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Sans sens…

Aujourd’hui, j’ai eu envie de baisser les bras.

Je me suis déplacée à 7h30 pour une prise de sang à domicile, on ne m’a pas ouvert. Le rendez vous était pris depuis 15 jours. La patiente marche, va faire ses courses… Elle n’aime juste pas se lever tôt pour aller au labo. Et ce matin, elle a décidé de dormir, m’a rappelée à 10h30 en me demandant de passer à 11h.

Une patiente diabétique avait une glycémie supérieure à 3 grammes a jeun. Un coup l’excuse, c’est le pain, les pâtes, les fruits etc. A chaque fois, elle promet de se reprendre en main… 3 ans que je la suis et elle s’enfonce.

Un patient de 94 ans a décidé qu’il n’avait pas besoin d’infirmière : il ouvre quand on sonne à l’interphone et me traite ensuite comme une marchande de tapis ou un témoin de jehovah en me claquant la porte au nez.

Une autre patiente diabétique qui « ne mange rien » se faisait frire des courgettes à mon arrivée ce soir. Quand je lui ferai de l’insuline demain matin parce que sa glycémie sera trop élevée, elle va s’énerver et crier ses grands dieux qu’elle ne mangera plus rien. L’autre jour, il y avait une assiette pleine de pâtes à la crème dans son frigo.

Et celui qui m’appelle à 20h pour que je passe alors que je refais son pansement tous les 2 jours mais il a oublié alors comme il sort de la douche, il veut que je passe maintenant.

Ou l’autre qui appuie allègrement  ses 110kg sur mon épaule tous les matins…

Et celle qui refuse de se mettre dans son fauteuil roulant pour un shampooing au lavabo.

Aujourd’hui, j’ai eu envie de tout arrêter, de déposer les armes et mon sourire, de les envoyer ch…

Mais aujourd’hui j’ai aidé Y….. à prendre sa douche. Elle m’accueille toujours avec le sourire malgré toutes ses douleurs, m’offre un café ou un grand verre d’eau, achète des gâteaux juste pour moi. Nous nous asseyons l’une en face de l’autre et nous discutons, nous rions. Puis je pars après lui avoir fait une grosse bise sur chaque joue.

Et j’ai croisé Mme P…. la mère de ma voisine avec qui je discute bonne bouffe et opéras à chaque prise de sang.

J’ai 4 enfants, je répète les mêmes choses depuis 20 ans ou presque. Je vois une vingtaine de patients par jour et je répète les mêmes choses ou presque.

J’aimerai que ma vie, mes actions aient un sens mais aujourd’hui, je n’en ai pas trouvé.

 

Muriel

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Cessez de me supplier !

Quand un patient m’appelle à 18h en me suppliant de passer à 19h un samedi soir parce qu’il craint une infection de sa plaie en précisant qu’il y a 4 jours que le pansement aurait dû être fait…

Quand je débute ma tournée 1h plus tôt le matin pour rendre service à une famille et que je la termine 1h plus tard le soir toujours pour rendre service à cette même famille…

Quand on m’envoie un sms au moment où j’arrive pour me dire qu’on sera là une heure plus tard et qu’on me supplie de passer après 20h parce qu’on a traîné en famille avec ses amis…

Quand une épouse me supplie de ne pas faire mal à son mari en lui mettant ses bandes de contention parce qu’il a passé une mauvaise nuit… Comme si je le maltraite alors que je souffre tous les jours parce que monsieur ne fait aucun effort serait ce pour plier un peu le genou du haut de ses 120kg !

Quand une ancienne patiente me supplie de passer voir son mari un dimanche à 14h30, sorti de l’hôpital contre avis médical car monsieur ne voulait pas attendre une place en soins de suite alors qu’ils auraient pu appeler SOS médecins ou le Samu. Et que je trouve monsieur tranquillement à table jambes croisées, visiblement plus en forme que moi qui vient de monter ses 4 étages sans ascenseur en courant…

Quand une maman me supplie de passer le soir parce que çà l’arrange pour vérifier la verrue sur le pied de son fils…

Quand le collègue qui a choisi les dates auxquelles il accepte de me remplacer me supplie de faire tout ce que je peux pour travailler un jour de plus alors que je n’ai eu que 2 jours de repos en 22 jours et que c’est lui qui veut changer…

Ras le bol de cette nouvelle habitude qu’ont les gens de vous « supplier » (ils emploient le mot) alors que ce qu’ils veulent c’est juste que vous les arrangiez, que vous passiez à leurs caprices ! En demandant simplement ils peuvent obtenir une réponse négative, alors qu’en suppliant ils pensent vous mettre une pression supplémentaire et que vous n’oserez pas dire non.

Dans ma culture et mon éducation, j’ai appris qu’on « adore » et qu’on prie ou supplie Dieu uniquement. On supplie quand il y a un enjeu vital. Aujourd’hui, on prie, on supplie pour une ristourne dans un magasin, pour une place au restaurant, pour obtenir un avantage par rapport à son voisin. Etrangement, on est sourd à la souffrance réelle (aucun de mes patients cancéreux ne me supplie), à la misère, aux drames…

Je ne supplie pas ! Jamais !!! Je demande. C’est oui ou c’est non. Point. Si c’est oui, tant mieux. Si c’est non tant pis, je cherche une autre solution. Je supplierai si on veut m’ôter la vie, oui.

supplier, verbe transitif
Sens 1 Prier avec soumission, demander instamment. Synonyme solliciter 
Sens 2 Implorer, prier de façon oppressante. Synonyme implorer 

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La prochaine fois, je vous parlerai des patients qui pleurnichent tous les jours, se font prescrire des nouveaux traitements tous les mois qu’ils arrêtent systématiquement au bout de 48 à 72h.

Muriel

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Ici et maintenant…

Etre dans l’instant présent : ici et maintenant.

Chacune de mes journées est unique, par son nombre de patients qui n’est jamais le même, par le déroulement des soins, par la possibilité ou non d’être remplacée.

Je compte mes jours de repos à l’unité, je croise les doigts contre les défections de dernière minute…

J’ai du boulot et c’est déjà une chance par les temps qui courent !

Les jours défilent, les différentes échéances des enfants se passent ou sont passées, avec et sans moi. Les enfants et Petit mari sont de véritables soutiens en essayant d’être d’humeur égale, en évitant de me faire répéter 36 fois les mêmes choses, en se mettant en colère parfois à ma place, en posant la main sur mon épaule ou en me caressant le dos.

Alors on avance, doucement mais surement. Nos soirées sont riches d’éclats de rire, de dérision, de petites piques, de discussions à propos des envies de chacun, de leurs rêves d’ados. Je crois que çà faisait très longtemps que nous ne nous étions pas sentis aussi bien en famille. Nous profitons à fond des soirées car je mets un point d’honneur maintenant à être rentrée pour 20h au plus tard. Je deviens réellement psycho rigide sur ma qualité de vie.

J’ai du me passer de yoga pendant 4 semaines et j’ai ressenti le manque physiquement. La conclusion est simple : mon corps et mon esprit en ont besoin ! Alors j’écoute, je m’écoute, je m’entends. Je mets des mots sur mes vieilles douleurs, sur des tensions nouvelles, sur la fatigue mais je repère aussi mieux ce qui me réussit : une minute de respiration profonde, une sieste, m’étirer, bailler, faire une pause petit déjeuner quand j’ai 20mn devant moi.

Pour l’instant, je bricole mon organisation estivale et je sais à peu près où je vais jusqu’au 4 août. Au-delà, c’est le flou : j’aviserai en rentrant de mes 14 jours de vacances.

Une sombre histoire de dossiers perdus a failli coûter à Boy et ses 2 petites soeurs leurs colos d’août. Notre fils qui avait droit à un « grand voyage » pour sa dernière colo pensait partir aux USA ou en Thaïlande (comme sa soeur qui était partie 3 semaines dans l’Ouest américain) ; ce sera les Açores (il restait de la place). Minette qui rêvait d’Italie ou de Grèce ne partira pas. Seule Miss A eu de la chance : la colo qu’elle visait n’était pas complète ! Heureusement que nous avions envoyé les dossiers le 10 février mais avec les réorganisations de comité d’entreprise, ils ont atterri dans la poubelle d’une personne bien intentionnée, à qui cela coûtait beaucoup visiblement de les mettre en courrier interne à destination du nouveau bon service…

Grande fille redouble sa Paces (1ère année de médecine), Boy attend avec impatience les résultats du bac, Minette les résultats du brevet et Miss A attend juste la fin de l’école puisque c’est la seule à devoir encore y aller pour quelques jours.

Le 4 juillet, nous fêterons la fin d’une époque : nous n’aurons plus d’enfant à l’école primaire !!! A la rentrée, nous aurons une collégienne, une lycéenne et 2 étudiants. Cela fait quand même tout drôle quand j’y pense !

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Muriel

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Parfois, c’est douloureux d’être soi…

Je cours, je cours, je cours… comme le lapin de Alice au pays des merveilles. Je zig, je zag entre toutes mes obligations d’infirmière, de mère et de blogueuse et au final tout le monde râle ! Être soi est à la fois une question de douleur et de survie.

Je reporte sans cesse les dîners entre copines parce que c’est la pire période de l’année, la pire année de ma vie de mère et que je n’ai pas envie de parler de :

– Grande fille qui va redoubler son année de médecine, à qui on ne peut rien dire sans que çà ne se termine en cris et en larmes, de ses démarches pour trouver un job d’été qui ne démarrent jamais, de sa vie de panier percé et qui veut me faire croire qu’un jour elle touchera à nouveau son violoncelle (je ne pensais que çà me manquerait autant de ne plus tendre cet instrument)

– Boy qui se plaint des cours de sciences physiques que sa prof a ajouté le samedi matin jusqu’à mi-juin pour peut être terminer le programme (apparemment elle fait le coup chaque année depuis 20 ans), du prof de philo absent depuis 2 mois et de sa remplaçante enfin arrivée cette semaine mais qui a demandé à déplacer son heure de cours sur une heure d’aide en maths qui ne peut pas être recasée ailleurs, et qui s’inquiète pour certains de ses potes…

– Minette passe juste les épreuves du Brevet, va bien mais qu’est ce qu’elle est flemmarde à la maison ! Comme Grande fille il y a quelques années, elle pense être dispensée de toutes les corvées familiales sous prétexte d’être absente du lundi au vendredi. Donc remplir le lave-vaisselle ou vider la poubelle sont des épreuves de force…

– Miss A est convoquée à la LH pour entretien et visite dans quelques jours et je culpabilise à mort secrètement… Je m’en veux de ne pas m’être assez occupée d’elle ses dernières années, de n’avoir pas fait le siège du bureau de la directrice d’école en exigeant certains enseignants et pas d’autres… J’ai constaté les dégâts d’une année sur l’autre, aujourd’hui je mesure le gouffre. Et je m’en veux de la mettre en internat dès la 6è juste pour essayer de combler ses lacunes et lui donner une vraie chance d’apprendre. Je me dis qu’elle a 10 ans et que depuis 4 ans, c’est elle qui a fait les frais de mes choix professionnels. Et elle prépare sa 1ère communion pour le mois prochain et je n’ai pas de remplaçante pour les 7 semaines à venir… Donc encore une fois, je risque de travailler et d’être absente ce jour-là !

– ma 1ère associée m’a fait un procès qu’elle a gagné et la 2è s’installe maintenant à 500m du cabinet… Et je me dis que ce sont des s……, qu’il n’y a pas de justice et que le libéral est un monde de requins où le but est juste de racketter ou de spolier les collègues qui bossent dur. Pourtant j’étais prévenue !!! Une de mes anciennes remplaçantes ne m’a pas crue, elle l’apprend aussi aujourd’hui à ses dépends.

Alors oui j’ai des amies qui voudraient me voir, discuter mais j’ai juste envie de respirer, doucement, profondément et profiter des quelques échappatoires qui me sont proposées. Mon boulot c’est déjà m’occuper des autres, faire de l’écoute active et je n’ai pas le courage de faire « la copine-infirmière » dispo pour 2-3h de complaintes… J’ai essayé il y a quelques semaines et la copine avec qui je déjeunais m’a reproché (gentiment certes) de ne pas être là, de ne pas parler, de ne pas être aussi bavarde et enthousiaste que je le suis habituellement. Alors je fuis…

J’ai cherché et trouvé des trucs qui m’aident à être là, à vivre l’instant présent, à gérer des choses très douloureuses. Je fais du yoga, un peu de méditation et je me suis lancée dans un travail de supervision avec une psychologue et une collègue. J’ai accepté beaucoup de choses en voulant être équitable, juste en allant contre ma nature, mes intérêts « pour faire plaisir », pour être la maman modèle, l’infirmière modèle, l’épouse modèle, la copine modèle…

Je courbe juste un peu l’échine et je me regarde le nombril ; je me recentre et je fais « plume de canard » (un exercice de sophrologie).

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Muriel

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Une solution naturelle pour les jambes lourdes…

Les principaux maux des infirmières sont les douleurs dorsales et les problèmes circulatoires. Beaucoup de collègues portent des bas ou des collants de contention pendant les heures de travail. Pour ma part, j’ai des facteurs de risque supplémentaires avec mes années de surpoids et les grossesses.

Il y a 18 ans, 2 vilaines varices sont apparues au niveau de ma cuisse droite. Quand elles sont devenus douloureuses, j’ai décidé de consulter un phlébologue qui les a sclérosées il y a 6 ans. En plus, j’ai choisi de faire ma tournée à pied, à la fois pour m’aider à stabiliser mon poids mais aussi pour favoriser le retour veineux. Inutile de vous dire que les jambes lourdes, je connais très bien !

En tant que professionnelle, j’ai plusieurs patients (il n’y a pas que des femmes) à qui je dois mettre des bandes ou des bas de contention tous les jours après avoir appliqué de la crème… Je connais donc presque la totalité des produits existants sur le marché.

Quand on m’a proposé de tester la nouvelle formule Climaxol Gel des Laboratoires Lehning, j’ai accepté en étant très très septique. Pourtant j’ai été bluffée dès la 1ère application par la texture puis l’effet rafraichissant et hydratant sur ma peau. Mes jambes étaient douces, légères et surtout, je n’avais aucun résidu sur les mains !!!

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Sans parabènes, sans conservateur, sans parfum ajouté, sans colorant, c’est un produit naturel aux extraits de marron d’onde, hamamélis, huile essentielle de menthe poivrée, ce qui lui donne une odeur très agréable et procure cet effet frais, aloé véra et amande douce. Il peut être utilisé par les femmes enceintes.

Autres atouts : le tube se glisse facilement dans un sac à main et coûte moins de 10€.

J’utilisais jusqu’à présent un gel anti-inflammatoire que j’ai remplacé par Climaxol Gel qui est une véritable solution naturelle !

Astuce : en cas de grosse chaleur, on peut placer le tube au réfrigérateur pour rendre les effets plus intenses.

Climaxol gel

Bonus : vous pouvez également participer au grand jeu ClimaxolGel pour tenter de gagner 1 voyage à Istanbul pour 2 personnes et 100 produits !

Muriel

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