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Chipotle la grosse bouffe mexicaine des ados

Vegan et autres partisans d’une alimentation saine et équilibrée, passez votre chemin ! Quoi que vous pouvez opter pour une version végétarienne…

Ce post s’adresse aux amoureux de bouffe mexicaine, de riz et haricots rouges ou noirs bien bourratifs, d’épices et autres choses qui ont du goût. C’est une adresse aussi pour les ados et jeunes adultes.

A la maison vu les origines antillo-guyanaises, les repas du dimanche sont souvent à base de riz et d’une viande en sauce, plus ou moins arrosés de haricots rouges. On aime aussi la feijoada brésilienne et les tacos mexicains. A New York, nous avions mangé tex mex dans un très bon resto de Brooklyn, Alma avec une superbe vue sur la skyline…

Ce sont mes 2 grands Boy et Grande fille qui ont parlé les 1ers de Chipotle, cette chaîne américaine de fast food, spécialiste des burritos et des tacos, lorsqu’ils y ont postulé pour un job d’été il y a 2 ans. Comme je ne connaissais pas, j’ai voulu tester avec eux. Autant vous le dire, il vaut mieux ne pas avoir mangé depuis 24-48h ou avoir un appétit d’ado pour venir à bout de son burrito, surtout si vous y ajoutez des suppléments !

margarita Chipotle

 

Pour ceux qui ne connaissent pas le principe, c’est un burrito chaud préparé à la demande. C’est vous qui choisissez le type de haricots (noirs ou blancs), de riz (blanc ou complet), de sauce épicée (pimentée ou pas), de crudités (salade, tomate, poivron, oignon), si vous voulez ajouter du fromage, de la crème aigre et/ou du guacamole. Vous choisissez la viande : porc (carnitas) mais il y a aussi boeuf ou poulet. Vous pouvez même choisi double viande ! Il y a aussi une formule sans… Vous avez le choix entre le burrito classique (enroulé dans sa tortilla) ou l’assiette de burrito (burrito bowl aux Etats-Unis), qui est tout simplement la garniture du burrito sans la tortilla, servie dans un bol allongé, comme une assiette classique. Plus facile à manger… Vous pouvez choisir un version de 3 tacos, garnis aussi à la demande.

En bonus, vous pouvez commander des chips de farine de maïs à tremper dans une portion de guacamole. Et vous faire la totale en arrosant le tout d’une délicieuse margarita ou d’une bière mexicaine ou comme mes enfants, d’un Dr Pepper (le soda à la cerise noire).

Pour 10 à 16€, c’est un de nos points de chute favoris quand nous allons au centre commercial Beaugrenelle en famille ou à sur le parvis de La Défense. Il m’est aussi arrivé d’acheter à emporter

Bref une adresse un peu différente qui plaît aux ados bons mangeurs 😉

burrito Chipotle

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avec les ados

 

Muriel

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Boy a 20 ans

Dans la série « après les fêtes c’est encore la fête », hier nous avons célébré en famille les 20 ans de Boy. 20 ans déjà !!!

Il a ce petit truc bien à lui qui le rend spécial aux yeux de tous ceux qui l’entourent et une place bien spécifique au milieu de ses soeurs. Il est cette petite étoile, ce petit grain qui anime les moments qu’ils passent ensemble.

Il est ce petit fils qui prend rendez-vous pour déjeuner avec sa grand-mère maternelle. Il est ce neveu qui passe rendre visite et rend service à ses oncles, comme un ami. Il est ce frère qui offre à ses soeurs une journée à Disneyland en guise de cadeau de Noël. Il est ce fils qui s’assoit à côté de son père pour regarder les matchs de foot et celui qui se moque gentiment du yoga, des chakras et des séances de méditations de sa mère, tout en lui offrant tout ce qu’il faut pour ses séances. Il est le copain toujours disponible pour ses amis de jour comme de nuit, prêt à organiser un séjour à Londres ou au ski.

Il est ce jeune homme qui ne réalise pas encore qu’il a grandi.

Il y a quelques semaines, nous nous sommes retrouvés un dimanche matin en famille élargie pour une séance photo avec ma mère.  La séance terminée, nos enfants se sont amusés et j’ai capturé ce moment…

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Muriel

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Minette 1ère partie

Minette est née en mars 2000, à 37 SA comme ses aînés. Elle a donc 16 ans 1/2. C’était une naissance programmée car mon obstétricien était gravement malade et son remplaçant débordé de travail. C’était un vendredi, ce jour-là il y avait grève à l’éducation nationale donc Grande fille et Boy étaient dans ma chambre à la clinique attendant sagement la naissance de leur petit(e) frère/soeur (on ne connaissait pas le sexe). Petit mari faisait la navette entre la salle d’accouchement et la chambre. Ce que nous avons retenu, c’est l’absence de cri, la sage-femme silencieuse hyper concentrée pendant ce qui nous a paru une éternité. Et enfin cette respiration, pour nous la délivrance et la joie. Elle est née avec 2 ou 3 tours de cordon autour du cou. C’est elle qui a choisi son prénom en réagissant à l’un et pas à l’autre.

C’était un bébé facile à vivre qui a marché à 15 mois le 1er jour de nos vacances en Guadeloupe en 2001. Elle a été gardée par une nounou à temps partiel 3 jours par semaine quand je travaillais à 60% d’après-midi à l’hôpital, puis en halte-garderie 1 jour 1/2 par semaine quand je suis passée à temps complet de nuit. Clairement les bébés nageurs n’étaient pas son truc, du coup Petit mari a abandonné définitivement quand elle a eu 18 mois.

Elle a fait sa 1ère rentrée scolaire à 2 ans 1/2 dans l’école de quartier, en plein apprentissage de la lecture. Ses aînés lui lisaient l’histoire du soir… A 3 ans, elle a décidé qu’elle apprendrait le violon et qu’elle serait cuisinière. C’est l’époque où nous passions quasiment tout notre mercredi au conservatoire à attendre les grands. J’étais hyper équipée entre le livre de lecture, les feuilles, les feutres, les crayons, les jouets et le pique-nique. Elle assistait aux cours de violoncelle et de flûte traversière avec moi dans un coin, sa sagesse faisait l’admiration des profs. Elle m’accompagnait aussi dans les divers formations et ateliers auxquels j’assistais. Je me souviens d’une session Montessori où les parents apprenaient à utiliser les réglettes de calcul, les Attrimaths et le Tangram. Elle était assise à côté de moi pendant que le prof nous expliquait le Tangram et en moins d’une minute elle a construit le carré avec les 7 éléments. Ce qui a laissé l’enseignant bouche bée et donné des complexes à quelques parents qui ont eu beaucoup de mal à y parvenir lorsque ce fut notre tour…

Décidée, volontaire, parfois frondeuse et capable de grosses colères qui nous faisaient craindre pour son apprentissage du violon. Notre pire cauchemar était qu’elle le fracasse contre un mur dans un accès de colère. Pourtant c’est une enfant discrète et timide mais qui a un certain charisme : elle ne passe pas inaperçue et crée des liens très facilement. Ce que Grande fille lui a longtemps envié.

En plus d’être la « petite soeur de », elle a eu la chance de tomber sur des enseignants qui avaient eu les grands et/ou qui étaient sensibilisés à la question de la précocité intellectuelle. Ainsi elle s’est retrouvée dans une classe double niveau MS/GS quand elle est passée en moyenne section de maternelle. Fin septembre, l’instit nous a annoncé qu’elle passerait dans le groupe Grande section au retour des vacances de la Toussaint. Du coup, nous l’avons fait tester à 5 ans. Encore une fois plus pour comprendre comment elle réfléchit, comment la « coacher » que pour le chiffre en lui-même (qui nous a laissé sur le c..) et surtout pour que le saut de classe ne soit pas contesté par l’école primaire comme nous en avions fait l’expérience avec Grande fille. A l’époque je faisais du soutien scolaire à une enfant en CE2 qui avait énormément de difficultés avec le calcul mental et les tables d’additions. J’étais obligée de faire sortir Minette de la pièce où nous travaillions ou de lui faire les gros yeux afin qu’elle se taise et ne donne pas systématiquement le résultat !

Comme son frère, elle n’était pas une grande fan de lecture « classique » mais lisait l’histoire du soir à Miss A avec plaisir. Elle faisait du piano, du violon, de la danse classique et du judo. Très vive d’esprit, le sens de la répartie et de l’anticipation, un grand sens de l’humour (même à ses dépens) et une passion pour les pubs télé.

Ce que nous avons retenu du CP, c’est la réunion de rentrée où l’instit a dit que pour la 1ère fois de sa carrière (alors que c’était sa dernière année d’enseignement), elle n’avait pas d’enfant lecteur dans sa classe. Petit mari et moi avons failli tomber de nos chaises ! A la fin de la réunion lors d’un bref aparté, nous lui avons fait part de notre étonnement et de la réalité. En rentrant à la maison, Minette nous a  carrément dit qu’elle ne voyait pas l’utilité de le dire à la maîtresse… Nous avons donc investi dans des fichiers de lecture silencieuse et de maths avec la perspective d’un saut de CE2.

L’année suivante, elle s’est retrouvée dans un double niveau CE1-CE2 qui nous a fait mariner quant au saut de classe qui aurait pu se faire comme en maternelle avec un glissement en cours d’année tout en gardant les mêmes camarades. Mais elle est partie en congé maternité. Pas de dialogue possible avec la remplaçante qui était limite exécrable.

Nous avons repris espoir à la rentrée quand nous avons vu qu’elle était à nouveau dans un double niveau CE2-CM1 cette fois-ci. Minette retrouvait son instit de retour de maternité avec plaisir. Mais en fait l’instit avait juste fait son marché parmi les élèves en prenant les plus autonomes des CE2 pour se consacrer essentiellement aux CM1. Et remettant bien sûr aux calendes grecs le glissement que la psychologue avait recommandé et nous demandions… Du coup, nous avons pris la décision de la mettre en CHAM. A défaut de saut de classe, elle consacrerait plus de temps à la danse et à la musique tout en se découvrant une passion pour le théâtre !

Elle a donc effectué CM1 puis CM2 dans une école à 15mn de chez nous. Alors qu’elle était poussée par la prof de violon qui en fait remplaçait la prof titulaire, celle-ci ayant des soucis familiaux s’est contentée du minimum avec ses élèves. En tant que parents, ce fut douloureux pour nous de constater le manque d’investissement, voire la fainéantise de certains enseignants face à des enfants vifs, intelligents et désireux d’apprendre. Des enfants suffisamment polis et tolérants pour ne pas les bousculer en étant insupportables. Oui parfois nous avons regretté la sagesse et l’adaptation scolaire de nos enfants : un comble ! On nous a clairement fait comprendre en gros que vu nos origines, notre lieu de résidence, nous avions de la chance, qu’il ne fallait pas être trop gourmands…

 

Muriel

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Boy

Merci pour vos réactions « publiques » et privées au portrait de Grande fille. Je précise que cette série d’articles est écrite avec l’accord de chacun de mes enfants, qui sont mes 1ers et plus fidèles lecteurs depuis la création de ce blog. De plus comme je vieillis et que j’aime ces échanges entre nous, ils relisent et corrigent mes fautes.

Les parents d’enfants précoces doivent apprendre à faire le deuil de l’enfant parfait et surtout de l’enfant précoce parfaitement adapté au système scolaire. Le fameux petit génie à lunettes…

Boy est né en janvier 1997, un peu moins de 3 ans après Grande fille. Il aura donc 20 ans dans quelques mois. Ce qui nous a frappé à la naissance, c’est ce beau bébé de plus de 3kg tout rose, paisible alors qu’il arrivait avec 4 semaines d’avance. J’étais élève-infirmière (début de 3è année). Ma grossesse avait été difficile sur le plan physique à cause des stages (essentiellement de la réanimation chirurgicale et cardiaque), d’où notre « surprise »…

Gentil bébé gourmand, facile à vivre. Il a d’abord été gardé par une nourrice puis a intégré la même crèche que sa soeur au cours de son 8è mois. La fin de sa 1ère année a été mouvementée : sa grande soeur était rentrée à l’école maternelle, je passais les épreuves théoriques et pratiques du diplôme d’état d’infirmière, nous avons déménagé dans un appartement plus grand, il était malade tous les 15 jours (otite, rhinopharyngite, etc).

Il a marché aux alentours de son 1er anniversaire. Ce qui nous faisait sourire, c’est qu’il savait comme sa soeur avant lui, réchauffer son biberon au micro-ondes le week-end et se mettre une cassette de dessins animés (Babar, Chapi chapo, Pingu et compagnie). Quand je pestais après notre vieil ordinateur, il appuyait sur le bouton pour le relancer ou me disait « mais kik, kik maman ».

Comme sa soeur, il était aux bébés nageurs tous les samedis matins mais sans le même entrain. De petit bébé rond, il est devenu un petit garçon mince, grossissant juste ce qu’il fallait mais toujours avec un solide appétit. L’entrée à l’école maternelle s’est faite sans souci. Il regardait les autres d’un air surpris quand ils pleuraient ou quand il se faisait bousculer. Clairement, il ne comprenait pas le besoin de pousser, crier, frapper. Il ne comprenait pas non plus pourquoi certains enfants ne respectaient pas les règles. Il a terminé son apprentissage de la lecture en fin de petite section. Son truc c’était l’astronomie, mais surtout poser des questions dont il connaissait déjà la réponse. Adulte, on s’agace parce qu’on pense que l’enfant veut nous tester mais en fait, c’était juste pour s’assurer qu’il ne faisait pas fausse route car dans son esprit les parents savaient tout. Souvent, c’était sans fin : la fameuse pensée en arborescence ! Une pensée en amène une autre puis encore une autre et encore une autre… Au bout d’un moment, on devait mettre le holà.

Grande fille était en CE1, nous étions inquiets, soucieux de la protéger de certains adultes malveillants. Ce qui nous a alerté, c’est le comportement de Boy, qui s’est en quelque sorte « mis en veilleuse ». Le petit garçon vif et intelligent est devenu silencieux, maladroit, avec toujours un temps de retard. Nous en étions arrivés à un point que nous avons fait un bilan d’audition, après avoir été chez l’ophtalmo. L’ORL à la fin du bilan (tout à fait normal), m’a suggéré un bilan de précocité… La psychologue que nous avions vu pour les tests et le suivi de sa soeur, nous avait conseillé de le tester en moyenne section en nous parlant justement du problème des enfants précoces dans une fratrie.

Il a eu la chance d’avoir en moyenne section la même instit que Grande fille avait eu en grande section. C’est sans grand enthousiasme que nous l’avons amené chez la psychologue, persuadés de jeter de l’argent par la fenêtre. On s’est clairement trouvé un peu con en sortant avec le dossier et les résultats en main, limite sous le choc… Rendez-vous pris avec l’inscrit qui a proposé d’elle-même de lui faire faire le programme de grande section tous les après-midi afin qu’il passe en CP à la rentrée. La psy nous avait parlé aussi d’un saut de CE2 à envisager ! Et fait les mêmes recommandations en matière d’activités extra-scolaires, ce que nous avions anticipé puisqu’il faisait du judo et avait débuté, à sa demande, le piano avec une de nos voisines prof à domicile. Il était un peu en décalage avec ses camarades qui jouaient tout le temps à la bagarre ou au foot. Il était cité en exemple tous les samedis au cours de judo. Il avançait très rapidement au piano au point d’en réclamer un à la maison afin de pouvoir vraiment travailler.

En CP, même directeur mais jeune instit, qui ne voyait pas l’intérêt de « nourrir » Boy en lui donnant des fiches de lecture silencieuse ou un fichier de maths niveau CE1. De toute façon, nous étions les parents ch….. depuis le saut de CP de Grande fille. Plus ou moins à raison car nous étions parents élus tous les 2 au conseil d’école (maternelle et primaire), donc ils nous voyaient trop à leur goût (alors que nous avons toujours pris soin de ne jamais parler de notre petit cas personnel en dehors des rendez-vous individuels).

L’année de CE1 mériterait une série de posts à elle seule mais pas à cause de la précocité de Boy. Comme j’étais le parent élu de cette classe, enceinte de ma 4è et en 1ère ligne face à une instit incompétente et méchante avec les enfants, çà c’est terminé par un rendez-vous à l’Inspection académique, une enseignante priée de se mettre en arrêt maladie, la présence de l’IEN au conseil d’école et pour finir un super instit remplaçant dont tous les enfants se souviennent 13 ans plus tard ! Inutile de vous dire que pour le saut de CE2, nous avons mis un couvercle sur la marmite.

Nous avons vécu comme un avantage le fait d’avoir plusieurs enfants. On relativise beaucoup de choses, on va à l’essentiel, on se prend certainement moins la tête que les parents d’enfants uniques. Nous nous sommes aussi fixés des limites : ce que nous faisions pour un enfant devrait pouvoir être fait pour les autres. En clair pas question de « sacrifice » entre eux. Je travaillais de nuit afin d’être disponible dans la journée pour eux. A cette époque j’ai sérieusement envisagé de le déscolariser, de lui construire un planning sur mesure. Mais il nous a toujours paru important de favoriser le lien social et la tolérance. Il souffrait que les autres ne pensent pas comme lui mais n’était pas harcelé, ni moqué. Notre objectif était de favoriser son développement, son épanouissement, pas de le voir au Journal de 13h dans la catégorie « plus jeune bachelier de France ».

En plus de la location de violoncelle pour Grande fille, nous avons acheté un piano car il n’était pas question d’imposer l’instrument comme cela se fait dans beaucoup de familles. Boy faisait du piano à la maison puis a débuté la flûte traversière au conservatoire. Il continuait le judo, avait ajouté l’escrime, sans oublier les cours d’Anglais à domicile avec une adorable américaine de l’Arkansas qui prenait des course cuisine à Paris. Il y avait aussi les ateliers scientifiques du dimanche avec l’ANPEIP, les ateliers de cuisine et les visites-ateliers dans les musées. Cela leur permettait de côtoyer d’autres enfants précoces, tout en prenant conscience qu’ils avaient aussi des comportements et des parcours scolaires très variés. Nous échangions beaucoup sur une liste de discussions (parfois plus de 300 mails par jour !!!). Cette liste existe toujours et c’est un plaisir de suivre le parcours de nos jeunes adultes. J’ai suivi des formations Montessori, assisté à des colloques, des conférences et me suis un peu formée à la gestion mentale afin de mieux les accompagner.

Grande fille passant en 6è dans un collège privé, pour des raisons pratiques, nous avons inscrit Boy dans le même établissement en CE2. Le niveau et l’exigence scolaire étant plus élevés que dans l’école de quartier, nous étions confiants. Autre avantage, il y avait des ateliers d’échecs sur le temps de cantine. Boy acceptait donc de jouer au foot avec ses camarades dans l’espoir que certains d’entre eux accepteraient d’aller avec lui aux échecs. Il a vite compris son erreur. Je crois d’ailleurs que c’est une de ses principales qualités : la tolérance, accepter les autres pour ce qu’ils sont, même s’il ne comprend pas toujours leurs motivations, la méchanceté ni l’égoïsme. Il en a donc pris son parti, est allé au club d’échecs seul, a joué avec des grands du collège, ses soeurs et son père. Il y a aussi chez lui un sentiment de révolte face à l’injustice. Il n’hésite pas à défendre l’autre, même si parfois la situation se retourne contre lui. C’est un garçon très attaché à sa famille.

Ce qui nous a surpris à cette époque, c’est sa maturité dans la gestion de ses priorités. Il a par exemple économisé pour s’acheter une Game boy d’occasion. Du coup pour pouvoir jouer un peu le soir, il faisait ses devoirs pendant son trajet en bus (en gros 15-20mn). J’avais juste à vérifier quand on se retrouvait à la maison ou au conservatoire. Son instit avait suffisamment d’expérience et de savoir-faire pour le stimuler tout en l’encourageant à faire mieux. Il n’avait que des copains plus âgés que lui (des collégiens ou des adultes), ce qui faisait enrager sa soeur aînée. Il ne lisait que des revues et des livres scientifiques. Sa prof de flûte traversière était aussi maternante que la prof de violoncelle de sa soeur. Son père et moi nous sommes relayés pour assister au cours hebdomadaire afin de l’aider à travailler à la maison les 1ères années. En CM1, il a passé le concours pour entrer en classe de piano au conservatoire, ce qu’il a regretté. L’enseignement est tel qu’il a failli en perdre le goût au bout de 3 ans.

Muriel

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Grande fille 2è partie

Dans ce nouveau collège, bien qu’elle se soit fait voler son lecteur MP3 au bout d’une semaine et qu’il y ait tous les jours des bagarres dans la cour de récré, Grande fille s’est fait de vraies amies (qu’elle voit encore régulièrement 8 ans plus tard). Elle a eu la chance de tomber sur des profs motivés et désireux de tirer leurs élèves vers le haut. Ainsi nous avons été convoqués par la prof de Français (qui tenait à son titre de prof de Lettres !) qui avait fait venir les parents de ses meilleurs élèves, afin de nous parler des grands lycées parisiens, de son ambition pour eux, etc.

En 3è, les profs étaient malheureusement moins ambitieux, plutôt soucieux de faire comprendre aux élèves que le lycée de secteur avec ses 69% de réussite au bac était un « très bon lycée » (ce que la prof de maths de ma fille sa prof principale m’a dit quand je lui ai parlé des fameux dossier pour Louis le Grand et Henri IV). Cette année-là, Grande fille a eu une prof d’Allemand assez sévère et s’est braquée. Du coup, 6 de moyenne toute l’année. La note que l’on remarquait tout de suite sur son bulletin et qui lui a fait louper la mention très bien de 0,1 au Brevet des Collèges. Cela l’a certainement pénalisée aussi pour ces fameux lycées prestigieux. Mais comme dans la procédure d’admission à la MELH il y a un entretien avec la direction, Grande fille a pu expliquer sa note d’Allemand et faire remarquer qu’elle apprenait 3 langues vivantes…

L’internat n’était pas réellement un choix, juste une conséquence de l’admission à la MELH. Grande fille était une fan de Harry Potter, il y avait ce petit fantasme Poudlard… Bien sûr il y avait la crainte de ne pas avoir de copines, sa tendance égoïste à croire que la vie de la famille ne tournait qu’autour d’elle, etc. L’année de 2nde a été difficile les 1ers mois à cause du rythme de vie (certaines journées démarrent à 8h pour se terminer à 21h à cause des options), monter descendre des centaines de marches, traverser le parc au pas de course… En plus, elle rentrait tous les mercredis après-midi pour son cours hebdomadaire de violoncelle au conservatoire (3h de métro aller retour pour 45mn de cours). Elle, qui était un peu ronde au collège, a perdu 7-8 kg en quelques semaines. La plus grande difficulté n’était pas la vie en internat mais son refus de participer aux corvées familiales les week-ends. Elle pensait naïvement que nous passerions à tous ses caprices sous prétexte de sa scolarité particulière. En plus pour la 1ère fois, elle n’était pas en tête de classe et devait travailler. Elle avait aussi plusieurs camarades qui avaient sauté une classe, et une qui avait 2 ans d’avance. A la fin d’année scolaire, avec son passage en 1ère S acté, elle pensait que le plus dur était fait.

En 1ère, elle avait ses marques, des copines, faisait la fierté des profs de musique, était invité comme élève méritante à la Grande Chancellerie. Elle a découvert la salle internet mise à disposition des élèves, financée par l’association des parents d’élèves. Bref elle se sentait en confiance et passait ses heures de permanence et d’étude sur Facebook. Son truc aussi était de nous faire culpabiliser en nous disant qu’on s’était débarrassé d’elle à l’âge de 14 ans… Après des épreuves de fin d’année catastrophiques dans les matières scientifiques, le redoublement a été proposé. Le hic à la MELH est que le redoublement n’est pas autorisé. Etrangement, elle s’est tout de suite prise en main en sollicitant un entretien avec la surintendante générale, a défendu son cas et a obtenu de redoubler dans l’établissement. Tout ceci sans que nous ayons à intervenir, ni à nous déplacer ! La 2è claque est venue des résultats aux épreuves anticipées de Français avec d’excellents notes qui ne servaient à rien. Ce redoublement marquait aussi la « perte » d’un groupe classe ainsi que l’appartenance à une promotion.

Pour nous parents, le redoublement n’était pas un échec mais juste une étape nécessaire sur le long chemin de la maturité affective, une meilleure organisation dans son travail et une gestion efficace de ses capacités. Nous étions pleinement conscients que l’internat nous évitait bien des crises et des conflits car si Grande fille avait fait sa scolarité dans notre lycée de secteur, elle aurait succombé à la télé et aurait passé des heures sur l’ordinateur au lieu de faire ses devoirs, toute occupée à essayer de gérer sa vie sociale.

La 2è année de 1ère et la terminale se sont déroulées sans encombre. Sa nouvelle classe était encore plus sympa que la précédente, elle était de toutes les cérémonies officielles et chaudement félicitées par les prestigieux invités à chaque concert.

Concernant l’après-bac, elle était passé en 2nde de « journaliste scientifique » à « je veux faire de la chimie ». Je lui avais suggéré de tenter pharmacie. Elle a choisi de faire une classe préparatoire scientifique. Sa stratégie a fait peur à certains profs, a même suscité des commentaires de certains parents (on se demande encore !). En tout cas elle a obtenu quasiment tous ses choix à partir du 3è voeu… Un bac mention Bien et beaucoup de larmes d’avoir loupé la mention Très Bien de 0,2 (çà vous rappelle quelque chose ???).

J’ai su que l’année de prépa s’engageait mal quand j’ai vu qu’elle ne s’intéressait pas au programme de révision, me racontait des histoires pour ne pas se mettre au travail avant la rentrée… Et surtout quand elle a commencé à rentrer en racontant qu’elle s’est fait un groupe de potes. Est venu ensuite la sortie en happy hour dans un bar à Bastille ! En novembre, je savais que l’année était foutue quand la nécessité d’une vie sociale, la « découverte » des garçons, la possibilité d’une histoire amoureuse prenait le pas sur les études. En décembre, on a eu droit à la grande scène comme quoi elle ne pouvait pas travailler à la maison, qu’il y avait trop de bruit, qu’en internat c’était plus calme, qu’elle avait besoin d’être seule pour travailler… Nous lui avons alors trouvé une chambre en coloc à 1km de chez nous (500€ de loyer – 300€ pour ses frais) avec l’engagement de bosser pour passer en maths spé. Elle a eu de super amis, a monté avec eux un groupe de rock, a vécu une vie de célibataire et s’est mitonnée des petits plats à coup de magret de canard, d’entrecôte et je devais lui faire des rallonges financières en plus. La belle aventure de la coloc s’est terminée avec les résultats et une réorientation en Paces (1ère année de médecine avec pour objectif de réussir pharmacie). Et elle a regagné l’appartement familial bien sûr ! Elle n’avait pas non plus jugé utile de suivre nos recommandations en matière de recherche d’un job d’été. Oui la pauvre pré ado en classe de 5è était devenue une gosse gâtée douée mais qui ne voyait pas l’utilité de faire des efforts. Ah oui j’ai oublié : elle a aussi loupé son retour au conservatoire car elle avait la prof de violoncelle titulaire… Et ses potes passaient quasiment tous en maths spé, eux.

Elle s’est donc inscrite en médecine l’année suivante, plus pour nous faire plaisir, que dans l’optique de tout donner pour réussir. Vous vous souvenez du bébé qui a attendu que ses camarades marchent avant de marcher à son tour officiellement à la crèche ? Voilà, je sais que ma fille n’a pas un mental de « tueuse » : la compétition, avoir l’impression de jouer sa vie à chaque épreuve n’est pas son truc ! Notre travail pendant ses 2 années (oui car elle s’est obstinée à redoubler médecine) a été de lui faire comprendre qu’elle avait le droit de perdre du temps car ce qu’elle apprenait lui servirait (au moins pour sa culture générale), qu’il fallait qu’elle trouve en elle ce besoin, cette rage de réussir, que si les amis c’est important, on nait seul et on meurt seul. Elle devait apprendre à être autonome d’un point de vue affectif. Ne pas attendre sur ses amis pour aller au cinéma, boire un verre, partir en vacances etc. Le bon côté est que çà l’a rapprochée de ses frère et soeurs. Le coup de boost est venu de son frère qui a vu son rêve de cadet se réaliser : il est devenu aussi « grand » que sa soeur (physiquement il fait 20 cm de plus qu’elle) et l’a rattrapé scolairement !!! Oui j’ai eu 2 enfants en médecine en même temps : ma fille redoublait médecine pendant que mon fils faisait sa 1ère 1ère année !

En gros, il a fallu 3 ans après le bac pour que les choses s’équilibrent enfin, que Grande fille se connaisse, ait conscience de ses point forts et de ses points faibles. 3 ans pour qu’elle apprenne à être moins dépendante des autres et à tracer réellement sa route. Elle est actuellement en 2è année de licence de chimie dans une université qu’elle a choisi pour son excellence, même si cela voulait dire aucune équivalence et se retrouver avec des jeunes bacheliers quand on a déjà plus de 21 ans. Elle a su décrocher un job d’été, et même un job d’étudiante à l’année. Elle s’est investie dans une association à la fac, a son permis, sa petite voiture qu’elle partage avec son frère. Et surtout, elle a plein d’amis !!! Parfois, elle sort son violoncelle mais fait du sport chaque semaine.

 

Muriel

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