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Etre femme, devenir dame…

Il est très à la mode de demander aux gens quels sont leurs modèles, surtout en matière de féminité et de féminisme.

Je suis née en 1970, forcément ma mère est mon 1er modèle celui avec lequel je me suis construite et contre lequel je me suis construite aussi. Grâce à elle, j’ai su qu’il me faudrait travailler à la fois pour moi et pour mes enfants, que comme elle je serai forte, je saurai faire face à l’adversité, toujours garder la tête haute. Grâce à elle, j’ai toujours eu conscience de ma beauté à moi et de ma valeur. Même si parfois entre ses mains, je me suis sentie un peu poupée, déguisée selon son bon vouloir. Il a fallu aussi faire avec ses représentations et ses interdits (pas de noir on n’est pas en deuil !).

Il y a 2 choses qui m’ont toujours posé problème : les mains et la bouche. J’ai longtemps rongé mes ongles, jusqu’à la trentaine passée. Ma bouche, celle de mon père devrai-je dire, me complexait un peu aussi. Cette bouche un peu marque de fabrique qui renvoyait au mari absent, trompeur, au divorce, au malheur d’une vie…

Dans mes représentations féminines, être une femme, c’est plutôt être une dame. Avoir des mains manucurées avec un joli vernis brillant et porter du rouge à lèvre. Oui car sous mes dessous de femme libérée, j’aurai aimé être une de ses femmes des années 50-60 surtout en matière de mode. Et forcément la femme parfaite mes yeux a l’allure d’une héroïne de Mad Men ou d’un film d’Hitchcock.

Etre blogueuse m’a permis d’apprivoiser mon image avec le temps. Etre à l’aise avec mon corps, faire du sport, continuer à être gourmande, prendre soin de moi, instaurer des rituels. Il y a eu le vernis transparent puis légèrement rosé. Le baume à lèvre protecteur puis le gloss basique. L’année de mes 40 ans, lors de notre fameux séjour à New-York en famille, j’ai voulu vivre un cliché en me faisant faire une mani-pédi dans un salon à côté de notre hôtel. De retour en France, la mode des nails bars a commencé mais c’était en core trop cher. Heureusement que les blogueuses se font chouchouter lors de certains events !

Il suffisait d’être patiente : j’ai trouvé la pose de vernis à moins de 10 euros et maintenant la manucure flash 15mn = 15 euros. Je ne vais pas vous faire l’historique des rouges à lèvre entre les mattes, les sans transfert, longue tenue, les laques etc. J’ai acheté plusieurs rouges à lèvre que je mettais rarement puis mon 1er vrai rouge est arrivé. Je l’ai longtemps gardé comme un trophée caché au fond de la pochette dans mon sac à main avec un tas de petites choses très personnelles comme un chapelet, mon stylo préféré, des lentilles contacts de rechange, etc.

J’exerce un métier où pour des questions d’hygiène, on est censé avoir les ongles courts et propres, ne pas être trop maquillée. Au fil des années, j’ai enlevé mes bagues, puis mes médailles de baptême que je portais autour du cou pour des raisons de service public et de laïcité… J’ai réalisé que j’avais gommé au travail toute une partie de moi et c’est sans doute pour cela aussi en partie que je me suis coupée les cheveux et que j’ai arrêté les teintures. Finalement la seule part d’expression personnelle qui me restait ! Parallèlement j’avais du mal à reprendre tous ces attributs de ma féminité lorsque j’étais en repos.

Depuis un peu plus d’un an, je deviens cette dame que j’ai toujours rêvé être : celle qui met des jupes et des robes quand çà lui chante, du rouge à lèvre et du mascara à 8h du matin (ou dans l’ascenseur), celle qui se fait faire des mani-pédi le week-end ! Je mets à nouveau des bijoux avec parcimonie, juste une pointe de féminité ou pour donner un peu de punch à une tenue. J’adore les années 50 mais je suis quand même un peu plus évoluée concernant les codes de la société.

Cela peut paraître futile, superficiel mais c’est un véritable accomplissement que je vis grâce à ces 2 produits que sont le vernis à ongle et le rouge à lèvre. Ils viennent compléter et parfaire ma panoplie. J’ai toujours su que j’étais une femme, noire qui plus est. Maintenant je suis aussi une Dame. Et s’il m’a fallu un certain temps pour atteindre ce statut dans ma tête, j’ai l’impression qu’il enlève autre chose : mon âge. Car pour moi, une dame n’a pas d’âge !

 

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Muriel

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Avec eux encore un peu…

Parfois, ce sont les autres qui remarquent le changement. Ma coupe de cheveux (qui commence à dater), mon allure (comme ils disent), mes silences… Je crois que c’est surtout le silence qui les déroute et peut être un regard moins brillant ou tout simplement mes 1ères rides au coin des yeux.

Je parle moins à tord et à travers (quoique), je me méfie, j’essaie de parer les coups au maximum ne sachant jamais d’où ils peuvent provenir. D’un autre côté, je vis, je m’amuse tellement, je fais de belles rencontres, je me remplis les yeux et le coeur.

Constater que des personnes me sont sincèrement attachées, redécouvrir le plaisir de lire, de tourner fébrilement les pages, d’avoir le coeur qui bat la chamade en anticipant la suite… Partager des moments uniques avec chacun de mes enfants, vivre des trucs juste à 2 : mon fils et moi, une de mes filles et moi, 2 des enfants et moi… Je reviens à ces fondamentaux-là car je les vois grandir avec joie mais je réalise aussi que le moment où ils quitteront le nid se rapproche…

Ils m’ont déjà tant donné d’amour, de joie, d’éclats de rire, de soucis, de colère et pourtant ils trouvent le moyen de me surprendre encore, de me remplir le coeur et je me dis sans cesse que « j’ai trop de chance de les avoir ! »

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Muriel

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Sur mes listes…

2 idées pour le week-end, même si je pense que vous profiterez du soleil radieux…

 

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4è de couverture : On n’a ni projet ni même le projet d’en avoir. Le plus gros engagement qu’on ait pris ensemble, c’était de se dire qu’on s’appellerait en fin de semaine. C’était quand même un mardi. On s’aime surtout à l’horizontale, et dans le noir, c’est le seul moment où on n’a plus peur de se faire peur, où on ose mélanger nos souffles sans redouter que l’autre se dise que ça va peut-être un peu vite. C’est beaucoup plus que sexuel, c’est beaucoup moins qu’amoureux. C’est nos culs entre deux chaises, c’est suffisant pour faire semblant de faire des bébés, pas pour en avoir.

Un livre découvert par hasard au gré de mes pérégrinations sur le net, téléchargé sur mon ipad que j’ai dévoré en 2 jours. Une histoire banale, un accident de capote et une grossesse… Un tout petit rien, le choix d’une vie, un avant, un après. Un livre simple, clair, plein de vie, facile à lire. Il m’a parlé, j’ai souri, j’ai été émue, j’étais accrochée aux pages en me disant que tout irait bien. Une histoire de grossesse qui pourrait être celle de milliers, de millions de femmes, qui nous interpelle à l’heure des manifestations pro et anti-IVG d’il y a quelques semaines… Mais c’est aussi l’histoire d’une jeune femme face au secret, à une histoire familiale, une histoire d’estime de soi et d’amitiés. C’est l’histoire d’une jeune femme qui grandit pour devenir mère… Un beau livre à lire que je vous recommande !

Camille, l’auteure, est aussi une blogueuse à lire ICI

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Synopsis : La nuit du 24 au 25 août 1944. Le sort de Paris est entre les mains du général von Choltitz, gouverneur du Grand Paris, qui se prépare, sur ordre d’Hitler, à faire sauter la capitale. Issu d’une longue lignée de militaires prussiens, le général n’a jamais eu d’hésitation quand il fallait obéir aux ordres. C’est tout cela qui préoccupe le consul suédois Nordling lorsqu’il gravit l’escalier secret qui le conduit à la suite du général à l’hôtel Meurice. Les ponts sur la Seine et les principaux monuments de Paris, Le Louvre, Notre-Dame, la Tour Eiffel … – sont minés et prêts à exploser. Utilisant toutes les armes de la diplomatie, le consul va essayer de convaincre le général de ne pas exécuter l’ordre de destruction. 

Autant vous le dire, je n’ai pas vu le film mais la pièce au théâtre de la Madeleine il y a presque 3 ans et c’était fabuleux ! On découvre un aspect méconnu de l’histoire de la libération de Paris, magistralement interprété par Niels Arestrup et André Dussolier. Alors qu’on connait le dénouement, on est tenu en haleine par ce face à face au suspens haletant. Une excellent pièce qui donne un très bon film j’en suis sûre car repris par les 2 acteurs principaux.

A voir absolument avec les enfants !

Muriel

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Tu seras une femme ma fille…

En vieillissant, je deviens « une fille ». Ou alors se sont encore des séquelles de ma crise de la quarantaine ou tout simplement les prémices de la peur de mourir…
Bref avec l’âge, je m’accepte en photos, je prends même plaisir à me photographier (je crois que c’est après avoir réalisé que j’étais sur peu de photos familiales). Mes placards se remplissent de produits de beauté (ou de mocheté selon le point de vue) et comme toutes les filles, je vis une histoire d’amour et de mode avec les vernis à ongles.
Je me crée des routines beauté avec mes produits favoris en fonction des saisons et j’ai ma boîte à ongles ! Une boîte toute simple achetée 5€ au supermarché avec mes petits outils pour bichonner mains et pieds.
Avant (quand j’étais jeune), je pensais que seules les femmes avec de belles mains pouvaient mettre du vernis. Ok, c’est très réducteur mais avec mes mains d’ado aux ongles rongés, je pensais que ce n’était pas pour moi ! J’enviais donc toutes les femmes aux belles mains et celles qui avaient le courage d’en mettre même avec des mains moches… J’ai donc attendu longtemps, longtemps, longtemps à la fois de ne plus me ronger les ongles (sauf accident) et de passer outre mes complexes pour réaliser que le vernis peut embellir des mains très banales aux ongles imparfaits. En gros, il m’a fallu 20 ans ou presque…
Aujourd’hui, je m’autorise quelques couleurs audacieuses pendant les vacances et je n’hésite pas à m’offrir une manucure ou 2 par an.
Le vernis à ongles me permet de m’assumer en tant que femme, épouse et mère, de me dire que j’ai grandi alors que mes filles en mettent pour jouer à la maison dès l’âge de 4-5 ans !

Muriel

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Parfois…

Parfois, on fait des promesses qu’on a du mal à tenir…
On propose, puis vient le jour J et pas envie. Pas envie de voir, de parler, on se sait pas comment se « dépatouiller ».

Parfois, on est aimable juste parce que ce n’est pas bien d’être méchant gratuitement. Alors on sourit, on hoche la tête, on répond quelques mots. Alors l’autre se méprend, croit à une amitié ou un amour naissant… Juste parce qu’on a été « gentil » une fois, 2 fois, 3 fois. Vient le jour où vous n’avez pas envie, pas envie de rencontrer cette personne à ce moment, pas envie de lui sourire, de lui parler mais pas envie non plus de l’envoyer balader, de la blesser. Cela s’apparente-t-il à de la lâcheté ? Je ne sais pas.

Parfois, on se force à faire les choses, à parler aux autres et ce sont de bonnes surprises, de belles rencontres, de bons moments.

Parfois, on garde de la colère au fond de soi. On rumine toute la journée, on fait, refait, défait la scène, la dispute. D’un coup la colère tombe et on se dit à quoi bon.

Parfois, on mesure le chemin parcouru. On s’aperçoit qu’on a changé, que les petits tracas, les coups de sang, les raleries ne sont plus les mêmes. On n’a plus peur d’aller au contact, d’affronter le ressentiment, la colère. On ose ne pas donner suite à des conversations, à des personnes. Les larmes, la peine ne viennent plus aussi facilement qu’avant.

Parfois, on ose dire sa colère à voix basse sans élever la voix et pourtant on se sent vibrer tout au fond…

Parfois, on n’a plus peur du silence, ni de soi, ni des autres.

Muriel

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