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Je ne suis pas une boîte à like…

En regardant un peu mon compte Instagram dernièrement, j’ai réalisé que je suis une « voyeuse ». Pas au sens habituel du terme, je ne navigue pas en sous-marin, ni ne joue les trolls mais j’aime les comptes qui me font voir : des paysages, des intérieurs, des produits. Ce que j’aime c’est regarder, qu’on me prenne par la main et qu’on m’emmène. Un peu comme Wendy avec Peter Pan. C’est comme cela que j’ai toujours envisagé et utilisé les réseaux sociaux : une ouverture au monde, un moyen de s’enrichir intellectuellement, d’aller virtuellement dans des endroits… C’est pourquoi j’ai du mal avec les comptent IG des gens qui vivent des vies « extra ordinaires », vont dans des endroits de rêve, font des trucs de dingues et ne nous montrent quasiment rien, à part eux.

Mon Instagram, ce n’est pas moi Muriel qui porte un jean h&m, une chemise Ralph Lauren, un gilet Agnès b et qui prend le thé au Plaza Athénée, c’est moi Muriel, voyez ce que je vois, partagez ce moment avec moi. Je crois ou j’espère agir comme un livre ou un magazine, être les yeux de ceux qui me font le plaisir de me suivre, de regarder mes photos. Le monde est tellement beau, la vie est si belle que je n’ai pas besoin d’être sur toutes les photos. Parfois je montre ma trombine hein.

Il ne s’agit pas de critiquer ceux qui font un choix différent, juste d’expliquer mon point de vue. Mon compte IG n’est pas ma vitrine, je ne suis pas un produit. Pourtant un des aspects de ma vie est d’être blogueuse donc finalement je me vends quand même un peu, ou plutôt je vends ou je donne à voir un peu mon style de vie.

Avec le temps, ça me gène ces mises en scène de soi car dans les moments de crise, les mêmes qui passent leur temps à se valoriser, à faire croire qu’ils mènent une vie de rêve en permanence avec leurs photos bien choisies, calibrées, retouchées, hurlent ou crachent à la figure de leurs followers en les invectivant, en refusant d’être jugé, rangé dans une case. Ils oublient que ce sont des personnes qui les suivent et pas juste des « doigts à like ».

Ils ne réalisent que tardivement qu’ils sont prisonniers d’une image, celle qu’ils ont fabriqué eux-même car ils vendent quelque chose : leur image et que les gens les réduisent à ça. Il y a quelques semaines, une influenceuse que je suis se lamentait de ne pas comprendre pourquoi elle avait plus de 15000 vues sur ses stories et à peine 3000 likes sur ses photos. Je lui ai répondu que je ne like pas automatiquement les photos car je ne les aime pas toutes. En gros : tes followers ont un cerveau et ne sont pas que des moutons juste là pour te dire toute la journée que t’es belle ! Et j’ai ajouté quelques lignes sur les marques, les contrats, le taux d’engagement tout çà tout çà. En gros, on est juste là pour liker ses photos et elle derrière, çà lui permet de se vendre et de vendre sa communauté comme des clients potentiels… On « doit t’aimer » mais ce que tu aimes, c’est l’argent qu’on te fait gagner : ok ! Pour celles/ceux qui ne le savaient pas, maintenant vous savez.

Mes photos sur IG ne sont pas ma vie, juste des instantanés. Du coup, il est comme moi désordonné, pas harmonieux, avec des photos râtées, mal cadrées, pas retouchées, parfois sans objet particulier, en noir et blanc ou en couleur. Je suis la « connasse » ou l’idiote qui est restée aux fondamentaux et ça me va comme ça.

En clair, je pourrais paraphraser Patrick Mc Goohan le héros de la série Le Prisonnier qui disait :  Je ne suis pas un numéro, JE SUIS UN HOMME LIBRE !

Je ne suis pas une boîte à like, je suis une femme libre !!! 😉

L’article de Madame Figaro sur les Influenceurs et les marques de luxe : ICI

 

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Muriel

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Zumba eh, zumba ah…

Parfois, j’ai l’impression de sortir d’un long sommeil… Vous savez un de ses rêves ou cauchemars où chaque jour se ressemble, où vous ne faites que faire

et refaire les mêmes gestes. Depuis quelques mois, je sors de moi-même, de ce nombrilisme, bien que recommencer à tenir ce blog est une autre forme de nombrilisme mais cela comporte aussi une mise à distance et un peu de critique.

Donc tous les jeudis depuis les vacances de la Toussaint de 19h à 20h, je vais « secouer ma graisse », comme diraient volontiers les enfants, au cours de Zumba. Je me retrouve au milieu d’autres femmes plus jeunes (il y a quelques ados) ou plus âgées. Certaines sont copines, d’autres collègues. Il y en a qui sont seules comme moi. Toutes réunies dans un même effort, face à des miroirs immenses et peu flatteurs. Bizarrement, les ados sont tout au fond de la salle, fuyant ces fameux miroirs. Pour ma part, comme à l’école, j’aime bien voir et donc être devant. J’ai de grands pieds, de grosses fesses molles, de gros bras mais ce n’est pas grave ! A 42 ans après 4 grossesses, je ne suis pas si mal foutue ! Mon plus gros souci n’est pas mon apparence il est plutôt de l’ordre de la coordination : regarder le ou la prof, bouger le bon pied, les 2 pieds et les bras en même temps me donne l’impression de faire des maths parfois. Ah le plaisir de faire les bons pas, de suivre le rythme de la musique et de commencer à se sentir à l’aise et paf, se tromper, essayer de se rattraper…

Tit’puce est la plus curieuse de cette heure où je fais quelque chose juste pour moi alors la semaine dernière, elle m’a accompagnée. Elle en a profité pour me filmer (non je ne mettrai pas la vidéo sur le blog !) et j’ai bien ri. Me voir si raide, pas coordonnée mais voir aussi le plaisir sur mon visage, mes grimaces ou mes soupirs, sursauter en ayant l’impression de voir ma mère dans le miroir en faisant certains gestes.

C’est ce qu’il me fallait alors j’en fais un petit rituel : mon sac de sport, ma serviette, ma bouteille de thé, ma tenue chaude et confortable pour y aller. J’ai eu des courbatures, j’ai redécouvert mes fessiers et pourtant, je ne parle à personne juste « bonsoir et au revoir ». J’ai toujours besoin d’une certaine forme de silence et de repli quand je ne travaille pas. Seule au mileu des autres tout en sortant de moi-même !

Muriel

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