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Grande fille 2è partie

Dans ce nouveau collège, bien qu’elle se soit fait voler son lecteur MP3 au bout d’une semaine et qu’il y ait tous les jours des bagarres dans la cour de récré, Grande fille s’est fait de vraies amies (qu’elle voit encore régulièrement 8 ans plus tard). Elle a eu la chance de tomber sur des profs motivés et désireux de tirer leurs élèves vers le haut. Ainsi nous avons été convoqués par la prof de Français (qui tenait à son titre de prof de Lettres !) qui avait fait venir les parents de ses meilleurs élèves, afin de nous parler des grands lycées parisiens, de son ambition pour eux, etc.

En 3è, les profs étaient malheureusement moins ambitieux, plutôt soucieux de faire comprendre aux élèves que le lycée de secteur avec ses 69% de réussite au bac était un « très bon lycée » (ce que la prof de maths de ma fille sa prof principale m’a dit quand je lui ai parlé des fameux dossier pour Louis le Grand et Henri IV). Cette année-là, Grande fille a eu une prof d’Allemand assez sévère et s’est braquée. Du coup, 6 de moyenne toute l’année. La note que l’on remarquait tout de suite sur son bulletin et qui lui a fait louper la mention très bien de 0,1 au Brevet des Collèges. Cela l’a certainement pénalisée aussi pour ces fameux lycées prestigieux. Mais comme dans la procédure d’admission à la MELH il y a un entretien avec la direction, Grande fille a pu expliquer sa note d’Allemand et faire remarquer qu’elle apprenait 3 langues vivantes…

L’internat n’était pas réellement un choix, juste une conséquence de l’admission à la MELH. Grande fille était une fan de Harry Potter, il y avait ce petit fantasme Poudlard… Bien sûr il y avait la crainte de ne pas avoir de copines, sa tendance égoïste à croire que la vie de la famille ne tournait qu’autour d’elle, etc. L’année de 2nde a été difficile les 1ers mois à cause du rythme de vie (certaines journées démarrent à 8h pour se terminer à 21h à cause des options), monter descendre des centaines de marches, traverser le parc au pas de course… En plus, elle rentrait tous les mercredis après-midi pour son cours hebdomadaire de violoncelle au conservatoire (3h de métro aller retour pour 45mn de cours). Elle, qui était un peu ronde au collège, a perdu 7-8 kg en quelques semaines. La plus grande difficulté n’était pas la vie en internat mais son refus de participer aux corvées familiales les week-ends. Elle pensait naïvement que nous passerions à tous ses caprices sous prétexte de sa scolarité particulière. En plus pour la 1ère fois, elle n’était pas en tête de classe et devait travailler. Elle avait aussi plusieurs camarades qui avaient sauté une classe, et une qui avait 2 ans d’avance. A la fin d’année scolaire, avec son passage en 1ère S acté, elle pensait que le plus dur était fait.

En 1ère, elle avait ses marques, des copines, faisait la fierté des profs de musique, était invité comme élève méritante à la Grande Chancellerie. Elle a découvert la salle internet mise à disposition des élèves, financée par l’association des parents d’élèves. Bref elle se sentait en confiance et passait ses heures de permanence et d’étude sur Facebook. Son truc aussi était de nous faire culpabiliser en nous disant qu’on s’était débarrassé d’elle à l’âge de 14 ans… Après des épreuves de fin d’année catastrophiques dans les matières scientifiques, le redoublement a été proposé. Le hic à la MELH est que le redoublement n’est pas autorisé. Etrangement, elle s’est tout de suite prise en main en sollicitant un entretien avec la surintendante générale, a défendu son cas et a obtenu de redoubler dans l’établissement. Tout ceci sans que nous ayons à intervenir, ni à nous déplacer ! La 2è claque est venue des résultats aux épreuves anticipées de Français avec d’excellents notes qui ne servaient à rien. Ce redoublement marquait aussi la « perte » d’un groupe classe ainsi que l’appartenance à une promotion.

Pour nous parents, le redoublement n’était pas un échec mais juste une étape nécessaire sur le long chemin de la maturité affective, une meilleure organisation dans son travail et une gestion efficace de ses capacités. Nous étions pleinement conscients que l’internat nous évitait bien des crises et des conflits car si Grande fille avait fait sa scolarité dans notre lycée de secteur, elle aurait succombé à la télé et aurait passé des heures sur l’ordinateur au lieu de faire ses devoirs, toute occupée à essayer de gérer sa vie sociale.

La 2è année de 1ère et la terminale se sont déroulées sans encombre. Sa nouvelle classe était encore plus sympa que la précédente, elle était de toutes les cérémonies officielles et chaudement félicitées par les prestigieux invités à chaque concert.

Concernant l’après-bac, elle était passé en 2nde de « journaliste scientifique » à « je veux faire de la chimie ». Je lui avais suggéré de tenter pharmacie. Elle a choisi de faire une classe préparatoire scientifique. Sa stratégie a fait peur à certains profs, a même suscité des commentaires de certains parents (on se demande encore !). En tout cas elle a obtenu quasiment tous ses choix à partir du 3è voeu… Un bac mention Bien et beaucoup de larmes d’avoir loupé la mention Très Bien de 0,2 (çà vous rappelle quelque chose ???).

J’ai su que l’année de prépa s’engageait mal quand j’ai vu qu’elle ne s’intéressait pas au programme de révision, me racontait des histoires pour ne pas se mettre au travail avant la rentrée… Et surtout quand elle a commencé à rentrer en racontant qu’elle s’est fait un groupe de potes. Est venu ensuite la sortie en happy hour dans un bar à Bastille ! En novembre, je savais que l’année était foutue quand la nécessité d’une vie sociale, la « découverte » des garçons, la possibilité d’une histoire amoureuse prenait le pas sur les études. En décembre, on a eu droit à la grande scène comme quoi elle ne pouvait pas travailler à la maison, qu’il y avait trop de bruit, qu’en internat c’était plus calme, qu’elle avait besoin d’être seule pour travailler… Nous lui avons alors trouvé une chambre en coloc à 1km de chez nous (500€ de loyer – 300€ pour ses frais) avec l’engagement de bosser pour passer en maths spé. Elle a eu de super amis, a monté avec eux un groupe de rock, a vécu une vie de célibataire et s’est mitonnée des petits plats à coup de magret de canard, d’entrecôte et je devais lui faire des rallonges financières en plus. La belle aventure de la coloc s’est terminée avec les résultats et une réorientation en Paces (1ère année de médecine avec pour objectif de réussir pharmacie). Et elle a regagné l’appartement familial bien sûr ! Elle n’avait pas non plus jugé utile de suivre nos recommandations en matière de recherche d’un job d’été. Oui la pauvre pré ado en classe de 5è était devenue une gosse gâtée douée mais qui ne voyait pas l’utilité de faire des efforts. Ah oui j’ai oublié : elle a aussi loupé son retour au conservatoire car elle avait la prof de violoncelle titulaire… Et ses potes passaient quasiment tous en maths spé, eux.

Elle s’est donc inscrite en médecine l’année suivante, plus pour nous faire plaisir, que dans l’optique de tout donner pour réussir. Vous vous souvenez du bébé qui a attendu que ses camarades marchent avant de marcher à son tour officiellement à la crèche ? Voilà, je sais que ma fille n’a pas un mental de « tueuse » : la compétition, avoir l’impression de jouer sa vie à chaque épreuve n’est pas son truc ! Notre travail pendant ses 2 années (oui car elle s’est obstinée à redoubler médecine) a été de lui faire comprendre qu’elle avait le droit de perdre du temps car ce qu’elle apprenait lui servirait (au moins pour sa culture générale), qu’il fallait qu’elle trouve en elle ce besoin, cette rage de réussir, que si les amis c’est important, on nait seul et on meurt seul. Elle devait apprendre à être autonome d’un point de vue affectif. Ne pas attendre sur ses amis pour aller au cinéma, boire un verre, partir en vacances etc. Le bon côté est que çà l’a rapprochée de ses frère et soeurs. Le coup de boost est venu de son frère qui a vu son rêve de cadet se réaliser : il est devenu aussi « grand » que sa soeur (physiquement il fait 20 cm de plus qu’elle) et l’a rattrapé scolairement !!! Oui j’ai eu 2 enfants en médecine en même temps : ma fille redoublait médecine pendant que mon fils faisait sa 1ère 1ère année !

En gros, il a fallu 3 ans après le bac pour que les choses s’équilibrent enfin, que Grande fille se connaisse, ait conscience de ses point forts et de ses points faibles. 3 ans pour qu’elle apprenne à être moins dépendante des autres et à tracer réellement sa route. Elle est actuellement en 2è année de licence de chimie dans une université qu’elle a choisi pour son excellence, même si cela voulait dire aucune équivalence et se retrouver avec des jeunes bacheliers quand on a déjà plus de 21 ans. Elle a su décrocher un job d’été, et même un job d’étudiante à l’année. Elle s’est investie dans une association à la fac, a son permis, sa petite voiture qu’elle partage avec son frère. Et surtout, elle a plein d’amis !!! Parfois, elle sort son violoncelle mais fait du sport chaque semaine.

 

Muriel

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Grande fille 1ère partie

Depuis pas mal de temps, je me pose la question de faire un petit bilan de nos choix éducatifs. Beaucoup d’entre vous sont arrivés ici à cause de leur questionnement sur la précocité intellectuelle et il me paraît juste de vous en reparler avec le recul de quelques années…

Grande fille, notre aînée, est née en mars 1994. Elle a donc 22 ans 1/2.

C’était une petite crevette de 2,5 kg à la naissance. Mais un bébé vif, tonique comme disait la pédiatre qui nous parlait de précocité alors qu’elle n’avait pas 1 an. Elle est rentrée à la crèche à l’âge de 6 mois. Je me souviendrais toujours qu’elle rampait à peine au début de la semaine d’adaptation et le vendredi elle se déplaçait en se tenant aux meubles.

J’ai su rapidement qu’elle n’avait pas une mentalité de 1ère de la classe car elle a attendu que les 2 grands de sa section (nés en janvier) marchent pour marcher à son tour alors qu’elle marchait depuis 2 mois à la maison. Bien entendu l’auxiliaire puer ne nous croyait pas et nous répondait avec un petit sourire en coin. Elle allait aux bébés nageurs le samedi matin et faisait la joie des maître-nageurs qui adoraient sa petite bouille et son dynamisme.

L’entrée en maternelle s’est faite à l’âge de 2 ans 1/2. Elle terminait tranquillement son apprentissage de la lecture : Maman comment çà se prononce t-i-o-n ? Ma mère, ancienne instit, nous parlait déjà de saut de classe. Pour nous, si les instits ne disaient rien, c’est qu’il n’y avait rien à dire… Le problème était essentiellement son manque de confiance en soi, une hypersensibilité face aux méchancetés de certains camarades : « T’es noire t’es moche ». Jusqu’au fameux jour où elle m’a dit, alors que je regardais une redif de Cosby show : « j’aime pas être noire »… Je parlerai de ce sujet une autre fois.

Alors qu’elle lisait Roméo et Juliette à l’âge de 5 ans, l’équipe pédagogique a refusé le passage en CP après 3 années de maternelle, à cause de sa fragilité émotionnelle (elle pleurait « facilement »). Mais l’instit de Grande section a jugé elle que les textes devaient s’appliquer à notre fille puisqu’elle maîtrisait parfaitement les connaissances du cycle. Donc il a été décidé un saut de CP. Ok pas de quoi fouetter un chat pour une enfant née en mars !

L’année de CE1 a été cauchemardesque car notre fille a été humiliée par une instit qui estimait que le saut de CP était inadmissible et ne « croyait » pas à la précocité. Je me souviens encore que nous avons dû trouver en catastrophe une psychologue pour faire des tests de QI et qu’en revenant avec les résultats et les recommandations (QI dans la marge précocité avec une mention sur le fait que les résultats étaient certainement inférieurs à ce qu’ils auraient dû être à cause du manque de confiance en soi et l’attitude de l’instit en classe), l’instit et le directeur d’école nous ont ri au nez en nous demandant combien on avait payé pour avoir ces résultats… Le problème est que notre fille était largement au-dessus des autres d’un point de vue scolaire puisque maîtrisant ses tables de multiplications et déjà aux divisions aux vacances de la Toussaint en CE1. Donc scolairement parlant, rien à dire. Juste ce manque de maturité affective…

Le bilan nous a permis de comprendre le fonctionnement de sa pensée, le type de mémoire qu’elle favorisait, bref de mieux la cerner et répondre à ses demandes. La psychologue nous a très bien aiguillé en insistant sur les autres types d’intelligence et la favorisation de l’épanouissement qui passait par des activités extra-scolaires, afin de se découvrir d’autres talents et d’équilibrer sa personnalité.

Ce sont les années conservatoire avec l’apprentissage du violoncelle, du piano, de la guitare, de la danse classique, de la natation, des cours de chinois et d’anglais… On a refusé l’équitation et pleins d’autres choses ! Elle avait un emploi du temps de ministre pour répondre à ses demandes, qu’elle nous sollicite un peu moins et se sente valorisée ailleurs afin de gagner en confiance en soi. Elle a aussi commencé à partir en colonie de vacances dès l’âge de 5 ans 2 fois par an.

Une super année de CE2 avec une instit qui n’hésitait pas à la solliciter, à lui donner du travail supplémentaire et à la valoriser avec des exposés, des concours de lecture, etc. Pour mieux gérer l’avance scolaire, nous l’avons fait entrer en CHAM classe à horaire aménagé musique. Expérience peu concluante car l’instit de CM1 vouait une haine féroce aux parents et enfants de ces classes (nous n’étions qu’une bande de beaufs croyant leurs enfants au-dessus des autres !). On a dû aussi affronter la prof de solfège du conservatoire parce que la prof de violoncelle demandait un saut de classe de solfège…

Le violoncelle, çà a été THE truc : Grande fille a trouvé une 2nde maman (je ne suis pas jalouse !) en sa prof Thérèse. C’était une relation forte qui a duré 13 ans. Thérèse l’a encadrée, bichonnée, chouchoutée tout en la faisant avancer à son rythme donc n’hésitant jamais à lui donner des morceaux plus difficiles. Le problème est qu’elle était prof assistante et que les élèves doués devaient être encadrés par la prof titulaire. Mais le courant n’est jamais passé entre ma fille et elle. La prof était géniale mais avec un profil plus strict donc moins chaleureux. Clairement cela a été un échec à chaque fois (2 années sur les 13) à cause en grande partie de la dépendance affective de ma fille et sa propension à n’envisager les autres que dans un rôle de miroir.

En tant que parent, je me suis attachée à l’observer dans ses différentes activités, avec ses camarades, ses frères et soeurs. Mes enfants ne sont pas moi et mon rôle est de les aider à mieux se connaître, s’épanouir et tirer le meilleur d’eux-même. Si nous avions une petite fille jolie, vive, intelligente, il ne s’agissait pas pour nous d’être béat d’admiration. Nous avions des principes d’éducation auxquels nous n’avons pas dérogé, sous prétexte de précocité intellectuelle. Je n’ai pas passé mon temps à me justifier auprès de ma fille sur l’heure du coucher, des règles de vie en famille, de l’utilité des devoirs ou du travail de l’instrument, etc. Idem en famille ou avec les amis, nous répondions aux questions, donnions des adresses mais nous n’avons jamais définis nos enfants par leur QI. J’ai évité de donner au maximum le fameux chiffre et nos enfants n’ont eu les résultats de leurs tests lors de leur 18è anniversaire avec l’ensemble des papiers les concernant. Je répète : les tests sont un portrait de l’enfant et un outil de « coaching » pour les parents. Cela ne fait pas de nous des parents « éleveurs de champions » ! La réussite de nos enfants n’est pas la nôtre : c’est la leur !!! Je crois qu’avant tout, j’ai confiance en eux, en leurs capacités. Même face à des enseignants méprisants, moqueurs, nous avons fait face à 2, toujours. Et nous n’avons pas hésité à lâcher du lest sur nos exigences scolaires, si nous sentions qu’il y avait quelque chose qui se jouait ailleurs, une étape à franchir. Car si le saut de classe permet de nourrir l’enfant intellectuellement et à lui apprendre le sens de l’effort, il faut savoir à certains moments accepter un redoublement ou un échec qui permettra à l’enfant de rattraper son « retard » affectif et équilibrer sa personnalité afin de mieux repartir…

Pour répondre à sa demande et dans un souci de réussite scolaire, nous avons mis notre fille dans un collège privé dans la ville d’à côté car c’était un des rares établissement à proposer des classes bi-langues dès la 6è (anglais-allemand). Elle y a retrouvé des camarades de primaire et du conservatoire. Scolairement toujours aucun problème, socialement oui. L’éternel demande d’ami(e)s, ce repli sur soi et des complexes physiques. Nous devions quasiment la passer au karcher le matin tellement elle se maquillait !!! Un comble pour une mère qui ne se maquille pas. Tout son argent de poche y passait. A la fin de l’année scolaire, j’avais un tiroir plein de maquillage confisqué ! Et elle avait peu ou pas d’ami(e)s, servant un peu de 5è roue du carrosse (utile pour avoir des bonnes notes aux contrôles). En 5è, çà a été un problème avec le montant d’argent de poche. Etant des parents présents, nous n’achetions pas l’affection de notre enfant avec de l’argent, ni des vêtements de marque ou autre… Et comme elle voulait fréquenter les élèves populaires, financièrement elle ne pouvait pas suivre et se pensait la risée de ses camarades. La collection d’euros de mon mari y est passée à son insu. Elle pleurait pour un rien et n’arrivait pas à verbaliser son mal être. Nous avons préféré la changer d’établissement et sommes allés au plus près en la mettant dans le collège de secteur. Avec le temps, les parents grandissent et mûrissent aussi. Notre certitude est qu’un bon élève reste un bon élève quel que soit l’établissement. Ce qui fait la différence, c’est la présence et l’attention des parents. Elle était donc dans un collège de secteur classé ZEP et nous avons négocié un parcours « spécial » avec la direction qui lui a permis de garder Anglais et Allemand en LV1 et de débuter l’Espagnol en LV2, tout en faisant du latin. Je me souviendrais toujours de sa réflexion à la fin de la 1ère semaine de cours : « ici je suis dans mon milieu naturel ! »

Je continuerai sur la fin des années collège, le lycée et les 1ères années post-bac demain.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser ! J’y répondrai dans un post séparé.

 

 

Muriel

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Le clan

Parfois Petit mari me reproche de former un clan avec les enfants… Il oublie 2 choses : je passe beaucoup plus de temps que lui avec les enfants et quand il rentre du travail, c’est lui qui s’isole dans son bureau alors que nous sommes tous dans le living room.

Je porte un regard différent (bien sûr !). Les enfants forment un clan, une entité à part entière qui existe en dehors de nous les parents. Il me suffit de les regarder vivre ensemble. Ils discutent, se disputent, jouent, rient, écoutent de la musique, regardent la télé ensemble.

Chez nous, la pièce familiale porte bien son nom : le living room. En fait, c’est l’endroit où ils vivent. Ils y ont l’ordi, leurs smartphones, leurs paquets de gâteaux qui traînent. Ils sortent des livres, travaillent, révisent dans cette pièce. Le vivre ensemble établi il y a bien longtemps (lorsque j’ai commencé à bloguer) n’a pas changé. Ils ont grandi, certaines sont en internat, ils savent se faire à dîner… Ils rendent visite à leur grand-mère, à leurs oncles sans que tout passe par leur père ou moi. Le groupe « les enfants » tient contre vents et marées.

En fait, ils nous tolèrent dans leur clan ! Ils forment une vraie fratrie et je les envie. Alors je m’immisce en faisant des sorties, en discutant avec eux. Notez comme ils sont sympas avec leur mère ! Ils n’ont pas honte, ne lèvent pas les yeux au ciel, me demandent même des conseils en matière vestimentaire. Bref, ils ne nous traitent pas comme des ringards !!! Et oui, ils ont quelque chose que je n’ai pas : cette relation fraternelle forte. J’essaie d’en profiter un peu. C’est plus facile maintenant de faire des choses de manière individuelle ou juste en binôme. Ainsi, nous faisons du sport entre filles ou juste avec mon fils. Je suis partie à Barcelone avec Grande fille et Boy. Nous allons plus souvent qu’avant au cinéma à 5 ou tous les 6.

Mes plus grands éclats de rire, ce sont leurs snaps ou les photos débiles que je trouve sur mon reflex ou mon iphone. Mes plus grandes émotions ce sont leurs choix de rester ensemble quand nous nous absentons pour une soirée ou l’aide qu’ils se proposent mutuellement pour les révisions ou dernièrement pour du bricolage… On peut appeler çà le sens de la famille. Avec le temps, je réalise que je ne suis pas sûre d’avoir cette qualité mais mes enfants l’ont.

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Muriel

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Planning des vacances…

2 petites semaines de vacances pour les parents ; 5 semaines pour les enfants : notre planning de vacances est toujours simple et injuste. A peine rentrés de St Paul de Vence, Boy, Minette et Miss A sont partis en colo pour 3 semaines, si on peut encore appeler comme çà les séjours qu’ils vont faire !

Après l’aventure des dossiers envoyés en février, arrivés au mauvais bureau, classés verticalement (à la poubelle), le CE de Petit mari a bien rattrapé le coup (on sent la culpabilité des gens qui doivent être eux aussi parents, et surtout des mamans) :

  • Boy part faire un raid aux Açores,
  • Minette va visiter les îles grecques (je meurs littéralement de jalousie en lisant le descriptif du voyage)
  • et Miss A va faire ce qu’elle fait le mieux : cuisiner et manger dans une colo à thème en Isère

Qui dit raid ou séjour itinérant, dit sac à dos, sac de couchage, tapis de sol et voyager léger ! Cela s’annonçait mal pour Boy qui collectionne les baskets. Mais il a étrangement réussi à faire un sac de moins de 14 kg en se contentant d’une seule paire de baskets en dehors de ses chaussures de marche et d’une paire de tongs. J’ai encore du mal à y croire ! Il a dû réfléchir quand il a réalisé qu’il devrait marcher chaque jour avec son sac sur le dos, cela doit rendre raisonnable… Et Grande fille n’a pas manqué de lui rappeler un de nos films familiaux préférés : St Jacques La Mecque de Coline Serreau.

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Il a fallu se lever avant l’aurore pour accompagner Minette et Miss A au lieu de rdv et déposer Boy directement à Orly en début d’après-midi. Ils sont bien partis et bien arrivés. Dans ces cas là, on remercie quand même les smartphones qui permettent de nous rassurer rapidement surtout quand on n’a pas les plans de vol ! Minette a fait escale à Munich, Boy à Lisbonne. Ouuuuuuh, je vous vois venir. Non, je ne suis pas le genre de mère à harceler mes enfants par téléphone. Nous échangeons juste des sms à caractère informatif « on va embarquer », « bien arrivé à ». Je réponds par des « ok » « bisous et bonnes vacances ». Bon parfois j’ajoute « n’oublies pas de bien ranger tes affaires, de faire attention à tes sous et à ton portable ». C’est tout promis !

De son côté, Grande fille mène une vie de célibataire à budget limité en région parisienne. Malgré plusieurs entretiens, elle n’a pas réussi à décrocher un job d’été. Du coup, elle aura passé près de 3 mois sans activité à la maison… Je crois qu’elle a compris sa douleur car elle s’est ennuyée +++ et a compris que ce n’était pas drôle de ne pas avoir de sous en poche. Oui, je suis aussi ce genre de mère que ne paie pas de vacances à une jeune adulte qui n’a pas respecté notre accord depuis 2 ans. C’est çà la vie d’adulte ! En « échange », nous avons avancé l’argent nécessaire à l’auto-école (une partie sera prise sur l’épargne que nous avons constituée pour chaque enfant). Depuis un mois elle bosse son code avec pour objectif de l’avoir au mois de septembre.

Comme d’habitude, j’ai de grands projets de bricolage pour le mois d’août qui dépendront essentiellement de la possibilité d’avoir des jours de repos. Pour l’instant, ce n’est pas gagné !

 

Muriel

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Ici et maintenant…

Etre dans l’instant présent : ici et maintenant.

Chacune de mes journées est unique, par son nombre de patients qui n’est jamais le même, par le déroulement des soins, par la possibilité ou non d’être remplacée.

Je compte mes jours de repos à l’unité, je croise les doigts contre les défections de dernière minute…

J’ai du boulot et c’est déjà une chance par les temps qui courent !

Les jours défilent, les différentes échéances des enfants se passent ou sont passées, avec et sans moi. Les enfants et Petit mari sont de véritables soutiens en essayant d’être d’humeur égale, en évitant de me faire répéter 36 fois les mêmes choses, en se mettant en colère parfois à ma place, en posant la main sur mon épaule ou en me caressant le dos.

Alors on avance, doucement mais surement. Nos soirées sont riches d’éclats de rire, de dérision, de petites piques, de discussions à propos des envies de chacun, de leurs rêves d’ados. Je crois que çà faisait très longtemps que nous ne nous étions pas sentis aussi bien en famille. Nous profitons à fond des soirées car je mets un point d’honneur maintenant à être rentrée pour 20h au plus tard. Je deviens réellement psycho rigide sur ma qualité de vie.

J’ai du me passer de yoga pendant 4 semaines et j’ai ressenti le manque physiquement. La conclusion est simple : mon corps et mon esprit en ont besoin ! Alors j’écoute, je m’écoute, je m’entends. Je mets des mots sur mes vieilles douleurs, sur des tensions nouvelles, sur la fatigue mais je repère aussi mieux ce qui me réussit : une minute de respiration profonde, une sieste, m’étirer, bailler, faire une pause petit déjeuner quand j’ai 20mn devant moi.

Pour l’instant, je bricole mon organisation estivale et je sais à peu près où je vais jusqu’au 4 août. Au-delà, c’est le flou : j’aviserai en rentrant de mes 14 jours de vacances.

Une sombre histoire de dossiers perdus a failli coûter à Boy et ses 2 petites soeurs leurs colos d’août. Notre fils qui avait droit à un « grand voyage » pour sa dernière colo pensait partir aux USA ou en Thaïlande (comme sa soeur qui était partie 3 semaines dans l’Ouest américain) ; ce sera les Açores (il restait de la place). Minette qui rêvait d’Italie ou de Grèce ne partira pas. Seule Miss A eu de la chance : la colo qu’elle visait n’était pas complète ! Heureusement que nous avions envoyé les dossiers le 10 février mais avec les réorganisations de comité d’entreprise, ils ont atterri dans la poubelle d’une personne bien intentionnée, à qui cela coûtait beaucoup visiblement de les mettre en courrier interne à destination du nouveau bon service…

Grande fille redouble sa Paces (1ère année de médecine), Boy attend avec impatience les résultats du bac, Minette les résultats du brevet et Miss A attend juste la fin de l’école puisque c’est la seule à devoir encore y aller pour quelques jours.

Le 4 juillet, nous fêterons la fin d’une époque : nous n’aurons plus d’enfant à l’école primaire !!! A la rentrée, nous aurons une collégienne, une lycéenne et 2 étudiants. Cela fait quand même tout drôle quand j’y pense !

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Muriel

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