • Boy part faire un raid aux Açores,
  • Minette va visiter les îles grecques (je meurs littéralement de jalousie en lisant le descriptif du voyage)
  • et Miss A va faire ce qu’elle fait le mieux : cuisiner et manger dans une colo à thème en Isère

Qui dit raid ou séjour itinérant, dit sac à dos, sac de couchage, tapis de sol et voyager léger ! Cela s’annonçait mal pour Boy qui collectionne les baskets. Mais il a étrangement réussi à faire un sac de moins de 14 kg en se contentant d’une seule paire de baskets en dehors de ses chaussures de marche et d’une paire de tongs. J’ai encore du mal à y croire ! Il a dû réfléchir quand il a réalisé qu’il devrait marcher chaque jour avec son sac sur le dos, cela doit rendre raisonnable… Et Grande fille n’a pas manqué de lui rappeler un de nos films familiaux préférés : St Jacques La Mecque de Coline Serreau.

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Il a fallu se lever avant l’aurore pour accompagner Minette et Miss A au lieu de rdv et déposer Boy directement à Orly en début d’après-midi. Ils sont bien partis et bien arrivés. Dans ces cas là, on remercie quand même les smartphones qui permettent de nous rassurer rapidement surtout quand on n’a pas les plans de vol ! Minette a fait escale à Munich, Boy à Lisbonne. Ouuuuuuh, je vous vois venir. Non, je ne suis pas le genre de mère à harceler mes enfants par téléphone. Nous échangeons juste des sms à caractère informatif « on va embarquer », « bien arrivé à ». Je réponds par des « ok » « bisous et bonnes vacances ». Bon parfois j’ajoute « n’oublies pas de bien ranger tes affaires, de faire attention à tes sous et à ton portable ». C’est tout promis !

De son côté, Grande fille mène une vie de célibataire à budget limité en région parisienne. Malgré plusieurs entretiens, elle n’a pas réussi à décrocher un job d’été. Du coup, elle aura passé près de 3 mois sans activité à la maison… Je crois qu’elle a compris sa douleur car elle s’est ennuyée +++ et a compris que ce n’était pas drôle de ne pas avoir de sous en poche. Oui, je suis aussi ce genre de mère que ne paie pas de vacances à une jeune adulte qui n’a pas respecté notre accord depuis 2 ans. C’est çà la vie d’adulte ! En « échange », nous avons avancé l’argent nécessaire à l’auto-école (une partie sera prise sur l’épargne que nous avons constituée pour chaque enfant). Depuis un mois elle bosse son code avec pour objectif de l’avoir au mois de septembre.

Comme d’habitude, j’ai de grands projets de bricolage pour le mois d’août qui dépendront essentiellement de la possibilité d’avoir des jours de repos. Pour l’instant, ce n’est pas gagné !

 

Muriel

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Le petit dernier…

C’est peut-être tout le cirque médiatique autour de la naissance royale en Angleterre…

C’est peut-être la présence de S. que nous avons adopté symboliquement, qui vient passer des vacances chez nous…

C’est peut-être un signe de la fin de ma crise de la quarantaine…

C’est peut-être un des signes de la pré-ménopause…

C’est peut-être l’adoption de Hermès, notre chatte…

En fait, je ne sais pas exactement ce qui a provoqué cela. Je sais juste que mon « envie », ce petit pincement au coeur à l’idée de ne pas avoir de 5è enfant s’est envolée. Je ne sais pas quand, je ne sais pas comment, j’ai juste réalisé que ce désir, pourtant si fort, avait disparu. Je ne nourris pas de regret, ni de ressentiment, j’ai fait mon deuil de ce désir d’enfant. 

Je regarde avec plaisir et avidité les bébés, je leur souris, je les prends, je les hume, je les embrasse, je leur parle… Parfois, y’en a bien un que je prendrais avec moi mais c’est tout.

J’apprécie vraiment, vraiment beaucoup d’avoir de « grands enfants », d’être passée à autre chose que les couches, le lait et les problèmes de garde ! J’ai d’autres soucis. Je n’ai absolument pas envie d’être grand-mère pour l’instant non plus !

Je regardais un papa courant à la sortie de la crèche avec des jumeaux, un dans le porte bébé dorsal, l’autre dans le porte bébé ventral et j’admirais son harnachement. Et cette maman et son énorme poussette qu’elle est incapable de plier ou même de pousser d’une main en téléphonant de l’autre. Et mon patient à la retraite, obligé de s’occuper avec sa femme de ses 2 petits fils parce que les parents ont des horaires décalés. Résultat : les grands parents ont les enfants près de 220 jours par an parce que c’est plus pratique (il a compté) !!!

 

Paradoxalement, je me demande par contre si j’ai bien fait de toujours travailler. Je sais que j’ai sacrifié Tit’puce qui aurait « mérité » une maman plus présente comme ses aînés. Car, même si en nombre de jours je travaille moins qu’à l’hôpital, la fatigue, la paperasse me rendent moins disponible et moins présente. Je n’ai même pas essayé réellement de prendre un congé parental ou simplement être mère au foyer, juste pour voir ! J’ai été peut-être un peu présomptieuse, persuadée que ce n’était pas pour moi… J’aurai géré différemment, appris à me contenter de moins au lieu de vouloir tout : épouse-mère-fille parfaite. 

Je n’ai pas de réels regrets cependant ; je me pose juste des questions.

Pour finir, ils sont là tous les 4, le temps passe trop vite et je n’aurai pas d’autre enfant…

Sur mon chemin de vie, c’est un désir non satisfait qui n’engendre pas de frustation : bienvenue chez les adultes !

 

 

Muriel

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