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Mes résolutions de rentrée

A partir de quand devient-on un vieux couple ?

Honnêtement, je n’en sais rien ! Réponse bateau : c’est dans la tête… Mais 25 ans de mariage, ça commence à faire un paquet d’années ! Ce n’est pas toujours facile de garder le cap, de faire des choses à 2 quand on a une famille nombreuse, que les enfants occupent beaucoup de place, voire l’essentiel. Parmi mes craintes, il y a celle de ne vivre que pour et par les enfants, d’oublier que c’est notre histoire, notre couple qui leur a donné naissance et que cette histoire se poursuivra quand ils auront quitté le cocon familial.

Alors depuis toujours, je lutte contre la tendance pantouflarde de Petit mari. De temps en temps, je baisse les bras, je me laisse emporter par le tourbillon de la vie et du travail, je me noie dans la routine.

Il y a quelques années, j’ai décidé d’être contre les résolutions. Certainement parce que je ne les tenais jamais ! Et il y a eu cette chronique de 5mn cet été de Christophe André sur le sujet et je me suis dit : pourquoi pas ? Dans le fond, il a peut être raison, les résolutions c’est utile pour progresser.

 

Alors j’ai convaincu Petit mari au mois d’août de faire du sport ensemble une fois par semaine. Rien d’extraordinaire : nous habitons au bord d’un lac donc faire un tour du lac, de préférence le samedi matin entre 9h et 11h. En gros, cela représente 40-45mn de marche rapide et 4,5km à parcourir… Parfait pour se remettre en forme en douceur, observer la nature, respirer, se vider la tête des soucis de la semaine ! En plus, comme j’ai repris le running pour préparer La Parisienne, c’était pour moi une séance de plus dans mon planning hebdomadaire.

2 mois plus tard, une de mes amies m’a proposé une initiation au tango. Au début de notre mariage, nous avions pris des cours de danse de salon, l’occasion de se remémorer quelques souvenirs. Le cours est à 20h le mercredi soir et dure 1h30. Pas stressant en cas de réunion qui dure plus longtemps que prévu et retour à la maison aux alentours de 22h pour un prix raisonnable. Donc nous voila occupés à penser à notre posture, à suivre le rythme de la musique, à respirer et à rire.

La surprise,  c’est Grande fille qui marche de temps en temps avec nous le samedi et Boy qui lui aussi a envie d’apprendre le tango  (il suit des cours de salsa le jeudi à la fac) !!! Prendre des résolutions pour soi et proposer sans forcer : c’est oui ou c’est non, sans avoir à se justifier. Quand Petit mari n’a pas envie, je ne le force pas, je ne fais pas la tête, je ne le prends pas mal. Il a le droit de ne pas avoir envie, d’être fatigué… Je me prépare et j’y vais seule parce que c’est important pour moi. C’est peut-être dur mais s’il est mon « partenaire privilégié », il ne me fait pas l’aumône de sa présence. Cela doit être une envie, un désir entre nous, pas une obligation. Et je crois que les enfants ont perçu ces notions de plaisir et de partage dans le respect de chacun.

 

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Muriel

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Minette 2è partie

Comme les aînés, Minette a commencé les séjours en colonie de vacances dès l’âge de 5 ans-5 ans 1/2, juste 5 jours du lundi au vendredi la 1ère fois, de préférence dans un centre en région parisienne (avec son frère dans son cas). Etant très autonome, elle nous a dit qu’elle aimerait intégrer la MELH dès la 6è. Son père et moi étions limite choqués, surtout pas prêts à nous séparer d’elle, la jugeant « trop petite » pour l’internat. Elle l’a dit et répété mais nous ne nous sommes pas laissés convaincre.

Elle a intégré le même collège que son frère, en 6è CHAM. Nous avons rapidement senti qu’elle se laissait vivre ou plus exactement couler doucement afin de se noyer dans la masse. Aucun challenge ne lui était proposé. La bonne surprise est venue du club de lecture qu’elle a intégré à l’heure du déjeuner. Elle a commencé par dévorer des BD, puis des mangas et enfin des livres. Elle adore les romans policiers, inutile de lui parler Jane Austen et compagnie ! Les cours d’art dramatique lui plaisaient beaucoup plus que la chorale aussi.

Il nous a paru évident qu’un établissement scolaire plus exigeant était nécessaire afin de la forcer à mettre en route son petit moteur intérieur. Nous avons donc préparé son entrée à la MELH en 4è. Après un entretien que nous avons jugé catastrophique, elle était sur liste d’attente. Bon il n’y avait que 3 places disponibles pour une dizaine de candidatures. Fin juillet nous avons reçu un coup de fil surprise nous annonçant un désistement et son admission. Il a fallu trouver en catastrophe un professeur d’Espagnol car la LV2 débutait en 5è dans son nouvel établissement. En 10 jours à raison de 2h par jour, elle a fait tout le programme.

Nous étions contents de savoir qu’elle serait en difficulté, obligée de se remettre en cause et de devoir trouver des ressources en elle-même (oui parfois les parents sont sadiques !). Mais nous avions confiance en elle, comme en chacun de nos enfants. Nous l’avons encouragée encore et encore, comme Grande fille avant elle. Elle a pleuré un peu, supporté sans broncher les moqueries de certaines camarades (au point qu’une prof est intervenue et nous en a parlé) mais elle avait un noyau dur de copines et relativisait beaucoup. Elle s’est mise au boulot  et chose rare selon ses profs, a progressé tout au long de l’année. Elle a compris les méthodes et les exigences des profs, a découvert l’intérêt de certaines matières comme l’histoire-géo, la grammaire… En fin de 4è, nous avions une bonne élève épanouie et qui avait envie ! Notamment envie d’étudier le Grec ancien… Ce que nous avons accepté avec un hoquet de surpris. Je me disais secrètement qu’elle allait détester et que çà lui baisserait sa moyenne générale pour le Brevet : oui, les parents sont indignes… En plus de la musique et du chant, elle faisait du théâtre le mercredi après-midi.

En 3è, elle a continué son petit bonhomme de chemin pour figurer parmi les meilleures élèves de sa classe et s’est prise d’affection pour le Grec !!! Elle a obtenu son Brevet avec une mention Bien, entre le violon, la musique de chambre et le théâtre. Elle a réussi à se faire remarquer par les profs de musique du lycée qui l’attendaient avec impatience, déjà connue comme la « petite soeur de » qui joue les morceaux par coeur. Elle a surpris ses profs en disant qu’elle voulait faire de la cuisine tout en s’orientant vers une 2nde générale. Vous vous souvenez la petite fille de 3 ans ?…

Au lycée, nous avons découvert une gamine mature, parfaitement à l’aise avec ses camarades. Elle a un côté féministe très prononcé aussi. Elle a voulu poursuivre l’apprentissage du Grec (chaque année de plus est une surprise) et l’option musique. Les profs ont encore ouvert de grands yeux quand elle a parlé orientation en 1ère S et cuisine… J’ai fini par lui suggérer de dire qu’elle voulait travailler dans le secteur tourisme-hôtellerie ! Son orientation a donné lieu à de grandes discussions familiales, voire des disputes entre elle et les aînés. Elle hésitait à aller en ES mais son frère et sa soeur ne voulaient rien entendre. J’avoue que j’étais surprise et heureuse de les voir si concernés, cherchant à la convaincre… Au point que je dû parfois intervenir pour calmer le jeu. Ce qui était très drôle cette année-là, c’est son rapport aux mathématiques et sa transformation en élève. Elle calculait ses moyennes, anticipait certaines notes, établissait des stratégies pour figurer en tête de classe. Elle a aussi énormément grandi au point de devenir une belle plante de 1m78 chaussant du 42. Son point faible : le sport. Au point que c’est devenu un objet de rigolade entre nous. Donc en vacances en famille, le challenge est de la faire marcher, courir, sauter, bref se bouger dans tous les sens afin qu’elle se sente à l’aise dans son corps.

L’année de 1ère a été un peu mouvementée à cause d’une camarade qui a quitté le lycée en cours d’année alors qu’elle était sa partenaire de TPE. Elle a su gérer sans que nous ayons à intervenir. Elle est la créative de la famille, la seule à savoir se servir d’une tablette graphique à la maison, à tricoter et coudre. C’est elle qui me dépanne en informatique, utilise les logiciels de retouche photos et de vidéo. Elle connaît tous les raccourcis clavier que je ne retiens jamais ! Elle se régale quand elle doit créer un support pour un devoir maison (des vidéos en SVT, un jeu de société pour son TPE en 1ère, etc). Elle se met parfois un peu trop de pression, pourtant elle passe pour la camarade cool en classe. Et pour une élève trop discrète qui ne montre pas assez  sa culture générale…  Elle a une jolie collection de médailles (oui il y a des médailles d’éducation et de travail à la MELH) et de prix. Son rêve : décrocher le prix de camaraderie !!!

Aujourd’hui, elle est en Terminale S. Si elle est parfois butée ou se vexe pour un rien, c’est étonnant de voir qu’elle joue  le rôle de confidente auprès des grands qui la traitent sur un pied d’égalité. Grande fille a hâte qu’elle soit majeur pour faire des happy hours avec elle. Boy va au ciné ou au restaurant avec elle !!! Elle partage énormément de choses avec chaque membre de la famille. Je suis tellement contente et fière de les voir planifier des sorties ensemble ou se reprocher d’avoir fait tel ou tel truc sans elle. Elle écoute tout, retient tout et ne dit rien. C’est une ado intuitive mais qui raisonne beaucoup et bien. Elle partage le même humour que son père (mais en plus douée;-)). Lors d’une discussion familiale autour du don d’organes et de la fin de vie, je l’ai désignée comme ma personne de confiance, ce que son père et mes autres enfants ont approuvé sans hésitation, c’est dire. Je sais qu’avec elle mes volontés seront respectées. Pourtant au niveau caractère, elle forme une espèce de binôme avec Grande fille. elle gère différemment sa sensibilité par contre (elle boude et claque les portes de temps en temps).

Elle a fait ses tests d’orientation toute seule, commence à préparer ses voeux pour APB, essaie de s’en sortir avec la philo. Elle veut continuer le Grec ancien après le bac mais sans faire des études littéraires (du coup c’est le prof de Grec qui doit lui trouver une adresse pour l’an prochain), reprendre le violon au conservatoire et la danse classique. Et le choc : elle s’est inscrite au badminton le mercredi après-midi depuis la rentrée !!!

Minette est une jeune fille qui ne sait pas toujours ce qu’elle veut mais sait parfaitement ce qu’elle ne veut pas. Et quand elle se fixe un objectif, elle se donne les moyens de réussir. Quand je pense qu’elle n’aime pas l’école…

 

Muriel

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Boy suite

Pour le passage en 6è comme Boy faisait piano et flûte traversière au conservatoire, nous avons opté pour un parcours CHAM avec Allemand en LV1. Le collège était classé ZEP à l’autre bout de la ville. Nous n’avions pas de craintes puisque mon mari pouvait accompagner en voiture ou en transport le matin et qu’il avait l’habitude de rentrer en bus depuis plusieurs années déjà. Il a ainsi retrouvé des camarades d’orchestre, de solfège, etc. Pour rappel, l’entrée en classe à horaire aménagé musique se fait sur concours avec des épreuves de solfège, de chant et d’instrument et examen du dossier scolaire. Les enfants ont 2 après-midi d’enseignement au conservatoire (solfège, chorale, orchestre). Les cours d’instrument(s) se font en extra-scolaire. Les enfants ont donc un emploi du temps chargé puisqu’ils ont le même programme scolaire avec le parcours musical en plus (ils avaient juste 1h de sport en moins, ce qui ne me paraît pas très judicieux). L’équipe enseignante n’est pas très ouverte, mais à sa décharge elle a peu de moyens et beaucoup trop d’enfants différents à gérer : une classe accueillant des enfants sourds, des enfants de migrants hébergés au Foyer France Terre d’Asile, un environnement peu agréable (entre des cités, l’autoroute et une zone industrielle), des enfants issus de milieux sociaux très différents à cause des classes CHAM (essentiellement des enfants d’enseignants et de cadres). Les CHAM sont tolérées et maintenues dans cet établissement car comme il y a 100% de réussite au Brevet, cela augmente la moyenne du collège…

Si Boy était un très bon, voire excellent élève, vu qu’il était en CHAM, c’était déjà bien suffisant donc pas question en plus de donner un tableau d’honneur ou des félicitations à l’issu du conseil de classe ! C’était assez étrange pour nous parents d’aller à la remise des bulletins chaque trimestre, de rester 3mn à écouter des louanges sur notre fils (son sérieux, ses connaissances, sa maturité, sa culture générale…) et de voir que tout cela n’était pas forcément récompensé. S’il a été déçu souvent, il ne s’est jamais découragé. Il s’est fait des copains que pour certains je voyais d’un mauvais oeil. Mais je dois bien reconnaître que 9 ans plus tard, ce sont toujours ses meilleurs amis.

En 5è, il a commencé à vouloir changer de style vestimentaire (je l’habillais un peu trop bcbg à son goût) et surtout à se laisser pousser les cheveux. Un petit côté bad boy avec ton pseudo afro. Il évitait de répondre quand on lui demandait pourquoi il fuyait la tondeuse de son père. Cela donne des photos de famille assez mémorables qui nous font rire aujourd’hui. Sa grande soeur était en internat, il devenait en quelque sorte l’aîné du lundi au samedi midi en dehors des vacances scolaires. Avec le recul sans vraiment le vouloir, cela a aidé à préserver leur individualité au sein de la fratrie. Peu de comparaison, des loisirs différents, des scolarités différentes. Il avait ajouté la pratique du handball le mercredi après-midi avec l’association du collège.

La prof de piano n’était pas chaleureuse et souvent absente. Boy ne prenait aucun plaisir puisqu’il n’avait pas son mot à dire sur le choix des morceaux à étudier. Attitude radicalement différente de la prof de flûte traversière qui proposait d’abord. Seuls les morceaux d’examen étaient imposés. Du coup, il s’est lassé et a préféré arrêté au bout de 4 ans (en fin de 3è). Il a continué les cours avec son ancienne prof à la maison et poursuivi la flûte traversière au conservatoire.

Pas de langue ancienne possible quand on est en CHAM, du coup il a juste fait Anglais en LV2. En 4è, il a ajouté le basket au handball et transformé son afro informe en tresses. S’il faisait ce qu’il fallait pour être parmi les 3 premiers de sa classe, il ne s’investissait clairement pas plus. Quand on est un enfant raisonneur, on n’ajoute pas de difficultés aux adultes : entre une prof d’Anglais dépressive, une principale adjointe tabassée, des jeunes profs dépassés, qu’on commence à se faire contrôler par la Police plusieurs fois par semaine près du collège ou au centre commercial, on fait en sorte que les parents ne soient pas inquiets. Il mettait sa casquette « correctement », évitait de mettre sa capuche (ou seulement quand on avait le dos tourné), avait sa carte d’identité sur lui en permanence. Si je respectais son désir d’appartenance à un groupe de copains, j’évitais la tenue estampillée « cité » et surtout nous discutions beaucoup, tout le temps. Et il s’est rendu compte par lui-même : les copains qui disparaissent, ceux que tu croises en train de dealer…

Je me suis installée en libéral, son père avait de nouvelles responsabilités. Il arrivait souvent qu’aucun de nous ne soit rentré à 21h. Pas facile de se retrouver seul à la maison avec ses 2 petites soeurs quand maman n’a pas eu le temps de préparer le dîner. Lui qui était déjà très mature pour son âge, a été une véritable épaule et m’a admirablement secondée. Me demandant régulièrement comment çà allait, me permettant de raconter mes journées, m’appelant ou m’envoyant un sms quand je n’étais pas rentrée à 20h pour savoir ce qu’il devait cuisiner. Il gérait… Minette à récupérer à la sortie du collège ou du conservatoire, Miss A à 18h après l’étude ou au conservatoire. Jusqu’à maintenant, il ne se plaint jamais et propose toujours volontiers son aide.

En fin de 3è par principe tout en sachant qu’il y avait peu de chances, il a préparé son dossier pour les grands lycées parisiens. Nous avons aussi voulu forcer le système afin qu’il n’aille pas dans son lycée de secteur. Il s’est retrouvé sans affectation mais a eu son Brevet mention bien sans forcer son talent, malgré toutes nos mises en garde. Un entretien avec le proviseur de mon ancien lycée et un bon dossier scolaire aidant, il a intégré le meilleur lycée de notre commune. Il a gardé sa bande de copains mais à cause de cette inscription de dernière minute, il s’est retrouvé dans une classe de soi disant mixité sociale. Ce sont des élèves issus des quartiers très défavorisés de la ville à qui l’on donne une chance de s’en sortir en évitant le lycée de secteur (celui qui a moins de 60% de réussite au bac alors que l’autre est à 85-90% en fonction des années). Mais au lieu de dispatcher ces élèves dans les 9 classes de seconde, on les regroupe tous dans la même classe et on se plaint ensuite de l’agitation, du niveau de la classe, etc. Si vous avez vu le film Les Héritiers, c’est dans notre ville et dans ce lycée qu’il a été tourné. Et la fameuse classe de seconde dont il est question n’est pas la pire puisqu’elle regroupe des enfants qui suivent l’option histoire de l’art (la plupart sont issus de la classe CHAM).

Bref gros manque de chance, une année de seconde difficile où Boy a été confronté aux préjugés, au racisme de certains profs, où en voulant dénoncer des injustices il s’est fait maltraiter voire insulter. Le bon côté est que ce lycée est le seul de France métropolitaine à bénéficier de l’enseignement du Créole en option au bac. Cela lui a fait du bien de suivre ces 3h de cours chaque semaine, il échangeait fièrement avec ma mère qui leur a toujours parlé créole alors que mon mari et moi ne pratiquons pas. Et surtout, il s’est senti « légitime », moins différent de ses copains dont les parents ne parlent que créole à la maison et en famille. Mon mari étant guyanais moi guadeloupéenne, il ne savait pas trop de quelles origines parler (seuls les ignorants pensent que Guyane et Antilles c’est pareil !). Il a en quelque sorte réussi la synthèse dans sa tête. J’ai oublié de préciser qu’il partait en colonie de vacances depuis l’âge de 5 ans 2 fois par an comme sa soeur aînée et qu’il avait aussi un vrai questionnement théologique, spirituel (actuellement il s’estime toutefois en délicatesse avec Dieu en regard de la situation mondiale…). Il a beaucoup aimé le catéchisme au point d’aller jusqu’à la confirmation, faire des pèlerinages et fréquenter l’aumônerie pour le plaisir.

Si mes souvenirs sont bons, ils n’étaient que 8 à passer en 1ère S. Il a arrêté le handball qu’il a remplacé par l’athlétisme, tout en continuant le basket. Niveau orientation, il a alterné entre pilote de formule 1, pilote de ligne, Polytechnique, neurochirurgien etc. Il avait effectué son stage de 3è avec mon copain kiné, ce qui l’a beaucoup marqué car il s’est vraiment intéressé au boulot, aux connaissances. C’est grâce à son questionnement permanent que nous nous sommes rapprochés, qu’il a mieux compris mon travail d’infirmière. Il profitait de nos dîners entre amis pour poser des questions aux kinés encore et toujours en disant qu’il ne voulait pas l’être car toucher les vieux ce n’était pas son truc ! Il a pensé médecine à notre grande surprise. Nous l’avons mis en garde une fois de plus car il ne travaillait pas vraiment. Vous vous souvenez du petit garçon de 8 ans qui faisaient ses devoirs dans le bus ? Pas beaucoup de changement avec le jeune homme de terminale S. Il a abandonné les tresses, changé de style vestimentaire tout en n’oubliant d’avoir toujours sur lui sa carte d’identité et son pass navigo. Il n’a pas beaucoup révisé pour son bac, a loupé la mention Bien de 0,1 et s’est inscrit en Paces où il a rejoint sa soeur.

Sa motivation n’a pas suffit à le faire réussir. Par contre, il a trouvé un job d’été et un accompagnement scolaire à l’année (il a donné des cours de maths et de sciences physiques le dimanche matin). Il a redoublé, bossé de 8h à 22h 6 jours sur 7 mais l’injustice d’un concours veut qu’avec le même classement une année çà passe, l’année suivante çà casse… Il en a pleuré. Mon coeur de mère s’est brisé, sa soeur aussi en a pleuré. Son 1er et gros échec à ses yeux. Il a refusé que je le console. Une façon bien à lui de se prendre en main et de se promettre qu’il n’échouera plus car çà fait trop mal. Il a quand même eu son permis et son diplôme du conservatoire ! Il a rebondi immédiatement en s’inscrivant en 2è année de licence biologie et santé, a été réembauché pour l’été au Macdo des Champs élysées. Depuis la rentrée, il bosse le week-end chez le suédois tout en poursuivant ses études : lui qui avait adoré nos vacances en Suède en 2008 et rêve d’y retourner depuis. Il doit aussi préparer sa 3è année de licence à l’étranger. Je m’aperçois en les racontant, que mes enfants sont un peu hyperactifs en fait ! Il s’amuse toujours des filles surprises par sa culture générale, sa sportivité et ses talents de musicien (et là vous voyez les parents super fiers !).

Comme je le dis souvent et çà le fait enrager, il était un petit garçon bizarre mais il a su m’apprivoiser. Il restera toujours en suspens et ne sera jamais résolue la question du 2è saut de classe et le fait que nous n’ayons pas chercher à le pousser que ce soit au niveau scolaire, musical ou sportif. Une chose est sûre : il regrette énormément qu’il n’y ait pas une « formule garçon » à la MELH (en dehors des lycées militaires) ! Il aurait bien aimé lui aussi goûter la vie en internat. Mais il est parfaitement conscient que c’est bien d’être le fils unique de la maison.

 

Muriel

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Grande fille 2è partie

Dans ce nouveau collège, bien qu’elle se soit fait voler son lecteur MP3 au bout d’une semaine et qu’il y ait tous les jours des bagarres dans la cour de récré, Grande fille s’est fait de vraies amies (qu’elle voit encore régulièrement 8 ans plus tard). Elle a eu la chance de tomber sur des profs motivés et désireux de tirer leurs élèves vers le haut. Ainsi nous avons été convoqués par la prof de Français (qui tenait à son titre de prof de Lettres !) qui avait fait venir les parents de ses meilleurs élèves, afin de nous parler des grands lycées parisiens, de son ambition pour eux, etc.

En 3è, les profs étaient malheureusement moins ambitieux, plutôt soucieux de faire comprendre aux élèves que le lycée de secteur avec ses 69% de réussite au bac était un « très bon lycée » (ce que la prof de maths de ma fille sa prof principale m’a dit quand je lui ai parlé des fameux dossier pour Louis le Grand et Henri IV). Cette année-là, Grande fille a eu une prof d’Allemand assez sévère et s’est braquée. Du coup, 6 de moyenne toute l’année. La note que l’on remarquait tout de suite sur son bulletin et qui lui a fait louper la mention très bien de 0,1 au Brevet des Collèges. Cela l’a certainement pénalisée aussi pour ces fameux lycées prestigieux. Mais comme dans la procédure d’admission à la MELH il y a un entretien avec la direction, Grande fille a pu expliquer sa note d’Allemand et faire remarquer qu’elle apprenait 3 langues vivantes…

L’internat n’était pas réellement un choix, juste une conséquence de l’admission à la MELH. Grande fille était une fan de Harry Potter, il y avait ce petit fantasme Poudlard… Bien sûr il y avait la crainte de ne pas avoir de copines, sa tendance égoïste à croire que la vie de la famille ne tournait qu’autour d’elle, etc. L’année de 2nde a été difficile les 1ers mois à cause du rythme de vie (certaines journées démarrent à 8h pour se terminer à 21h à cause des options), monter descendre des centaines de marches, traverser le parc au pas de course… En plus, elle rentrait tous les mercredis après-midi pour son cours hebdomadaire de violoncelle au conservatoire (3h de métro aller retour pour 45mn de cours). Elle, qui était un peu ronde au collège, a perdu 7-8 kg en quelques semaines. La plus grande difficulté n’était pas la vie en internat mais son refus de participer aux corvées familiales les week-ends. Elle pensait naïvement que nous passerions à tous ses caprices sous prétexte de sa scolarité particulière. En plus pour la 1ère fois, elle n’était pas en tête de classe et devait travailler. Elle avait aussi plusieurs camarades qui avaient sauté une classe, et une qui avait 2 ans d’avance. A la fin d’année scolaire, avec son passage en 1ère S acté, elle pensait que le plus dur était fait.

En 1ère, elle avait ses marques, des copines, faisait la fierté des profs de musique, était invité comme élève méritante à la Grande Chancellerie. Elle a découvert la salle internet mise à disposition des élèves, financée par l’association des parents d’élèves. Bref elle se sentait en confiance et passait ses heures de permanence et d’étude sur Facebook. Son truc aussi était de nous faire culpabiliser en nous disant qu’on s’était débarrassé d’elle à l’âge de 14 ans… Après des épreuves de fin d’année catastrophiques dans les matières scientifiques, le redoublement a été proposé. Le hic à la MELH est que le redoublement n’est pas autorisé. Etrangement, elle s’est tout de suite prise en main en sollicitant un entretien avec la surintendante générale, a défendu son cas et a obtenu de redoubler dans l’établissement. Tout ceci sans que nous ayons à intervenir, ni à nous déplacer ! La 2è claque est venue des résultats aux épreuves anticipées de Français avec d’excellents notes qui ne servaient à rien. Ce redoublement marquait aussi la « perte » d’un groupe classe ainsi que l’appartenance à une promotion.

Pour nous parents, le redoublement n’était pas un échec mais juste une étape nécessaire sur le long chemin de la maturité affective, une meilleure organisation dans son travail et une gestion efficace de ses capacités. Nous étions pleinement conscients que l’internat nous évitait bien des crises et des conflits car si Grande fille avait fait sa scolarité dans notre lycée de secteur, elle aurait succombé à la télé et aurait passé des heures sur l’ordinateur au lieu de faire ses devoirs, toute occupée à essayer de gérer sa vie sociale.

La 2è année de 1ère et la terminale se sont déroulées sans encombre. Sa nouvelle classe était encore plus sympa que la précédente, elle était de toutes les cérémonies officielles et chaudement félicitées par les prestigieux invités à chaque concert.

Concernant l’après-bac, elle était passé en 2nde de « journaliste scientifique » à « je veux faire de la chimie ». Je lui avais suggéré de tenter pharmacie. Elle a choisi de faire une classe préparatoire scientifique. Sa stratégie a fait peur à certains profs, a même suscité des commentaires de certains parents (on se demande encore !). En tout cas elle a obtenu quasiment tous ses choix à partir du 3è voeu… Un bac mention Bien et beaucoup de larmes d’avoir loupé la mention Très Bien de 0,2 (çà vous rappelle quelque chose ???).

J’ai su que l’année de prépa s’engageait mal quand j’ai vu qu’elle ne s’intéressait pas au programme de révision, me racontait des histoires pour ne pas se mettre au travail avant la rentrée… Et surtout quand elle a commencé à rentrer en racontant qu’elle s’est fait un groupe de potes. Est venu ensuite la sortie en happy hour dans un bar à Bastille ! En novembre, je savais que l’année était foutue quand la nécessité d’une vie sociale, la « découverte » des garçons, la possibilité d’une histoire amoureuse prenait le pas sur les études. En décembre, on a eu droit à la grande scène comme quoi elle ne pouvait pas travailler à la maison, qu’il y avait trop de bruit, qu’en internat c’était plus calme, qu’elle avait besoin d’être seule pour travailler… Nous lui avons alors trouvé une chambre en coloc à 1km de chez nous (500€ de loyer – 300€ pour ses frais) avec l’engagement de bosser pour passer en maths spé. Elle a eu de super amis, a monté avec eux un groupe de rock, a vécu une vie de célibataire et s’est mitonnée des petits plats à coup de magret de canard, d’entrecôte et je devais lui faire des rallonges financières en plus. La belle aventure de la coloc s’est terminée avec les résultats et une réorientation en Paces (1ère année de médecine avec pour objectif de réussir pharmacie). Et elle a regagné l’appartement familial bien sûr ! Elle n’avait pas non plus jugé utile de suivre nos recommandations en matière de recherche d’un job d’été. Oui la pauvre pré ado en classe de 5è était devenue une gosse gâtée douée mais qui ne voyait pas l’utilité de faire des efforts. Ah oui j’ai oublié : elle a aussi loupé son retour au conservatoire car elle avait la prof de violoncelle titulaire… Et ses potes passaient quasiment tous en maths spé, eux.

Elle s’est donc inscrite en médecine l’année suivante, plus pour nous faire plaisir, que dans l’optique de tout donner pour réussir. Vous vous souvenez du bébé qui a attendu que ses camarades marchent avant de marcher à son tour officiellement à la crèche ? Voilà, je sais que ma fille n’a pas un mental de « tueuse » : la compétition, avoir l’impression de jouer sa vie à chaque épreuve n’est pas son truc ! Notre travail pendant ses 2 années (oui car elle s’est obstinée à redoubler médecine) a été de lui faire comprendre qu’elle avait le droit de perdre du temps car ce qu’elle apprenait lui servirait (au moins pour sa culture générale), qu’il fallait qu’elle trouve en elle ce besoin, cette rage de réussir, que si les amis c’est important, on nait seul et on meurt seul. Elle devait apprendre à être autonome d’un point de vue affectif. Ne pas attendre sur ses amis pour aller au cinéma, boire un verre, partir en vacances etc. Le bon côté est que çà l’a rapprochée de ses frère et soeurs. Le coup de boost est venu de son frère qui a vu son rêve de cadet se réaliser : il est devenu aussi « grand » que sa soeur (physiquement il fait 20 cm de plus qu’elle) et l’a rattrapé scolairement !!! Oui j’ai eu 2 enfants en médecine en même temps : ma fille redoublait médecine pendant que mon fils faisait sa 1ère 1ère année !

En gros, il a fallu 3 ans après le bac pour que les choses s’équilibrent enfin, que Grande fille se connaisse, ait conscience de ses point forts et de ses points faibles. 3 ans pour qu’elle apprenne à être moins dépendante des autres et à tracer réellement sa route. Elle est actuellement en 2è année de licence de chimie dans une université qu’elle a choisi pour son excellence, même si cela voulait dire aucune équivalence et se retrouver avec des jeunes bacheliers quand on a déjà plus de 21 ans. Elle a su décrocher un job d’été, et même un job d’étudiante à l’année. Elle s’est investie dans une association à la fac, a son permis, sa petite voiture qu’elle partage avec son frère. Et surtout, elle a plein d’amis !!! Parfois, elle sort son violoncelle mais fait du sport chaque semaine.

 

Muriel

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Grande fille 1ère partie

Depuis pas mal de temps, je me pose la question de faire un petit bilan de nos choix éducatifs. Beaucoup d’entre vous sont arrivés ici à cause de leur questionnement sur la précocité intellectuelle et il me paraît juste de vous en reparler avec le recul de quelques années…

Grande fille, notre aînée, est née en mars 1994. Elle a donc 22 ans 1/2.

C’était une petite crevette de 2,5 kg à la naissance. Mais un bébé vif, tonique comme disait la pédiatre qui nous parlait de précocité alors qu’elle n’avait pas 1 an. Elle est rentrée à la crèche à l’âge de 6 mois. Je me souviendrais toujours qu’elle rampait à peine au début de la semaine d’adaptation et le vendredi elle se déplaçait en se tenant aux meubles.

J’ai su rapidement qu’elle n’avait pas une mentalité de 1ère de la classe car elle a attendu que les 2 grands de sa section (nés en janvier) marchent pour marcher à son tour alors qu’elle marchait depuis 2 mois à la maison. Bien entendu l’auxiliaire puer ne nous croyait pas et nous répondait avec un petit sourire en coin. Elle allait aux bébés nageurs le samedi matin et faisait la joie des maître-nageurs qui adoraient sa petite bouille et son dynamisme.

L’entrée en maternelle s’est faite à l’âge de 2 ans 1/2. Elle terminait tranquillement son apprentissage de la lecture : Maman comment çà se prononce t-i-o-n ? Ma mère, ancienne instit, nous parlait déjà de saut de classe. Pour nous, si les instits ne disaient rien, c’est qu’il n’y avait rien à dire… Le problème était essentiellement son manque de confiance en soi, une hypersensibilité face aux méchancetés de certains camarades : « T’es noire t’es moche ». Jusqu’au fameux jour où elle m’a dit, alors que je regardais une redif de Cosby show : « j’aime pas être noire »… Je parlerai de ce sujet une autre fois.

Alors qu’elle lisait Roméo et Juliette à l’âge de 5 ans, l’équipe pédagogique a refusé le passage en CP après 3 années de maternelle, à cause de sa fragilité émotionnelle (elle pleurait « facilement »). Mais l’instit de Grande section a jugé elle que les textes devaient s’appliquer à notre fille puisqu’elle maîtrisait parfaitement les connaissances du cycle. Donc il a été décidé un saut de CP. Ok pas de quoi fouetter un chat pour une enfant née en mars !

L’année de CE1 a été cauchemardesque car notre fille a été humiliée par une instit qui estimait que le saut de CP était inadmissible et ne « croyait » pas à la précocité. Je me souviens encore que nous avons dû trouver en catastrophe une psychologue pour faire des tests de QI et qu’en revenant avec les résultats et les recommandations (QI dans la marge précocité avec une mention sur le fait que les résultats étaient certainement inférieurs à ce qu’ils auraient dû être à cause du manque de confiance en soi et l’attitude de l’instit en classe), l’instit et le directeur d’école nous ont ri au nez en nous demandant combien on avait payé pour avoir ces résultats… Le problème est que notre fille était largement au-dessus des autres d’un point de vue scolaire puisque maîtrisant ses tables de multiplications et déjà aux divisions aux vacances de la Toussaint en CE1. Donc scolairement parlant, rien à dire. Juste ce manque de maturité affective…

Le bilan nous a permis de comprendre le fonctionnement de sa pensée, le type de mémoire qu’elle favorisait, bref de mieux la cerner et répondre à ses demandes. La psychologue nous a très bien aiguillé en insistant sur les autres types d’intelligence et la favorisation de l’épanouissement qui passait par des activités extra-scolaires, afin de se découvrir d’autres talents et d’équilibrer sa personnalité.

Ce sont les années conservatoire avec l’apprentissage du violoncelle, du piano, de la guitare, de la danse classique, de la natation, des cours de chinois et d’anglais… On a refusé l’équitation et pleins d’autres choses ! Elle avait un emploi du temps de ministre pour répondre à ses demandes, qu’elle nous sollicite un peu moins et se sente valorisée ailleurs afin de gagner en confiance en soi. Elle a aussi commencé à partir en colonie de vacances dès l’âge de 5 ans 2 fois par an.

Une super année de CE2 avec une instit qui n’hésitait pas à la solliciter, à lui donner du travail supplémentaire et à la valoriser avec des exposés, des concours de lecture, etc. Pour mieux gérer l’avance scolaire, nous l’avons fait entrer en CHAM classe à horaire aménagé musique. Expérience peu concluante car l’instit de CM1 vouait une haine féroce aux parents et enfants de ces classes (nous n’étions qu’une bande de beaufs croyant leurs enfants au-dessus des autres !). On a dû aussi affronter la prof de solfège du conservatoire parce que la prof de violoncelle demandait un saut de classe de solfège…

Le violoncelle, çà a été THE truc : Grande fille a trouvé une 2nde maman (je ne suis pas jalouse !) en sa prof Thérèse. C’était une relation forte qui a duré 13 ans. Thérèse l’a encadrée, bichonnée, chouchoutée tout en la faisant avancer à son rythme donc n’hésitant jamais à lui donner des morceaux plus difficiles. Le problème est qu’elle était prof assistante et que les élèves doués devaient être encadrés par la prof titulaire. Mais le courant n’est jamais passé entre ma fille et elle. La prof était géniale mais avec un profil plus strict donc moins chaleureux. Clairement cela a été un échec à chaque fois (2 années sur les 13) à cause en grande partie de la dépendance affective de ma fille et sa propension à n’envisager les autres que dans un rôle de miroir.

En tant que parent, je me suis attachée à l’observer dans ses différentes activités, avec ses camarades, ses frères et soeurs. Mes enfants ne sont pas moi et mon rôle est de les aider à mieux se connaître, s’épanouir et tirer le meilleur d’eux-même. Si nous avions une petite fille jolie, vive, intelligente, il ne s’agissait pas pour nous d’être béat d’admiration. Nous avions des principes d’éducation auxquels nous n’avons pas dérogé, sous prétexte de précocité intellectuelle. Je n’ai pas passé mon temps à me justifier auprès de ma fille sur l’heure du coucher, des règles de vie en famille, de l’utilité des devoirs ou du travail de l’instrument, etc. Idem en famille ou avec les amis, nous répondions aux questions, donnions des adresses mais nous n’avons jamais définis nos enfants par leur QI. J’ai évité de donner au maximum le fameux chiffre et nos enfants n’ont eu les résultats de leurs tests lors de leur 18è anniversaire avec l’ensemble des papiers les concernant. Je répète : les tests sont un portrait de l’enfant et un outil de « coaching » pour les parents. Cela ne fait pas de nous des parents « éleveurs de champions » ! La réussite de nos enfants n’est pas la nôtre : c’est la leur !!! Je crois qu’avant tout, j’ai confiance en eux, en leurs capacités. Même face à des enseignants méprisants, moqueurs, nous avons fait face à 2, toujours. Et nous n’avons pas hésité à lâcher du lest sur nos exigences scolaires, si nous sentions qu’il y avait quelque chose qui se jouait ailleurs, une étape à franchir. Car si le saut de classe permet de nourrir l’enfant intellectuellement et à lui apprendre le sens de l’effort, il faut savoir à certains moments accepter un redoublement ou un échec qui permettra à l’enfant de rattraper son « retard » affectif et équilibrer sa personnalité afin de mieux repartir…

Pour répondre à sa demande et dans un souci de réussite scolaire, nous avons mis notre fille dans un collège privé dans la ville d’à côté car c’était un des rares établissement à proposer des classes bi-langues dès la 6è (anglais-allemand). Elle y a retrouvé des camarades de primaire et du conservatoire. Scolairement toujours aucun problème, socialement oui. L’éternel demande d’ami(e)s, ce repli sur soi et des complexes physiques. Nous devions quasiment la passer au karcher le matin tellement elle se maquillait !!! Un comble pour une mère qui ne se maquille pas. Tout son argent de poche y passait. A la fin de l’année scolaire, j’avais un tiroir plein de maquillage confisqué ! Et elle avait peu ou pas d’ami(e)s, servant un peu de 5è roue du carrosse (utile pour avoir des bonnes notes aux contrôles). En 5è, çà a été un problème avec le montant d’argent de poche. Etant des parents présents, nous n’achetions pas l’affection de notre enfant avec de l’argent, ni des vêtements de marque ou autre… Et comme elle voulait fréquenter les élèves populaires, financièrement elle ne pouvait pas suivre et se pensait la risée de ses camarades. La collection d’euros de mon mari y est passée à son insu. Elle pleurait pour un rien et n’arrivait pas à verbaliser son mal être. Nous avons préféré la changer d’établissement et sommes allés au plus près en la mettant dans le collège de secteur. Avec le temps, les parents grandissent et mûrissent aussi. Notre certitude est qu’un bon élève reste un bon élève quel que soit l’établissement. Ce qui fait la différence, c’est la présence et l’attention des parents. Elle était donc dans un collège de secteur classé ZEP et nous avons négocié un parcours « spécial » avec la direction qui lui a permis de garder Anglais et Allemand en LV1 et de débuter l’Espagnol en LV2, tout en faisant du latin. Je me souviendrais toujours de sa réflexion à la fin de la 1ère semaine de cours : « ici je suis dans mon milieu naturel ! »

Je continuerai sur la fin des années collège, le lycée et les 1ères années post-bac demain.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser ! J’y répondrai dans un post séparé.

 

 

Muriel

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