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Minette 1ère partie

Minette est née en mars 2000, à 37 SA comme ses aînés. Elle a donc 16 ans 1/2. C’était une naissance programmée car mon obstétricien était gravement malade et son remplaçant débordé de travail. C’était un vendredi, ce jour-là il y avait grève à l’éducation nationale donc Grande fille et Boy étaient dans ma chambre à la clinique attendant sagement la naissance de leur petit(e) frère/soeur (on ne connaissait pas le sexe). Petit mari faisait la navette entre la salle d’accouchement et la chambre. Ce que nous avons retenu, c’est l’absence de cri, la sage-femme silencieuse hyper concentrée pendant ce qui nous a paru une éternité. Et enfin cette respiration, pour nous la délivrance et la joie. Elle est née avec 2 ou 3 tours de cordon autour du cou. C’est elle qui a choisi son prénom en réagissant à l’un et pas à l’autre.

C’était un bébé facile à vivre qui a marché à 15 mois le 1er jour de nos vacances en Guadeloupe en 2001. Elle a été gardée par une nounou à temps partiel 3 jours par semaine quand je travaillais à 60% d’après-midi à l’hôpital, puis en halte-garderie 1 jour 1/2 par semaine quand je suis passée à temps complet de nuit. Clairement les bébés nageurs n’étaient pas son truc, du coup Petit mari a abandonné définitivement quand elle a eu 18 mois.

Elle a fait sa 1ère rentrée scolaire à 2 ans 1/2 dans l’école de quartier, en plein apprentissage de la lecture. Ses aînés lui lisaient l’histoire du soir… A 3 ans, elle a décidé qu’elle apprendrait le violon et qu’elle serait cuisinière. C’est l’époque où nous passions quasiment tout notre mercredi au conservatoire à attendre les grands. J’étais hyper équipée entre le livre de lecture, les feuilles, les feutres, les crayons, les jouets et le pique-nique. Elle assistait aux cours de violoncelle et de flûte traversière avec moi dans un coin, sa sagesse faisait l’admiration des profs. Elle m’accompagnait aussi dans les divers formations et ateliers auxquels j’assistais. Je me souviens d’une session Montessori où les parents apprenaient à utiliser les réglettes de calcul, les Attrimaths et le Tangram. Elle était assise à côté de moi pendant que le prof nous expliquait le Tangram et en moins d’une minute elle a construit le carré avec les 7 éléments. Ce qui a laissé l’enseignant bouche bée et donné des complexes à quelques parents qui ont eu beaucoup de mal à y parvenir lorsque ce fut notre tour…

Décidée, volontaire, parfois frondeuse et capable de grosses colères qui nous faisaient craindre pour son apprentissage du violon. Notre pire cauchemar était qu’elle le fracasse contre un mur dans un accès de colère. Pourtant c’est une enfant discrète et timide mais qui a un certain charisme : elle ne passe pas inaperçue et crée des liens très facilement. Ce que Grande fille lui a longtemps envié.

En plus d’être la « petite soeur de », elle a eu la chance de tomber sur des enseignants qui avaient eu les grands et/ou qui étaient sensibilisés à la question de la précocité intellectuelle. Ainsi elle s’est retrouvée dans une classe double niveau MS/GS quand elle est passée en moyenne section de maternelle. Fin septembre, l’instit nous a annoncé qu’elle passerait dans le groupe Grande section au retour des vacances de la Toussaint. Du coup, nous l’avons fait tester à 5 ans. Encore une fois plus pour comprendre comment elle réfléchit, comment la « coacher » que pour le chiffre en lui-même (qui nous a laissé sur le c..) et surtout pour que le saut de classe ne soit pas contesté par l’école primaire comme nous en avions fait l’expérience avec Grande fille. A l’époque je faisais du soutien scolaire à une enfant en CE2 qui avait énormément de difficultés avec le calcul mental et les tables d’additions. J’étais obligée de faire sortir Minette de la pièce où nous travaillions ou de lui faire les gros yeux afin qu’elle se taise et ne donne pas systématiquement le résultat !

Comme son frère, elle n’était pas une grande fan de lecture « classique » mais lisait l’histoire du soir à Miss A avec plaisir. Elle faisait du piano, du violon, de la danse classique et du judo. Très vive d’esprit, le sens de la répartie et de l’anticipation, un grand sens de l’humour (même à ses dépens) et une passion pour les pubs télé.

Ce que nous avons retenu du CP, c’est la réunion de rentrée où l’instit a dit que pour la 1ère fois de sa carrière (alors que c’était sa dernière année d’enseignement), elle n’avait pas d’enfant lecteur dans sa classe. Petit mari et moi avons failli tomber de nos chaises ! A la fin de la réunion lors d’un bref aparté, nous lui avons fait part de notre étonnement et de la réalité. En rentrant à la maison, Minette nous a  carrément dit qu’elle ne voyait pas l’utilité de le dire à la maîtresse… Nous avons donc investi dans des fichiers de lecture silencieuse et de maths avec la perspective d’un saut de CE2.

L’année suivante, elle s’est retrouvée dans un double niveau CE1-CE2 qui nous a fait mariner quant au saut de classe qui aurait pu se faire comme en maternelle avec un glissement en cours d’année tout en gardant les mêmes camarades. Mais elle est partie en congé maternité. Pas de dialogue possible avec la remplaçante qui était limite exécrable.

Nous avons repris espoir à la rentrée quand nous avons vu qu’elle était à nouveau dans un double niveau CE2-CM1 cette fois-ci. Minette retrouvait son instit de retour de maternité avec plaisir. Mais en fait l’instit avait juste fait son marché parmi les élèves en prenant les plus autonomes des CE2 pour se consacrer essentiellement aux CM1. Et remettant bien sûr aux calendes grecs le glissement que la psychologue avait recommandé et nous demandions… Du coup, nous avons pris la décision de la mettre en CHAM. A défaut de saut de classe, elle consacrerait plus de temps à la danse et à la musique tout en se découvrant une passion pour le théâtre !

Elle a donc effectué CM1 puis CM2 dans une école à 15mn de chez nous. Alors qu’elle était poussée par la prof de violon qui en fait remplaçait la prof titulaire, celle-ci ayant des soucis familiaux s’est contentée du minimum avec ses élèves. En tant que parents, ce fut douloureux pour nous de constater le manque d’investissement, voire la fainéantise de certains enseignants face à des enfants vifs, intelligents et désireux d’apprendre. Des enfants suffisamment polis et tolérants pour ne pas les bousculer en étant insupportables. Oui parfois nous avons regretté la sagesse et l’adaptation scolaire de nos enfants : un comble ! On nous a clairement fait comprendre en gros que vu nos origines, notre lieu de résidence, nous avions de la chance, qu’il ne fallait pas être trop gourmands…

 

Muriel

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Grande fille 1ère partie

Depuis pas mal de temps, je me pose la question de faire un petit bilan de nos choix éducatifs. Beaucoup d’entre vous sont arrivés ici à cause de leur questionnement sur la précocité intellectuelle et il me paraît juste de vous en reparler avec le recul de quelques années…

Grande fille, notre aînée, est née en mars 1994. Elle a donc 22 ans 1/2.

C’était une petite crevette de 2,5 kg à la naissance. Mais un bébé vif, tonique comme disait la pédiatre qui nous parlait de précocité alors qu’elle n’avait pas 1 an. Elle est rentrée à la crèche à l’âge de 6 mois. Je me souviendrais toujours qu’elle rampait à peine au début de la semaine d’adaptation et le vendredi elle se déplaçait en se tenant aux meubles.

J’ai su rapidement qu’elle n’avait pas une mentalité de 1ère de la classe car elle a attendu que les 2 grands de sa section (nés en janvier) marchent pour marcher à son tour alors qu’elle marchait depuis 2 mois à la maison. Bien entendu l’auxiliaire puer ne nous croyait pas et nous répondait avec un petit sourire en coin. Elle allait aux bébés nageurs le samedi matin et faisait la joie des maître-nageurs qui adoraient sa petite bouille et son dynamisme.

L’entrée en maternelle s’est faite à l’âge de 2 ans 1/2. Elle terminait tranquillement son apprentissage de la lecture : Maman comment çà se prononce t-i-o-n ? Ma mère, ancienne instit, nous parlait déjà de saut de classe. Pour nous, si les instits ne disaient rien, c’est qu’il n’y avait rien à dire… Le problème était essentiellement son manque de confiance en soi, une hypersensibilité face aux méchancetés de certains camarades : « T’es noire t’es moche ». Jusqu’au fameux jour où elle m’a dit, alors que je regardais une redif de Cosby show : « j’aime pas être noire »… Je parlerai de ce sujet une autre fois.

Alors qu’elle lisait Roméo et Juliette à l’âge de 5 ans, l’équipe pédagogique a refusé le passage en CP après 3 années de maternelle, à cause de sa fragilité émotionnelle (elle pleurait « facilement »). Mais l’instit de Grande section a jugé elle que les textes devaient s’appliquer à notre fille puisqu’elle maîtrisait parfaitement les connaissances du cycle. Donc il a été décidé un saut de CP. Ok pas de quoi fouetter un chat pour une enfant née en mars !

L’année de CE1 a été cauchemardesque car notre fille a été humiliée par une instit qui estimait que le saut de CP était inadmissible et ne « croyait » pas à la précocité. Je me souviens encore que nous avons dû trouver en catastrophe une psychologue pour faire des tests de QI et qu’en revenant avec les résultats et les recommandations (QI dans la marge précocité avec une mention sur le fait que les résultats étaient certainement inférieurs à ce qu’ils auraient dû être à cause du manque de confiance en soi et l’attitude de l’instit en classe), l’instit et le directeur d’école nous ont ri au nez en nous demandant combien on avait payé pour avoir ces résultats… Le problème est que notre fille était largement au-dessus des autres d’un point de vue scolaire puisque maîtrisant ses tables de multiplications et déjà aux divisions aux vacances de la Toussaint en CE1. Donc scolairement parlant, rien à dire. Juste ce manque de maturité affective…

Le bilan nous a permis de comprendre le fonctionnement de sa pensée, le type de mémoire qu’elle favorisait, bref de mieux la cerner et répondre à ses demandes. La psychologue nous a très bien aiguillé en insistant sur les autres types d’intelligence et la favorisation de l’épanouissement qui passait par des activités extra-scolaires, afin de se découvrir d’autres talents et d’équilibrer sa personnalité.

Ce sont les années conservatoire avec l’apprentissage du violoncelle, du piano, de la guitare, de la danse classique, de la natation, des cours de chinois et d’anglais… On a refusé l’équitation et pleins d’autres choses ! Elle avait un emploi du temps de ministre pour répondre à ses demandes, qu’elle nous sollicite un peu moins et se sente valorisée ailleurs afin de gagner en confiance en soi. Elle a aussi commencé à partir en colonie de vacances dès l’âge de 5 ans 2 fois par an.

Une super année de CE2 avec une instit qui n’hésitait pas à la solliciter, à lui donner du travail supplémentaire et à la valoriser avec des exposés, des concours de lecture, etc. Pour mieux gérer l’avance scolaire, nous l’avons fait entrer en CHAM classe à horaire aménagé musique. Expérience peu concluante car l’instit de CM1 vouait une haine féroce aux parents et enfants de ces classes (nous n’étions qu’une bande de beaufs croyant leurs enfants au-dessus des autres !). On a dû aussi affronter la prof de solfège du conservatoire parce que la prof de violoncelle demandait un saut de classe de solfège…

Le violoncelle, çà a été THE truc : Grande fille a trouvé une 2nde maman (je ne suis pas jalouse !) en sa prof Thérèse. C’était une relation forte qui a duré 13 ans. Thérèse l’a encadrée, bichonnée, chouchoutée tout en la faisant avancer à son rythme donc n’hésitant jamais à lui donner des morceaux plus difficiles. Le problème est qu’elle était prof assistante et que les élèves doués devaient être encadrés par la prof titulaire. Mais le courant n’est jamais passé entre ma fille et elle. La prof était géniale mais avec un profil plus strict donc moins chaleureux. Clairement cela a été un échec à chaque fois (2 années sur les 13) à cause en grande partie de la dépendance affective de ma fille et sa propension à n’envisager les autres que dans un rôle de miroir.

En tant que parent, je me suis attachée à l’observer dans ses différentes activités, avec ses camarades, ses frères et soeurs. Mes enfants ne sont pas moi et mon rôle est de les aider à mieux se connaître, s’épanouir et tirer le meilleur d’eux-même. Si nous avions une petite fille jolie, vive, intelligente, il ne s’agissait pas pour nous d’être béat d’admiration. Nous avions des principes d’éducation auxquels nous n’avons pas dérogé, sous prétexte de précocité intellectuelle. Je n’ai pas passé mon temps à me justifier auprès de ma fille sur l’heure du coucher, des règles de vie en famille, de l’utilité des devoirs ou du travail de l’instrument, etc. Idem en famille ou avec les amis, nous répondions aux questions, donnions des adresses mais nous n’avons jamais définis nos enfants par leur QI. J’ai évité de donner au maximum le fameux chiffre et nos enfants n’ont eu les résultats de leurs tests lors de leur 18è anniversaire avec l’ensemble des papiers les concernant. Je répète : les tests sont un portrait de l’enfant et un outil de « coaching » pour les parents. Cela ne fait pas de nous des parents « éleveurs de champions » ! La réussite de nos enfants n’est pas la nôtre : c’est la leur !!! Je crois qu’avant tout, j’ai confiance en eux, en leurs capacités. Même face à des enseignants méprisants, moqueurs, nous avons fait face à 2, toujours. Et nous n’avons pas hésité à lâcher du lest sur nos exigences scolaires, si nous sentions qu’il y avait quelque chose qui se jouait ailleurs, une étape à franchir. Car si le saut de classe permet de nourrir l’enfant intellectuellement et à lui apprendre le sens de l’effort, il faut savoir à certains moments accepter un redoublement ou un échec qui permettra à l’enfant de rattraper son « retard » affectif et équilibrer sa personnalité afin de mieux repartir…

Pour répondre à sa demande et dans un souci de réussite scolaire, nous avons mis notre fille dans un collège privé dans la ville d’à côté car c’était un des rares établissement à proposer des classes bi-langues dès la 6è (anglais-allemand). Elle y a retrouvé des camarades de primaire et du conservatoire. Scolairement toujours aucun problème, socialement oui. L’éternel demande d’ami(e)s, ce repli sur soi et des complexes physiques. Nous devions quasiment la passer au karcher le matin tellement elle se maquillait !!! Un comble pour une mère qui ne se maquille pas. Tout son argent de poche y passait. A la fin de l’année scolaire, j’avais un tiroir plein de maquillage confisqué ! Et elle avait peu ou pas d’ami(e)s, servant un peu de 5è roue du carrosse (utile pour avoir des bonnes notes aux contrôles). En 5è, çà a été un problème avec le montant d’argent de poche. Etant des parents présents, nous n’achetions pas l’affection de notre enfant avec de l’argent, ni des vêtements de marque ou autre… Et comme elle voulait fréquenter les élèves populaires, financièrement elle ne pouvait pas suivre et se pensait la risée de ses camarades. La collection d’euros de mon mari y est passée à son insu. Elle pleurait pour un rien et n’arrivait pas à verbaliser son mal être. Nous avons préféré la changer d’établissement et sommes allés au plus près en la mettant dans le collège de secteur. Avec le temps, les parents grandissent et mûrissent aussi. Notre certitude est qu’un bon élève reste un bon élève quel que soit l’établissement. Ce qui fait la différence, c’est la présence et l’attention des parents. Elle était donc dans un collège de secteur classé ZEP et nous avons négocié un parcours « spécial » avec la direction qui lui a permis de garder Anglais et Allemand en LV1 et de débuter l’Espagnol en LV2, tout en faisant du latin. Je me souviendrais toujours de sa réflexion à la fin de la 1ère semaine de cours : « ici je suis dans mon milieu naturel ! »

Je continuerai sur la fin des années collège, le lycée et les 1ères années post-bac demain.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser ! J’y répondrai dans un post séparé.

 

 

Muriel

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La révolte des machines…


Découvrez Ray Ventura!

La chanson finale du spectacle des classes cham primaires, dans lequel Minette interprête le rôle du Professeur Zorglub.

Muriel

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1er service…

Cette année chez la mère débordée, la rentrée des classes se fait en 3 temps :

  1. mardi 2 septembre à 8h30 pour Minette et Tit’puce
  2. mardi 2 septembre à 13h30 pour Mr Pokémon
  3. jeudi 4 septembre à partir de 9h pour Grande fille.

Donc ce matin, Petit mari a accompagné Minette jusqu’à sa nouvelle école où elle entre en CM1 CHAM (classe à horaire aménagé musique). 1er couac : elle ne figurait pas sur la liste de classe… Un détour par le bureau de la directrice et tout a été réglé.

Pour ma part, j’ai fait comme Tit’puce : j’ai retrouvé toutes mes copines devant l’école maternelle pour découvrir que nos enfants sont encore ensemble cette année, yeah !!! La grande section, çà promet…

Pas de grosses dépenses pour l’instant : un chemisier neuf chacune acheté chez Zara et des chaussures trouvées pendant les soldes au mois de juillet dernier. Total : 80 euros pour 2.

Pour les fournitures scolaires quasiment tout en 1er prix fin juillet : 150 euros pour les 4 enfants et pour l’année (réserves de copies, de bâtons de colle, de gomme, de feutres, de stylos, etc reconstituées).

édit de 17h15 : Notre collégien a fait sa rentrée en 5è CHAM. Il a un bon emploi du temps (selon ses critères). Sa motivation cette année est de faire du latin, ce qui n’est pas possible en étant en horaire aménagé musique. Il va donc devoir convaincre la principale de son collège afin que nous puissions l’inscrire au cned et que ses notes figurent sur son bulletin.

Rien de neuf en dehors du contenu de la trousse qui a été complété et de l’agenda.

Muriel

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