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La galère des voeux

Les années passant, j’ai du mal avec les voeux de nouvel an. Oui je sais, quelle drôle d’idée de vouloir aborder ce sujet un 27 février !!! Y’a quoi ??? rien, juste l’envie de le dire et donc de l’écrire.

Fini les sms groupés à minuit la flûte de champagne à la main. Juste un ou 2 messages via Whatsapp à mes enfants et la famille proche. Ensuite je laisse passer les jours… Une espèce de ras-le-bol des banalités, envie de dire des « trucs vrais ». Mais c’est quoi des trucs vrais, des vrais voeux ? Je n’en sais rien, absolument rien. Alors maintenant je préfère me taire et cela va jusqu’à être gênée quand les gens me présentent les leurs : je me sens embarrassée, un peu hypocrite de me conformer à ces conventions sociales. Oui il y a des gens à qui je n’ai pas envie de souhaiter une bonne année. Pire en fait je ne veux pas leur parler !

Travailler dans un bureau m’aura appris ça : ce n’est pas facile de communiquer avec des gens qu’on ne peut pas voir, que ce sont des efforts au quotidien qui peuvent se révéler épuisants… C’est drôle de l’écrire car je soigne des gens que je n’aime pas depuis plus de 20 ans et cela ne me pose aucun problème, j’arrive à l’associer avec le job, ce qui n’est pas le cas avec la vie de bureau. Ou alors c’est un truc de plus dans la lente descente aux enfers que constitue la vieillesse, un pavé de plus sur ma route de « vieille bique » comme j’aime me surnommer.

Pourtant, je ne suis pas aigrie et on ne me le dit pas non plus. C’est que juste que j’accepte de moins en moins de devoir faire des efforts pour être sociable ou pour ressembler à l’idée que les gens se font de moi. Juste envie d’être moi et basta ! M’affranchir de certaines conventions sociales qui ne font plus sens et ne feront pas de moi une personne plus « aimable » pour autant.

Donc cette année, je n’ai pas envoyé de voeux à part à mes plus proches amies et pour les autres, je voulais tellement être sincère que je n’ai pas trouvé les mots et que j’ai fini par ne rien envoyer. Du coup, c’était encore plus nul…

 

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Bonjour à toutes,

j’ai pris du temps mais je suis prête à vous souhaiter une très belle année 2019.

Depuis 15-20 ans, nous sommes là ensemble, séparées, éloignées mais toujours présentes les unes et les autres, les unes pour les autres…

C’est ce que j’ai particulièrement apprécié en 2018 : savoir que vous étiez là. comme une force et un trésor. Pour rire, sourire, aller bien, partager toutes ensemble ou séparément.

Alors tout d’abord MERCI pour tous ces moments que j’espère encore plus beaux et plus nombreux en 2019.

Je vous embrasse toutes et chacune en particulier bien fort.

Message via Whatsapp à G, H, M et N

Muriel

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5 mois plus tard…

Nouveau job, nouvelle vie depuis 5 mois maintenant…

Comment vous décrire ce sentiment, cette sensation « d’être dans la vraie vie » après près de 20 ans d’horaires et de jours décalés ?

Si je ne fais plus de soins, j’organise mon travail comme je veux au sein de cette nouvelle équipe de travailleurs sociaux et j’effectue toujours des visites à domicile qui me font découvrir de rues, des ruelles, des passages. Je découvre réellement la vie des personnes fragiles socialement dans notre pays.  Exercer le même métier différemment, découvrir le fonctionnement d’une entreprise privée, même s’il s’agit d’un groupe associatif à but non lucratif. Dossiers, entretiens, évaluations, projets, ateliers de prévention, interventions, recherche de partenariats, formations sont mon lot quotidien et cela me fait du bien d’être sollicitée intellectuellement : j’adore çà !

Pour la 1ère fois depuis 20 ans, j’ai profité des nombreux jours fériés et ponts du mois de Mai : un délice ! En plus, pas de prise de tête pour des questions de planning… J’ai posé 3 semaines de vacances cet été sans que l’on me dise quoi que ce soit !!! Je quitte le bureau sans état d’âme, sans culpabilité. Si j’amène du « travail » à la maison, ce sont juste des documents à lire, pour apprendre encore et toujours, juste pour le plaisir et au cas où l’envie de « devenir chef » me reprendrait.

Comme il faut bien un côté négatif, je ne vous cacherai pas que j’ai pris du poids malgré mes résolutions et mon inscription au club de gym dans la rue à côté du bureau. J’essaie de me reprendre en main mais ce n’est pas le plus urgent. Je réussis à ne pas pester contre les aléas du métro, à garder la joie et l’envie intacte. Les jours défilent si vite parfois que je progresse presque malgré moi au niveau de mon organisation personnelle (enfin !!! Il n’est jamais trop tard…).

Pour des raisons que vous comprendrez aisément, je ne parlerai pas ou peu de mes collègues. Parce qu’il n’y a pas grand chose à dire à part qu’ils sont jeunes et sympas. J’ai un peu de mal à admettre que je suis la plus âgée de l’équipe et bien sûr la seule mère de famille nombreuse. Je sens bien le décalage, qui n’est pas forcément celui que l’on pourrait penser.

A la maison, c’est aussi un gros changement : comme une espèce de reconnaissance de la part de Petit mari… Il s’intéresse vraiment à ce que je fais car nous avons presque un langage professionnel commun, fait de réunions, de « co-pils », d’évaluations, de financements etc. Il me pose des questions sur mes journées et mes projets. Nous faisons même des trajets ensemble (j’ai profité de l’air conditionné de la voiture la semaine dernière). Quelque part, cela nous a rapproché.

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Muriel

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