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Développement personnel

Il y a un an, j’arrêtais mon activité libérale pour différentes raisons. J’ai passé 4 mois à la maison, obligée de suivre un rythme qui n’était pas forcément le mien mais utile pour prendre du recul, faire un bilan et surtout constater que j’avais une énorme chance : être libre de toute contingence matérielle et pouvoir vraiment décider de ce que je ferai dorénavant. Des enfants devenus de jeunes adultes pour moitié et des ados pour l’autre aide aussi à libérer son esprit.

Etre infirmière est dans mon ADN comme être mère. Ce sont les rôles les plus importants et les plus gratifiants que je tiendrai dans ma vie sans aucun doute. Arrivent ensuite la blogueuse, l’épouse, la fille de, la soeur de et l’amie… J’ai fait le bilan de ma vie, de mes rêves. J’ai pris le temps d’écrire mes morning pages,  au point d’avoir plus de 3 carnets remplis maintenant. J’ai mis de côté tout ce dont je ne voulais plus. J’ai fixé mes critères (les non négociables) et j’ai eu la chance d’être recrutée pour un emploi, auquel je n’avais pas postulé, mais qui les remplit tous.

Dans ma profession outre les fameux 14 besoins de Virginia Henderson, on utilise aussi la pyramide de Maslow pour poser des diagnostics infirmiers… En matière de développement personnel, il est important d’utiliser des outils simples et clairs. J’ai à ma disposition des outils qui me parlent, un certain regard critique sur moi-même et surtout l’envie d’évoluer en permanence. J’ai passé 2 ans avec une psychologue dans une forme de supervision, d’analyse de pratique professionnelle, qui m’ont permis de prendre du recul, de m’auto évaluer et de trouver mes ressources internes. A sa façon, elle m’a permis aussi de passer ce cap facilement en me disant que j’étais prête.

Du coup, j’ai repris mes outils, mes grilles. J’ai dû refaire mon CV. Je me suis rendue compte que je n’y avais pas touché depuis 10 ans : la dernière version datait de ma préparation au concours d’entrée à l’école des cadres en soins infirmiers en 2006 ! Le reprendre, être soufflée, le compléter et réaliser douloureusement, un peu comme quelques années après le bac, tout ce que j’ai « perdu » et le peu que j’ai gagné (je ne parle que d’un point de vue intellectuel). L’écriture de protocoles, d’articles professionnels, la formation de futurs infirmiers, tout cela a été mis de côté pendant 7 ans. Heureusement qu’il y avait le blog pour me sortir la tête du trou, éveiller mon intérêt tout en me permettant d’acquérir d’autres compétences.

J’ai vieilli, j’ai changé mais l’essentiel est toujours là : avec mes tripes, je suis et demeurerai pour toujours une infirmière. En changeant de secteur d’activité, j’ai retrouvé le plaisir, mes fondamentaux, mes fameuses valeurs personnelles et professionnelles. Et plus qu’il y a 20 ans, je sais pourquoi je suis qui je suis, ce que je recherche dans ce métier. J’ai réalisé que j’étais au sommet de la pyramide de Maslow : la « réalisation de soi ». Je m’épanouis à la fois dans ce nouveau poste, tout en étant ouverte à tous les possibles. Je ne sais toujours pas si j’ai envie de faire la formation pour devenir cheffe de service. Par contre, j’ai obtenu l’accord pour faire celle d’accompagnement à la parentalité. Ce nouveau job est extrêmement enrichissant et valorisant: je peux y mettre ce que je suis sans crainte et développer de nouvelles compétences. Je peux être à la fois infirmière, maman, épouse, femme et femme noire face à des personnes sans logement, sans travail, sans argent, sans papiers et face à ma hiérarchie. Je « soigne », j’accompagne, j’argumente avec mes mots. Ils/elles me remercient alors que c’est moi qu’ils nourrissent, qu’ils font grandir encore un peu. Le moindre sourire, le plus petit geste revêt une importance dont vous n’avez pas idée, mais qu’est ce que ça fait du bien de revenir à l’essentiel : l’humain !

 

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Muriel

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5 mois plus tard…

Nouveau job, nouvelle vie depuis 5 mois maintenant…

Comment vous décrire ce sentiment, cette sensation « d’être dans la vraie vie » après près de 20 ans d’horaires et de jours décalés ?

Si je ne fais plus de soins, j’organise mon travail comme je veux au sein de cette nouvelle équipe de travailleurs sociaux et j’effectue toujours des visites à domicile qui me font découvrir de rues, des ruelles, des passages. Je découvre réellement la vie des personnes fragiles socialement dans notre pays.  Exercer le même métier différemment, découvrir le fonctionnement d’une entreprise privée, même s’il s’agit d’un groupe associatif à but non lucratif. Dossiers, entretiens, évaluations, projets, ateliers de prévention, interventions, recherche de partenariats, formations sont mon lot quotidien et cela me fait du bien d’être sollicitée intellectuellement : j’adore çà !

Pour la 1ère fois depuis 20 ans, j’ai profité des nombreux jours fériés et ponts du mois de Mai : un délice ! En plus, pas de prise de tête pour des questions de planning… J’ai posé 3 semaines de vacances cet été sans que l’on me dise quoi que ce soit !!! Je quitte le bureau sans état d’âme, sans culpabilité. Si j’amène du « travail » à la maison, ce sont juste des documents à lire, pour apprendre encore et toujours, juste pour le plaisir et au cas où l’envie de « devenir chef » me reprendrait.

Comme il faut bien un côté négatif, je ne vous cacherai pas que j’ai pris du poids malgré mes résolutions et mon inscription au club de gym dans la rue à côté du bureau. J’essaie de me reprendre en main mais ce n’est pas le plus urgent. Je réussis à ne pas pester contre les aléas du métro, à garder la joie et l’envie intacte. Les jours défilent si vite parfois que je progresse presque malgré moi au niveau de mon organisation personnelle (enfin !!! Il n’est jamais trop tard…).

Pour des raisons que vous comprendrez aisément, je ne parlerai pas ou peu de mes collègues. Parce qu’il n’y a pas grand chose à dire à part qu’ils sont jeunes et sympas. J’ai un peu de mal à admettre que je suis la plus âgée de l’équipe et bien sûr la seule mère de famille nombreuse. Je sens bien le décalage, qui n’est pas forcément celui que l’on pourrait penser.

A la maison, c’est aussi un gros changement : comme une espèce de reconnaissance de la part de Petit mari… Il s’intéresse vraiment à ce que je fais car nous avons presque un langage professionnel commun, fait de réunions, de « co-pils », d’évaluations, de financements etc. Il me pose des questions sur mes journées et mes projets. Nous faisons même des trajets ensemble (j’ai profité de l’air conditionné de la voiture la semaine dernière). Quelque part, cela nous a rapproché.

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Muriel

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Nouveau job 15 jours plus tard

Nouveau boulot, horaires de bureau mais du mal à trouver un rythme perso.

Pourtant ce n’est pas compliqué, je suis au bureau juste avant 9h tous les matins. J’ai environ 45 mn de trajet en transport public. Pause déjeuner de 13h à 14h et je termine le soir à 18h du lundi au jeudi, 17h le vendredi. J’ai environ une centaine de dossiers à suivre, des actions d’information et de prévention à mener. Je vais aussi travailler sur un nouveau projet : l’Hébergement citoyen.

Bref, je suis ravie de ce changement de cap, de cette ouverture aux autres et d’avoir retrouvé la possibilité de me construire une carrière.

Car oui le travail en équipe, la confrontation et la réflexion m’ont manqué pendant toutes ces années. C’est bête mais j’aime partager un bureau avec des collègues, réfléchir ensemble, rire, discuter et nous avons déjà prévu des happy hours afin de renforcer la cohésion d’équipe (je suis la seule infimière dans une équipe de 8 travailleurs sociaux).

Certes je ne fais plus de soins mais j’en ai fait pendant 20 ans, c’est comme le vélo, je n’oublierai pas ! Donc j’ai mon mug, des gâteaux dans mon tiroir, du thé et un pot plein de stylos. J’ai aussi un portable pro, une ligne directe et un agenda qui se remplit vite de réunions et autres rdv.

J’apprends à faire des tableaux Excel pour quantifier mon activité, à écrire des notes et des projets. Je n’ai pas le temps de m’ennuyer !

Je suis contente d’avoir réussi à maintenir ma routine du matin en mettant mon réveil à 6h : j’ai 1h30 pour méditer, visualiser, lire, écrire et boire mon yogi tea. Malheureusement, le gros point noir est mon incapacité à bouger mon corps depuis 2 mois : j’ai tout arrêté et ma silhouette s’est alourdie d’au moins 5-6 kg. De 12 à 15km parcourus par jour quand j’étais en libéral, je suis passée à 3-6km maxi.

Je ne saurai vous dire à quel point j’apprécie de rentrer chez moi au plus tard à 19h le soir sans avoir mal partout ! C’est un tel confort surtout quand je n’ai pas de 2è journée qui commence vu que mes enfants sont grands. Par contre, je n’ai pas encore trouvé de routine pour les 90-120mn dont je dispose… J’attends avec impatience le retour de ma prof de yoga et la motivation pour du running.

Dernier point positif et superficiel : je peux enfin mettre les vêtements que je veux !!! Cela n’a l’air de rien et totalement futile à la fois, mais avoir une armoire qui regorge de fringues et ne pas pouvoir les mettre car pas pratiques quand je montais et descendais toute la journée me frustrait énormément et devenait ridicule. Aujourd’hui, je peux de nouveau mettre des robes et des jupes en hiver, bientôt je sortirai mes jolies chaussures aussi.

Je suis heureuse de ne plus me plaindre, de ne plus être épuisée, de ne plus penser h24 au boulot, de parler de belles actions sociales et humanitaires à mes enfants et à mon mari, d’avoir réellement du temps pour faire des entretiens infirmiers, de rencontrer des gens formidables, de pouvoir exercer mon métier différemment et d’apprendre encore…

Je vous remercie pour vos gentils mots et votre intérêt sincère. Je suis désolée encore une fois de vous avoir laissé sans nouvelles.

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Muriel

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Conférences TED #2

Cette semaine, 2 conférences qui m’ont beaucoup fait réfléchir sur mon parcours professionnel, mon expérience en libéral, quel type de leader je pense être, quels ont été mes réussites et mes échecs, comment j’ai géré ou pas certaines situations…

On parle beaucoup de leadership, de mentor, de sororité, de coaching, j’avoue que je ne suis pas loin de penser que ce sont juste des mots et des modes. Le chômage, le refus de s’adapter à une organisation, vouloir créer son outil de travail, ses propres règles… Se rêver chef d’entreprise !

Je crois cependant qu’il faut une solide base de connaissances, des compétences validées, un projet structuré, une certaine souplesse de caractère, une grande adaptabilité, une bonne résistance physique et morale, une vision globale de son métier, le sens de l’anticipation, une bonne compréhension des règles de savoir-vivre, le sens du décodage de l’implicite pour faire carrière ou réussir sa création d’entreprise…

 

Muriel

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Petit point forme de rentrée

C’est l’automne…

J’ai un vrai coup de mou depuis 3 semaines, je me traîne lamentablement. Pour me simplifier la vie, j’ai acheté du sirop d’argousier pour une cure de vitamine C. J’en prends 2 cs dans un verre d’eau le matin (normalement c’est 1cs à chaque repas mais j’ai tendance à oublier). J’ai fait le plein de yaourts grecs et de müesli que j’alterne avec un pudding de chia (j’en ai parlé ICI) ou une tartine de pain complet avec du beurre de cacahuète et une demi-banane, que j’accompagne d’un mug de thé ou d’une tisane.

A la boutique Hema de ma banlieue, je trouve maintenant un tas de produits bio ou « plus sains » pour pas cher. Mes enfants me regardent toujours manger en faisant la grimace. Ils acceptent de goûter mais guère plus. Ils ne changeront pas de sitôt leur petit déjeuner !

Je ne suis pas encore en pleine forme, j’ai juste moins de mal à me lever le matin. C’est déjà çà ! J’ai une bonne dose d’énergie qui dure toute la matinée mais j’ai besoin d’une sieste l’après-midi, même si je déjeune léger. C’est un signe qui ne trompe pas chez moi. Mon heure de coucher n’est pas un problème, j’arrive à m’y tenir depuis pas mal de temps déjà : je suis au lit entre 22h30 et 23h30.

Mon autre souci est de bien m’hydrater, sans que cela m’oblige à aller aux toilettes chez tous mes patients ou à investir dans des protections Tena 😉 J’essaie en fait de me fier à ma soif. En gros, j’ai besoin d’un grand verre d’eau en milieu de matinée (et d’un café) puis d’un demi litre d’eau entre 18h et 19h. Je bois aussi un verre d’eau avant de me mettre au lit. En dehors de çà, je bois du thé si j’en ai le temps et l’envie.

Enfin j’ai du mal à planifier des sessions de sport. J’ai arrêté l’aquabike il y a quelques mois. Je continue le yoga surtout à la maison mais je dois passer un cap notamment avec les exercices d’équilibre qui nécessitent clairement un renforcement musculaire abdominal et de lâcher prise… Je crois que ce sera un de mes objectifs de l’année avec la reprise du running. Oui, sans sport j’accumule de la « mauvaise énergie ». Je suis plus irritable et fatiguée, ce qui est assez paradoxal je l’admets.

Au niveau du poids, j’ai pris 3kg depuis la mi-juillet. Rien de grave mais il faut que je resserre les boulons surtout pendant mes semaines de repos, d’où la nécessité de me faire un planning d’activité physique et de m’y tenir. Je n’ai pas hésiter à solliciter mes aînés pour çà : Grande fille et moi allons nous lancer dans le TBC = Top Body Challenge (même mon kiné préféré le recommande !) ; avec Boy, on reprendra le running (nous avons toujours un projet de course mère-fils à accomplir).

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Muriel

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