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Rien à comprendre

3 semaines sans ouvrir mon ordinateur… N’y voyez aucun défi personnel, aucune détox, aucun sens à trouver. Juste pas envie, juste beaucoup de boulot, juste la vie quoi ! Profiter, sans accumuler pour raconter, vivre en essayant de respecter mon rythme personnel, notamment me coucher à 23h : çà a l’air tout bête mais c’est fou comme on peut se laisser dévorer par son ordi sur les genoux. Nous voici déjà fin juillet, pas encore de vacances à l’horizon mais j’apprécie les cartes postales que nous recevons les enfants et moi.

Et à côté de çà, je rêve et Soledad Bravi illustre parfaitement mes pensées…

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crédit Soledad Bravi

 

Muriel

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Le comble de la mère de famille nombreuse

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Rentrer le soir après une longue et dure journée, trouver l’appartement vide et me réjouir. J’ai trouvé le comble de la mère de famille nombreuse : apprécier le silence et l’absence !

Me souvenir de toutes ces soirées où je jonglais entre les enfants, leurs devoirs, les activités extra-scolaires et la préparation du dîner… Les leçons à faire réciter, la révision de solfège et le travail de l’instrument, les petites qu’il fallait occuper à coups de Disney Channel, Dora l’exploratrice ou autre, répondre aux coups de fil désespérés des copines de l’association de parents d’élèves tout en me demandant ce que je pourrais bien cuisiner, quand il n’y avait pas des courses de dernière minute à faire !

Si de temps en temps j’ai la nostalgie de cette époque, cela ne dure pas très longtemps ! Aujourd’hui je rentre, je me déshabille, j’enfile le combo bas en polaire/tee-shirt en coton/grosses chaussettes Primark et je soupire de bien être en m’installant sur le canapé, aussitôt rejointe par le chat qui vient poser sa tête sur ma poitrine. Avec 2 filles en internat, 2 étudiants qui rentrent entre 20h et 22h, un mari cadre overbooké, je peux profiter de 1h à 2h de calme absolu après le travail. Juste une bougie, le soleil couchant et mon plaid de yoga. Prendre le temps de me poser, profiter de l’instant présent, détendre mes muscles endoloris et respirer…

J’ai aussi retrouvé le plaisir d’aller à la messe en faisant une halte à la chapelle de mon quartier, devant laquelle je passe 6 fois par jour. Je cherchais depuis des années à « échapper » à la messe du dimanche (notamment parce que je travaille 2 week-ends par mois) et parfois en cherchant bien, on s’aperçoit que la solution était juste sous notre nez. Il suffisait de s’arrêter et lire le tableau d’affichage : la petite messe de 30 mn à la chapelle le vendredi soir. Il y a les habitués et les « de passage ». Nous sommes rarement plus d’une douzaine et cela me fait du bien. Une forme d’intimité, une vraie communion d’esprits et le plaisir de croiser une de mes patientes qui s’occupe également de l’accueil. J’ai réussi à entraîner avec moi Miss A la semaine dernière et je ne désespère pas d’attirer Boy qui se dit « un peu en délicatesse » avec la religion depuis un an, lui qui aimait tant l’aumônerie des lycées.

Je suis heureuse d’avoir trouvé ces instants où je peux me détendre, me réconcilier avec mes différents rôles et prendre soin de moi à des créneaux horaires qui me conviennent.

Muriel

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Le soir…

C’est la période de l’année où les jours raccourcissent, la nuit tombe tôt, je rentre tard chez moi. Mes journées de travail s’allongent et se terminent au-delà de 21h. Malgré la fatigue, je traîne, j’apprécie le silence sur la ville, la brume qui enveloppe les bords du lac. Je n’ai qu’une envie : m’asseoir sur un banc et respirer, prendre le temps. Au lieu de cela, j’accélère le pas, je quitte un bruit pour un autre. La maison, les enfants, la télé, les chamailleries, la clochette du chat… Dans ces moments-là, je rêve d’une maison à la campagne, je me vois telle une héroïne de Jane Austen dans un cottage, devant un bon feu de cheminée, un livre, une tasse de thé en écoutant le vent dans les arbres. Je me contenterai bien aussi d’un poêle à bois comme dans la petite maison de vacances en Suède…

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Muriel

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A lui…

En me concentrant juste un peu, je revois son visage, ses dents manquantes, j’entends sa voix, son léger bégaiement et je vois son corps si imposant… Bientôt un an qu’il a choisi de se laisser mourir… Diabètique, obése, alcoolique ce qu’il a nié jusqu’à ce que son coprs et le manque le trahissent mais aussi gentil, poli et d’une timidité maladive. Et à la fin le désespoir, la résignation, la décision qu’il n’était pas fait pour cette vie, qu’il ne pourrait rien en faire et refuser l’hospitalisation et les soins qui auraient pu peut être le sauver. Il m’a parlé du bout des lèvres de cet alcoolisme familial, qu’il avait çà dans le sang. Je l’ai vu se dégrader un peu plus chaque jour, j’étais là quand il a refusé l’hospitalisation… Je sens bien que depuis ce temps quelque chose s’est cassé. J’ai lutté contre le défaitisme, contre la sensation de ne servir à rien mais c’est là tous les jours. J’ai enfin pris ma claque, la vraie, celle qui vous fait sortir peut être définitivement de l’enfance, de cette toute puissance et je sens bien que progressivement, j’abandonne la partie, je n’y crois plus. Je fais et c’est tout. Je suis entrée dans cette routine, seulement je refuse aujourd’hui de répéter sans cesse et toujours les mêmes conseils, les mises en garde. J’abandonne un des rôles de l’infirmière : l’éducation, le conseil en santé. Je fais et je compatis parfois. Sa lente et silencieuse agonie m’a un peu fermée aux autres. Je suis moins tolérante, moins patiente. Mais j’ai aussi appris à me taire, à garder ma désaprobation pour moi. Je soupire intérieurement et je me tais. Paradoxalement en laissant le silence s’installer, Petit mari a appris ou réappris à parler… Il n’écoute pas forcément plus mais il entend parfois. Alors je me tais et c’est une lutte car je boue intérieurement, je sens la colère, la rancoeur monter monter et je passe à autre chose. Je lis, j’écoute de la musique, je surfe sur mon téléphone et je me tais. Cela rend les moments de plaisir ou de partage plus intenses aussi. Ces derniers temps je peux avoir la gorge serrée et le coeur prêt à exploser quand je fais quelque chose que j’aime. J’apprends à mieux décrire mes émotions et à en profiter, j’explore aussi d’autres voies. Je donne un sens à mon silence qui peut être autre chose que de la réprobation ou de la condamnation, simplement une acceptation, une compréhension.

Grâce à ce patient, j’ai découvert la raison pour laquelle je suis devenue infirmière : le syndrome du sauveur. Grâce à sa mort, j’ai compris que je ne pouvais pas sauver ceux qui choisissent de mourir malgré tout. Une partie de l’enfant en moi est morte avec lui mais la partie adulte en moi est née. Finalement en mourant, il m’a peut être sauvée… 

Muriel

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Zumba eh, zumba ah…

Parfois, j’ai l’impression de sortir d’un long sommeil… Vous savez un de ses rêves ou cauchemars où chaque jour se ressemble, où vous ne faites que faire

et refaire les mêmes gestes. Depuis quelques mois, je sors de moi-même, de ce nombrilisme, bien que recommencer à tenir ce blog est une autre forme de nombrilisme mais cela comporte aussi une mise à distance et un peu de critique.

Donc tous les jeudis depuis les vacances de la Toussaint de 19h à 20h, je vais « secouer ma graisse », comme diraient volontiers les enfants, au cours de Zumba. Je me retrouve au milieu d’autres femmes plus jeunes (il y a quelques ados) ou plus âgées. Certaines sont copines, d’autres collègues. Il y en a qui sont seules comme moi. Toutes réunies dans un même effort, face à des miroirs immenses et peu flatteurs. Bizarrement, les ados sont tout au fond de la salle, fuyant ces fameux miroirs. Pour ma part, comme à l’école, j’aime bien voir et donc être devant. J’ai de grands pieds, de grosses fesses molles, de gros bras mais ce n’est pas grave ! A 42 ans après 4 grossesses, je ne suis pas si mal foutue ! Mon plus gros souci n’est pas mon apparence il est plutôt de l’ordre de la coordination : regarder le ou la prof, bouger le bon pied, les 2 pieds et les bras en même temps me donne l’impression de faire des maths parfois. Ah le plaisir de faire les bons pas, de suivre le rythme de la musique et de commencer à se sentir à l’aise et paf, se tromper, essayer de se rattraper…

Tit’puce est la plus curieuse de cette heure où je fais quelque chose juste pour moi alors la semaine dernière, elle m’a accompagnée. Elle en a profité pour me filmer (non je ne mettrai pas la vidéo sur le blog !) et j’ai bien ri. Me voir si raide, pas coordonnée mais voir aussi le plaisir sur mon visage, mes grimaces ou mes soupirs, sursauter en ayant l’impression de voir ma mère dans le miroir en faisant certains gestes.

C’est ce qu’il me fallait alors j’en fais un petit rituel : mon sac de sport, ma serviette, ma bouteille de thé, ma tenue chaude et confortable pour y aller. J’ai eu des courbatures, j’ai redécouvert mes fessiers et pourtant, je ne parle à personne juste « bonsoir et au revoir ». J’ai toujours besoin d’une certaine forme de silence et de repli quand je ne travaille pas. Seule au mileu des autres tout en sortant de moi-même !

Muriel

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